mercredi 20 juin 2012

Au commencement il y avait Bob : Dieu a mal au crâne de Meg Rosoff

Je commence d'abord par remercier Livraddict et les Éditions Hachette Jeunesse pour ce livre qui ne m'a malheureusement pas plu du tout. J'ai même eu du mal à le finir et si je n'avais pas lu la deuxième moitié du livre en diagonale (voire en pointillés), je pense que je ne l'aurai pas fini du tout.
Pourtant le résumé du livre avait l'air pas mal et pour une fois que je prends le risque de sortir de mes sentiers battus, je suis vraiment déçue.


Détails du livre
  • Titre VO : There is No Dog
  • Traduction : Luc Rigoureau
  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Black Moon (2 mai 2012)
  • Collection : Black Moon
  • ISBN-13: 978-2012023673
Quatrième de couverture

 Et si Dieu n’était pas ce vieux sage barbu que tout le monde imagine ? Comment réagiriez-vous si vous découvriez que votre destin est entre les mains d’un adolescent prénommé Bob, aux mœurs légères, égocentrique et à qui le sort du monde importe peu ? La mère de Bob a gagné la Terre lors d’une partie de poker réunissant plusieurs dieux, mais ne voulant pas s’en occuper, elle l’a confiée à son fils qui créé le monde en à peine six jours par manque de motivation. Et puis il rencontre Lucy, une humaine, dont il tombe follement amoureux. Et quand l’amour vient frapper à la porte de Bob, on peut être sûr que les catastrophes sur terre vont s’enchaîner…

Un extrait

Le talent de Bob, pour ce qu'il vaut, relève entièrement des quelques rares charmes inconscients de la jeunesse : énergie, audace et incapacité totale à identifier ses propres défauts.
 Mister B a les ressources pour l'endurer. La routine, par exemple. Chaque jour débute de façon identique, avec deux tranches de pain de seigle grillées, du beurre doux de Normandie, de la confiture de framboise, deux œufs pochés et du café fort. Pour le boss, quelle que ce soit l'heure à laquelle il se lève, du chocolat chaud épais et la moitié d'une boite de céréales au cacao. Perché au bord de la table, l'animal domestique de Bob  exhorte mentalement la nourriture à lui tomber dans la bouche. C'est une drôle de créature aux allures de pingouin, dotée du long nez élégant d'un fourmilier, de petits yeux ronds brillants et d'une douce fourrure grise. L'eck a toujours faim ; nulle quantité de restes n'est susceptible de rassasier le néant éternel de son gosier.
Des bruits de lutte et des soupirs parviennent aux oreilles de Mister B en provenance de la chambre de Bob. Depuis qu'il a découvert Lucy, dieu dort mal, prisonnier des mâchoires d'acier de désir sexuel.La transformation en arme de destruction massive de ce garçon en mal d'affection est presque achevée. 
Il finit par s'éveiller. Avec lassitude, Mister B quitte son bureau et porte son petit déjeuner à Bob, car tel est son travail.
- Il est midi, monsieur
- Oh ! On me donne du "monsieur", maintenant ? Ce n'était pas le cas hier, hein ?
- L'inondation ?
Bob grimace et pète.
- C'était votre boulot de deviner à l'avance que j'oublierai de fermer les robinets de la baignoire.
- Eck ? 
Eck regarde tour à tour Mister B et Bob dans l'espoir d'une dispute
Il n'y en aura pas. L'homme d'age mur a beau refuser d'endosser la responsabilité de la catastrophe, Bob s'en moque complètement.

Mon avis

On peut dire que j'ai apprécié les 30 premières pages de ce livre : elles étaient les promesses d'une fraicheur nouvelle, d'idées révolutionnaires et d'humour... Mais en fait, rien de tout cela ne s'est concrétisé !

L'humour est vraiment rare dans ce livre, malgré les vaines tentatives de l'auteur. Les idées révolutionnaires sont vite épuisées et sont ensuite rabâchées sans cesse jusqu'à en devenir vraiment trop lourdes. Quant à la fraicheur, elle est inexistante à cause du style choisi par l'auteur qui est vraiment trop lourd... 
Elle tente d'imiter le style de la jeunesse mais insiste vraiment trop sur le côté sexuel ou le côté gamin de Bob. Le langage est parfois trop vulgaire à mon goût. Il est pourtant vraiment très rare que je n'ai pas envie de finir un livre. Je me suis forcée et finalement quand j'ai lu le livre en diagonale, voire en pointillés, j'ai vraiment été soulagée d'avoir enfin fait ce choix.

L'histoire n'a ni queue ni tête : on a l'impression que c'est la facilité qui a écrit ce livre. Par exemple, j'ai vraiment eu l'impression que l'auteure avait inventé l'animal de compagnie pour avoir quelque chose à dire dessus puis s'en servir pour greffer une intrigue sur l'histoire principale qui est vraiment très pauvre.

Les personnages sont vraiment très pauvres et très caricaturaux. Que ce soit les mortels ou les divins ... Seuls peut-être Mister B pourrait sortir son épingle du jeu, ce qu'il fait d'ailleurs : ce qui laisserait à penser qu'il faut laisser le monde des grands aux adultes bien pensants !

En conclusion, j'ai vraiment été déçue par ce livre. C'est vide, plat et insipide.

samedi 16 juin 2012

Les Étrangers du temps, tome 1 : Destins Obscurs de Corinne Gatel-Chol

Contactée par l'auteur pour un partenariat e-book, je n'ai pas hésité longtemps avant d'accepter, puis de lire ce livre. Par contre, étant dans une période d'accumulation de chroniques en retard, il m'a fallu un moment avant d'écrire celle-ci.
Merci donc à l'auteure pour sa patience et surtout pour m'avoir fait partager son livre.
Le livre est très plaisant quand bien même que je n'ai pas encore trop compris de quel genre de livre il s'agissait. En effet, c'est un mélange de genres très divers : cela va de la reconstitution historique au thriller, en passant par le fantastique. J'espère lire la suite quand elle sortira pour mieux me rendre compte.


Détails du livre
  • Poche: 304 pages
  • Éditeur : Cabane a Mots; Édition : La Cabane à Mots (5 janvier 2012)
  • Collection : Les étrangers du temps
  • ISBN-13: 978-2954089508
Quatrième de couverture

Colombe Hadrien Deux destins ... Deux lignes parallèles, sur le même plan, qui jamais ne se croisent. 1896 - Colombe survit dans un 19è siècle difficile où la vie et la mort ne se différencient guère. De nos jours - Hadrien dérive dans un présent aseptisé qui va bien trop vite pour lui. Rien ne devrait permettre qu'un jour leurs vies se rejoignent. Et pourtant...
Un de nos lecteurs résume : De nos jours - à un âge où il ne demande qu'à être tranquille, Hadrien vit une adolescence compliquée dans une famille dynamique et toujours en mouvement qui vient de s'installer dans une vieille demeure pas loin de Brioude. Après un échec au bac et des problèmes de drogue, il va dénicher au détour d'une expédition dans la partie en ruine du château un vieux cahier d'écolier caché dans un mur. Aux travers des lignes du journal intime tenu par Colombe, employée comme bonne en 1896, il découvrira la vie du château à cette époque mais aussi le début d'une série de crimes qui va secouer toute la région. 1896 - Colombe entre aux services de la famille Sabatier de Chabriol. Fille de fermiers ayant suivi l'école, les maigres finances de ses parents ne lui permettent pas de devenir institutrice comme elle le souhaiterait. Habituée aux travaux manuels, elle va découvrir un monde ordonné et hiérarchique où la réputation et les titres font lois. C'est aussi dans cette époque où tout n'est que paraître que le Marquis di Belmonte va faire son apparition pour demander en mariage la fille du maître des lieux et que des meurtres vont avoir lieux, perpétrés par ce qui pourrait bien être le premier tueur en série de France, Joseph Vacher.
Corinne Gatel-Chol nous emmène dans une aventure un peu sombre où passé et présent se confondent : nous entraîne sur un chemin chaotique semé de meurtres... entre fiction et réalité. Ne vous fiez surtout pas aux apparences, ce livre est un thriller et tôt ou tard, il vous fera frissonner...

Un extrait

Faisant subitement semblant de ne pas s'en intéresser alors qu'il brûlait littéralement de savoir ce que ce récit racontait.
Comme à contrecœur il lut :
Samedi 28 mars 1896
Le voyage, quoiqu'un peu long, s’est bien déroulé tout de même. L’arrivée, par contre, fut plutôt dure ! J'ai été emmenée à l'office et placée face à tous les gens de maison qui me regardaient comme si j'étais une curiosité… J’aurais alors aimé être une petite souris afin de pouvoir m’enfuir sous un meuble ! Pourquoi une nouvelle bonne doit-elle être exhibée comme une vache sur un champ de foire, devant les autres employés qui vous toisent et se moquent de vous ?
Le Majordome surtout a été très désagréable. C’est un homme grisonnant et bedonnant, entre deux âges, qui fait son important. Il a des yeux globuleux comme ceux des crapauds, cernés de poches molles et rougeâtres. Je ne veux pas être insultante mais sa livrée le rend ridicule. Il ressemble à une pie qui aurait volé des boutons dorés à une mercière et les aurait cousu sur son plastron !
Il a dit sur un ton pointu :
« Trop petite, trop pâle… cette fille est chétive comme toutes les filles sortant de la ferme. Elles sont mal nourries par des pères qui ne s’intéressent qu’aux bras de leurs fils.
Regardez-moi ça ! Malingre… Encore une qui n’a dû avoir, en pitance que de maigres restes sans consistance. »
Puis il m’a demandé :
« Mangeais-tu à ta faim chez toi , petite ? »
Je ne savais que faire. Devais-je répondre ?
J’ai soufflé un « oui » qui l’a fait se gausser comme s’il venait d’entendre la plus fine des plaisanteries.
« Fadaise ! Je lui donne trois semaines, pas plus, avant de tomber malade, a-t-il repris en maugréant. Ma pauvre Émilienne… vos choix en matière de personnel sont plus que douteux. J’en réfèrerai prochainement à Madame qui y mettra, je l’espère, bon ordre ! »
J’ai compris, de ce fait, que personne ne devait être d’un rang plus haut que ce majordome pompeux et qu’il faudrait que je m’en méfie comme de la gale…

Mon avis

Ce livre est vraiment déroutant (c'est le maitre mot de ce livre). Comme je l'ai dit plus haut, surtout à cause de ce mélange de genres. Lorsque j'ai lu que ce livre était un thriller, j'ai vraiment eu du mal à le croire et pourtant on parle bien de tueurs en série et même de décapitation. Adrien, notre héros, ou plutôt notre anti-héros découvre un cahier qui petit à petit le lie à son auteur, qui vivait dans sa maison mais un siècle plus tôt. Il va être victime d'hallucinations mais est-ce du à la drogue qu'il prend, plus ou moins régulièrement ? 
Le mélange des deux époques est plus que troublant. J'ai eu parfois du mal à m'y retrouver mais j'ai trouvé ce "micmac" très rafraichissant.
Au commencement de ce livre, on ne sait pas vraiment où on met les pieds et un peu plus loin dans le livre encore moins, mais bizarrement c'est surtout pour cette raison que j'ai aimé ce livre.

J'ai beaucoup aimé la découverte de la vieille maison où la famille d'Hadrien va s'installer. J'ai également vraiment aimé l'histoire de celle-ci. Par contre, personnellement, je n'ai pas vraiment aimé les personnages. Je n'ai pas su m'attacher à eux, exception faite de Colombe, qui rode sur ce livre comme une ombre. Je les ai trouvé trop caricaturaux, j'ai trouvé les dialogues trop téléphonés, d'autant que le style des dialogues est parfois vraiment trop cru ou au contraire trop ampoulé à mon goût.

Malgré cela, je n'ai pu décoller de ce premier tome. Il fallait toujours que j'en sache plus, impossible de m'arrêter. Les chapitres courts ont accentué cet effet addictif et finalement, on arrive à la fin du livre en tournant la dernière page et en se demandant où est passée la suite ???

Au final, un livre déroutant mélangeant bien des genres littéraires dont les personnages trop caricaturaux ne m'ont pas conquise mais dont l'histoire très originale et très bien mise en scène fait que l'on ne peut au final que dévorer le livre en péplorant que la suite ne soit pas encore écrite :)

mercredi 6 juin 2012

Les Portes du secret, tome 2 : Le Souffle d'émeraude de Maria V. Snyder

Après la lecture du premier opus, il m'a été très difficile de me retenir de lire les suivants dans la foulée. C'est pourquoi (et sans aucun doute le talent de l'auteur y est également pour beaucoup) j'ai pris énormément de plaisir à retrouver Elena et ses compagnons pour la deuxième partie de cette lecture commune et qu'assurément, j'en prendrais encore plus pour le 3ème et dernier tome dont la lecture est prévue pour le 6 juillet.
Ce deuxième tome est un coup de cœur, peut-être encore mieux d'ailleurs que le premier ^^


Détails du livre
  • Titre VO : Study, book 2: Magic Study
  • Traducteur : Lucie Périneau
  • Poche: 576 pages
  • Editeur : Editions Harlequin (1 septembre 2010)
  • Collection : Darkiss
  • ISBN-13: 978-2280212052
Quatrième de couverture

Après des années d'exil, Elena retourne en Sitia, son pays natal, où elle a hâte de retrouver sa famille et de commencer sa formation magique auprès d'Irys, son mentor. Mais rien ne se déroule comme elle l'avait espéré : non seulement son unique frère semble lui vouer une haine farouche et incompréhensible, mais de plus, un drame terrifie toute la population sitienne : l'une après l'autre, une série d'adolescentes sont enlevées et assassinées par un magicien rebelle animé de funestes projets. L'occasion pour l'audacieuse Elena de mettre en œuvre les pouvoirs qu'elle vient de se découvrir. Des pouvoirs très particuliers.
Confrontée aux démons de son propre passé et à de dangereux ennemis, Elena peut heureusement compter sur le soutien d'anciens amis, et de Valek, son mystérieux amant...

 Un extrait

Je sentais encore les gens du marché, à cinq ou six milles derrière. Émerveillée, je sondai la forêt devant nous, cherchant un hameau ou un village lointain. Au début, je ne trouvai que des animaux, mais, au moment où j’allais me retirer, mon esprit toucha celui d’un homme.
Je parcourus la surface de son esprit, attentive à ne pas violer le Code éthique. Un chasseur. De nombreux hommes l’entouraient. Ils se tapissaient dans les broussailles de part et d’autre du sentier. L’un d’entre eux, à cheval, avait dégainé son arme et se tenait prêt à frapper. Quel genre de gibier pouvaient-ils bien guetter? Par curiosité, je sondai un peu plus profondément sa conscience. L’image de sa proie m’apparut très clairement, et me fit regagner mon propre corps à toute vitesse.
Je m’arrêtai net.
J’avais dû émettre un bruit de surprise, car Leif se retourna, exaspéré.
– Qu’est-ce qui te prend ?
– Des hommes. Dans la forêt.
– Évidemment. Les bois sont pleins de chasseurs, dit-il comme s’il s’adressait à une demeurée.
– Pas des chasseurs. Une embuscade. C’est nous qu’ils attendent.
– Une embuscade? dit Leif, l’air éberlué. C'est complètement ridicule. Tu n’es plus en Ixia, Elena.
– Pourquoi des chasseurs attendraient-ils le long d’un chemin?
– Le gibier emprunte aussi les sentiers forestiers, dit Leif en s’éloignant. C'est plus facile que de se frayer un passage à travers les broussailles. Suis-moi, maintenant.
– Non. Tu fonces tout droit dans un piège.
– Moi, j’y vais. Tu n’as qu’à rester ici, si ça te chante.
Et il me tourna le dos une nouvelle fois.



Mon avis

Tout comme le premier tome, ce livre est un enchantement : nous avions découvert Ixia, un pays dont la fantaisie avait été bannie au profit de l'efficacité. Dans ce deuxième tome, nous découvrons Sitia, un pays riche en gouts, couleurs et senteurs ! Une telle différence de paysage devrait avoir un impact sur la lecture, et pourtant ce n'est pas le cas. Le style de l'auteur nous avait fait aimer Ixia et nous donne la pareille avec Sitia, l'autre moitié du monde.

Bien évidemment, l'impact des personnages y est pour beaucoup car Elena et ses acolytes sont toujours aussi attachants. Nous découvrons dans ce deuxième volet, la famille d'Elena et quand bien même ses parents sont assez stéréotypés, il n'en est pas de même avec son frère qui semble torturé et vindicatif. Nous découvrons également la magie qui est bannie en Ixia mais toute puissante en Sitia. Nous découvrons enfin un autre mode de gouverner qui laisse place à l'individualité et au libre arbitre.

Loin de Valek, Elena qui était venue pour apprendre va vite prendre la mesure de la tache qui l'attend, surtout au vu de l'hostilité qu'on lui témoigne. Réussira-t-elle à déjouer les complots et à s'acclimater dans ce pays si familier et pourtant si lointain qui ne semble pas vouloir d'elle ?
L'histoire est toujours aussi passionnante, l'action est au rendez-vous, que ce soit des combats physiques ou magiques, sans oublier l'humour qui rythme la lecture (l'apport des chevaux est immense). J'ai vraiment tout aimé de ce livre.

J'avais pensé que la nouveauté du monde découvert dans le premier tome ne pourrait pas se renouveler dans le deuxième tome et pourtant, si ! Tout est différent dans ce deuxième volet : la situation politique, la situation d'Elena et surtout la dimension magique qui règne sur Sitia. Les pages du livre ont défilé, toujours plus vite jusqu'à la fin et j'ai du me contrôler pour ne pas de suite sauter sur le 3ème volet.

J'ai beaucoup aimé l'antagonisme mis en place entre Ixia et Sitia, dévoilant au lecteur que toute chose possède ses qualités mais aussi ses défauts... Que ce soit les modes de gouvernement, les personnes, l'action ou encore l'inaction... Rien n'est tout blanc ou tout noir !

Au final, l'auteur a fait encore plus fort que pour le premier tome. J’espère que le 3ème tome sera encore mieux !!!

lundi 14 mai 2012

La fatigue émotionnelle et physique des mères : Le burn-out maternel de Violaine Gueritault

Être mère est une expérience formidable, je n'aurais sans doute jamais été heureuse sans cela, moi qui ai toujours voulu 6 enfants. La maternité apporte des merveilleux moments que tous les papas doivent nous envier (et ils ont raison) mais elle n'apporte pas que cela. La société nous a "éduqués" pour oublier l'autre côté de la médaille.
Je suis une maman au foyer de quatre enfants dont 2 jumeaux (les petits derniers) et depuis la naissance de ces derniers ma vie s'est largement accélérée, quand bien même je ne travaille pas. Mais quand je dis que je ne travaille pas, c'est archi faux car une maman au foyer travaille. Certes, elle n'est pas rémunérée, mais surtout, elle n'est pas souvent reconnue comme le faisant, et ce n'est pas normal.
Une formidable maman et très bonne amie m'a offert ce livre qui est un baume pour le cœur de toutes les mamans, qui ont une activité professionnelle ou pas, qui se sentent non reconnue pour le travail qu'elles fournissent dans leur foyer et qui peut conduire au burn-out, tout comme n'importe quel employé d'entreprise.
C'est une évidence quand on lit ce livre : tous ces signes qui jalonnent notre quotidien et qui nous conduisent à la fatigue physique et émotionnelle existent et doivent être reconnus pour ce qu'ils sont.


Détails du livre
  • Broché: 319 pages
  • Editeur : Odile Jacob (3 janvier 2008)
  • Collection : POCH ODIL JACOB
  • ISBN-13: 978-2738120366
Quatrième de couverture

Violaine Chalvin a passé quinze ans aux États-Unis où elle a obtenu un Ph.D. de psychologie à l’université d’Atlanta et publié de nombreux articles scientifiques sur les thèmes du burn-out professionnel et du stress au travail. Elle est mère de deux enfants.
L’auteur nous propose un nouveau concept pour comprendre l’état d’épuisement physique et émotionnel de nombreuses mères. Elle montre ce qui se passe lorsque celles-ci sont confrontées à des facteurs de stress tels que :
- la surcharge de travail,
- l’absence de contrôle sur les événements,
- l’absence de récompense et de reconnaissance,
- l’absence de formation, etc.
Comme dans le burn-out professionnel, les conséquences sont la fatigue, l’épuisement et bien souvent la dépression.
- Polémique, Violaine Chalvin remet en cause le point de vue psychanalytique sur la dépression maternelle comme résultat d’un conflit intrapsychique, ou l’hypothèse biologique d’un baby-blues lié à une chute hormonale.
- Elle considère le rôle maternel comme un véritable travail, exigeant des responsabilités considérables et n’ayant pas le feed-back ni le soutien social qu’il mérite.
Elle propose des solutions pour faire face au stress quotidien, résister aux effets destructeurs de la surcharge, de la culpabilité sociale (la mère doit être parfaite et heureuse de son statut) et éviter un burn-out dont les conséquences peuvent être lourdes pour les enfants.

Un extrait

Le stress dont les mères font l'expérience au quotidien est, la plupart du temps, peu reconnu par leur entourage. Pourtant, les devoirs et responsabilités d'une mère sont multiples. Leur caractère incessant les rend d'autant plus éprouvants à long terme. Malgré cela, beaucoup ne perçoivent pas la maternité sous cet angle, en partie parce que leur entourage et la culture environnante ne leur en donnent pas l’opportunité.
Beaucoup de mères au foyer reconnaissent que leurs journées sont en général bien remplies et génératrices de frustrations et de stress en tous genres. Elles admettent même souffrir de symptômes importants allant des maux de tête aux insomnies en passant par les nausées, les crises d'anxiété les vertiges et bien d'autres encore. Mais le plus souvent, ces femmes sont considérées par la société comme ne travaillant pas et, de ce fait, n'ayant ni les responsabilités ni les stress engendrés par un vrai travail. Ces mères ont souvent une opinion, quant à leur devoir maternel, qui se traduit par les propos suivants : "Je n'ai pas vraiment de raison de me sentir stressée, je ne fais que m'occuper des enfants après tout, ce n'est pas comme si je travaillais !"
Pour la mère qui exerce une activité professionnelle c'est différent. La culture environnante comprend et admet que son activité professionnelle soit stressante. J'ai rencontré de nombreuses mères qui travaillent et jugent normal d'être stressées par leur activité professionnelle ou par l'accumulation de deux activités (professionnelle et familiale). Elles ont cependant beaucoup plus de mal à reconnaitre les stress engendrés par leurs responsabilités de mères. Un peu comme si toutes les activités d'une maman ne pouvaient être qu'un moment de bonheur, surtout pas un travail, et, de ce fait, ne pouvaient ni ne devaient être considérées comme stressantes.

Mon avis 

Je reviens en vitesse sur ma propre expérience, car je ne voudrais pas avoir l'air de me plaindre car ce n'est pas le cas. Je fais juste une constatation pour pouvoir dire combien ce livre m'a aidé à prendre conscience de ce que je suis, ce que je fais et combien c'est important. 

Je ne travaille pas professionnellement parlant, j'ai pourtant fait des études de biologie et exercé en tant que professeur de cette même matière pendant un an avant de partir à l'étranger et de devenir maman. La très bonne situation de mon mari me permet de ne pas avoir à "travailler" et les conditions de vie en Bavière sont excellentes. J'ai des ami(e)s et quatre enfants en pleine santé. Comme vous le savez, je lis beaucoup, ce qui veut dire que j'arrive à me dégager du temps pour moi. Pourtant, j'ai été victime de burn-out maternel en janvier. Je ne comprenais pas pourquoi, car ma situation était des plus "merveilleuses".

Après avoir lu ce livre, j'ai compris et cela m'a soulagée, déculpabilisée car dans cet état des lieux que je viens de faire je n'ai pas évoqué le stress lié à la surcharge de travail, l'imprévisibilité des événements familiaux, l'absence de reconnaissance, le manque de soutien moral, l'absence de formation.

En effet, qui voudrait d'un travail 24h sur 24, 365 jours par an, qui n'est ni rémunéré, ni reconnu dont l'activité est fluctuante et imprévisible, et où les employés ne sont ni formés ni soutenus moralement ? C'est en gros, ce que font toutes les mères et cela depuis toujours. Et la société trouve ça normal, voire anormal que les mères le revendiquent, puisque ça a toujours été comme ça ?

L'auteure explique les 3 phases du burn-out en milieu professionnel, puis fait le parallèle avec nos vies de mamans et démontre que le burn-out maternel existe aussi. Dans le livre, il y a de très nombreux exemples dans lesquels n'importe quelle maman se retrouvera.
Ce livre est une forme de reconnaissance de notre rôle de maman dans son ensemble.
Enfin elle donne des pistes de solutions pour éviter, ou plutôt pouvoir gérer tous ces stress d'intensité moyenne qui reviennent à longueur de temps dans nos vies de maman.

Le livre est bien écrit, je n'ai pas pu m'empêcher de le dévorer car construit sur des bases d'exemples courts et nombreux, je n'ai pu m'empêcher presque à chaque fois de me dire que c'aurait pu être moi qui ai dit ça !

Les nombreuses causes du burn-out sont expliquées, les facteurs de stress énumérés et disséqués et les mamans, bien que faisant presque tout pareil qu'avant ont l'impression qu'au moins quelqu'un les a comprises et reconnues. Un peu comme si nous avions notre général de Gaule à nous ;)
Et pour cela, je souhaite remercier l'auteure, elle même maman !

À la fin du livre se trouve un chapitre destinés aux papas, expliquant le pourquoi du comment car eux non plus n'ont pas souvent conscience de ce que c'est que d'être maman. En tous cas, le mien arrive encore à rentrer le soir et à me dire que je n'ai rien fait de ma journée ! C'est promis, ce soir il va se retrouver avec ce livre entre les mains !

En conclusion, un livre à mettre dans les mains de toutes les mamans, puis de leurs maris ! Une crème anesthésiante pour tous les petits bobos répétitifs des mamans qui apprécieront d'autant plus le merveilleux côté de la médaille de la maternité.

lundi 30 avril 2012

La Fille de papier de Guillaume Musso


Une petite chronique pour finir le mois d'avril sans avoir trop l'impression d'avoir laissé la flemme remporter le match sur mes chroniques à écrire (trop de livres lus ce mois ci). La fille de papier est le deuxième livre de cet auteur que je lis, et tout comme avec le premier j'ai été sans aucun mal prise dans l'histoire. Ce livre m'a plu, malgré un commencement un peu lent, même si j'ai beaucoup aimé l'idée du mélange mails / coupures de journaux pour nous faire découvrir l'état des lieux du début de roman. Merci à mon amie qui m'a offert ce beau moment de détente. J'espère qu'elle appréciera aussi.


Détails du livre
  • Pocket Book: 376 pages
  • Editeur : Pocket (31 mars 2011)
  • Collection : Litterature
  • ISBN-13: 978-2266214827
Quatrième de couverture

                                 « Trempée jusqu’aux os et totalement nue, elle est apparue
                                  sur ma terrasse au beau milieu d’une nuit d’orage.
                                  — D’où sortez-vous ?
                                  — Je suis tombée.
                                  — Tombée d’où ?
                                  — Tombée de votre livre. Tombée de votre histoire, quoi ! »

Tom Boyd, un écrivain célèbre en panne d'inspiration, voit surgir dans sa
vie l’héroïne de ses romans.
Elle est jolie, elle est désespérée, elle va mourir s’il s’arrête d’écrire.
Impossible ? Et pourtant…
Ensemble, Tom et Billie vont vivre une aventure extraordinaire où la réalité et la fiction s’entremêlent et se bousculent dans un jeu séduisant et mortel...

Un extrait

Un bruit de verre brisé me tira de mon cauchemar. J'ouvris les yeux dans un sursaut. La chambre était plongée dans l'obscurité et la pluie frappait contre les vitres.
Je me redressai péniblement, la gorge sèche. J'étais fiévreux et trempé de sueur. Je respirais difficilement, mais j'étais toujours vivant.
Je jetai un coup d'œil au radio-réveil :

03 : 16

Il y avait de l'agitation au rez-de-chaussée et j'entendais distinctement les persiennes claquer contre le mur.
J'essayai d'allumer la lampe de chevet, mais comme souvent, l'orage avait fait sauter le courant sur Malibu Colony.
Je me levai avec difficulté. J'avais des nausées et la tête lourde. Mon cœur cognait dans ma poitrine comme si je venais de courir le marathon.
Pris de vertiges, je dus m'appuyer contre le mur pour ne pas chuter. Les somnifères ne m'avaient peut-être pas tué, mais ils m'avaient expédié dans des limbes d'où je n'arrivais pas à m'extirper. Mes yeux surtout m'inquiétaient : c'était comme si on les avait rayés et ils me brûlaient tellement que j'avais du mal à les garder ouverts.
Torturé par la migraine, je me fis violence pour descendre les quelques marches en me tenant à la rampe. À chaque pas, j'avais l'impression que mon estomac se retournait et que j'allais vomir au milieu des escaliers.
Dehors, la tempête faisait rage. Sous le feu des éclairs, la maison ressemblait à un phare au milieu d'une tempête.
Arrivé en bas des marches, je constatai les dégâts : le vent s'était engouffré par la baie vitrée restée grande ouverte, renversant au passage un vase en cristal qui s'était brisé sur le sol, et la pluie torrentielle commençait à inonder mon salon.
Et merde !
Je me hâtai de refermer la vitre et me traînai dans la cuisine pour dénicher une boîte d'allumettes. C'est en revenant dans le séjour que je sentis soudain une présence suivie d'une respiration.
Je fis volte-face et…

Mon avis

Comme je le disais plus haut, le roman commence par un état des lieux raconté par un mélange de mails et de coupures de journaux. Même si j'ai beaucoup aimé l'idée, j'ai trouvé que cela ralentissait le rythme du livre car trop long. D'ailleurs, ayant d'autres livres à lire en urgence, je me suis arrêtée de lire le livre après cette partie pour le reprendre et ne plus le quitter quelques semaines plus tard.

Le style de l'auteur est fluide et prenant. une fois prise dans ses filets, je n'ai pu que poursuivre ma lecture jusqu'au bout. L'histoire, qui  est un mélange de romance et de fantastique, est vraiment originale, et malgré des ficelles trop faciles, je me suis complètement laissée prendre au jeu de ce mélange. Le thème de l'amitié inconditionnelle fait de ce roman un livre qui a réussi à me toucher. J'ai également beaucoup aimé l'histoire dans l'histoire du livre perdu qui voyage malgré lui et qui rassemble toujours malgré lui espoirs, regrets et envies.

Les personnages de ce livre sont plus ou moins touchants quand bien même ils sont pour la plupart très stéréotypés, mais j'ai beaucoup aimé leurs interactions. L'amitié, l'amour, les regrets , l'espoir et la mort sont des thèmes qu'on retrouve dans ce livre.

En conclusion, j'ai apprécié ce livre pour beaucoup de raisons et malgré le fait que les personnages soient stéréotypés : une belle échappée dans le monde ou le bien gagne toujours contre le mal ;)

mardi 24 avril 2012

Indiana Teller, tome 2 : Lune d'été de Sophie Audouin-Mamikonian

Le premier tome d'Indiana Teller a été un très gros coup de cœur l'année dernière et ce deuxième opus en est indubitablement un pour cette année. Car aussitôt sorti en librairie que je me suis jetée dessus. J'ai tout de même pris le temps plaisir de relire le premier tome, augmentant ainsi encore l'effet "j'adÖre" sur la série. 
J'ai retrouvé avec plaisir le style de l'auteure, mais surtout les personnages qui sont toujours criants de vérité... Comment ça les loups-garous n'existent pas ???


Détails du livre
  • Broché: 368 pages
  • Éditeur : MICHEL LAFON (29 mars 2012)
  • Collection : Indiana Teller
  • ISBN-13: 978-2749916057
Quatrième de couverture

Dans les interminables plaines du Montana s'étend le Lykos Ranch. Alentour, les voisins sont loin de se douter que ses occupants sont les membres de l'un des clans de loups-garous les plus puissants d'Amérique du Nord. Parmi eux, un seul humain a sa place : Indiana Teller.

Alors qu'Indiana se remet à peine de l'enlèvement de sa mère, le père de sa petite amie Katerina est sauvagement agressé, laissé à moitié mort. Une seule certitude : cette attaque n'est pas d'origine humaine. Le jeune homme est prêt à tout pour découvrir l'auteur de cet ignoble crime. À moins qu'il ne s'agisse d'un complot visant à l'éloigner des siens... et à détruire ce qui l'unit à celle qu'il aime ?
Entre une nouvelle menace vampire et les haines qui déchirent les clans, Indiana a plus que jamais besoin de ses dons de rebrousse-temps pour élucider ces mystères. Saura-t-il maîtriser ce pouvoir capricieux? Et comment protéger Katerina de ces sombres machinations ? Car la nuit, tous les loups sont gris, et un traître pourrait bien se cacher parmi eux...

Un extrait

Toutes ces pensées me traversèrent l'esprit en quelques secondes avant que l'une des vampires, celle qui arborait un insigne de chasseur, ne s'approche de moi.
Une... une jeune fille. Pas plus âgée que Katarina, apparemment. Bon, pour ce que j'en savais... Elle avait peut-être mille ans, mais elle paraissait fraîche. Et ravissante. Sacrément ravissante. De longs cheveux aussi noirs que ceux de ma Katarina, mais moins bouclés, un visage pâle de magnifiques yeux d'un bleu presque violet. Rien que de se plonger dans ces yeux-là, on avait envie de s'y noyer.
Sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, elle était chaude. Parce que les vampires, habituellement, sont plutôt froids. Le sang qu'ils absorbent ne leur permet pas d'atteindre la même température que celle des humains. Mais cette fille-là semblait rayonner par rapport aux quatre autres, et sa peau fumait légèrement dans le froid glacial. C'était très étrange. Et son pouvoir de séduction avait l'air infiniment plus puissant que celui des autres vampires.
Je clignais des yeux. Les loups-garous, normalement, ne sont pas sensibles au Charisme des vampires. Sauf que moi, même si j'avais quelques caractéristiques bizarres du type un bon odorat, des oreilles sensibles et une excellente vue, je n'étais pas un loup-garou.
La vampire eut juste à sourire et j'eus les genoux en marmelade. Même si elle dévoila ses longues canines, cela ne me refroidit pas. Chuck accentua son grognement et le sourire de la vampire se fana légèrement.
- Retiens ton toutou, me fit-elle d'une voix sucrée. Nous ne sommes pas ici pour te faire du mal.
Elle me dévisagea et ajouta avec délice :
- Du moins, pas encore.

Mon avis

N'ayant jamais lu Tara Duncan (quelle honte ! - surtout qu'ils sont tous dans la chambre de ma fille), je ne suis pas coutumière du style de Sophie Audouin-Mamikonian et c'est avec énormément de plaisir que je l'ai redécouvert dans ce deuxième tome. Il est rapide, fluide et plein de clins d’œil à la vie réelle comme des séries télé ou encore des livres. J'ai éclaté de rire de très nombreuses fois : l'humour est omniprésent. Les pages se tournent malheureusement toutes seules et on arrive à la fin du livre la mort dans l'âme car la suite est loin d'être parue.

L'action n'est pas en reste, loin de là car de bout en bout du livre, le lecteur ne peut que trembler, fulminer ou encore se réjouir des aventures d'Indiana et de sa meute. L'histoire reprend peu de temps après la fin du premier tome. La relation entre Indiana et Katarina s'est, pendant ce court laps de temps approfondie. La meute, a défaut d'avoir accepté leur relation a accepté Seamus et sa fille comme membres d'honneur.
On en apprend plus sur le passé lointain d'Indiana : sur ses parents et sur la folie de sa mère qui semble légèrement moins grave que prévue.
L'histoire s'enrichit très vite grâce à l'apparition de "quelques" vampires dont l'auteur n'avait fait que parler dans le premier tome. Elle en profite pour expliquer sa propre vision de la mythologie vampire, ainsi qu'elle l'avait fait pour la mythologie lupine.

Les personnages sont vraiment géniaux, l'auteure sait faire évoluer chacun de ses personnages avec son propre style. On retrouve avec plaisir ses personnages préférés : Alex et Indiana pour moi, mais encore en découvrir de nouveaux comme ces vampires qui arrivent mettre leur grain de sel. J'ai également beaucoup apprécié l’approfondissement des personnages de la Grand-mère d'Indiana et de Nanny.
Les relations entre les différents personnages sont vraiment bien écrites, même si Indiana et Axel ont tendance a perdre un peu trop leurs cerveaux quand leurs chéries sont dans le coin, une attitude un peu plus mâture aurait été, à mon goût, mieux perçue par les lecteurs plus âgés qu'adolescents.
C'est un très léger bémol que j'ai trouvé, mais qui n'est absolument rien du tout par rapport à la terrifiante idée qu'on va devoir encore attendre très longtemps pour lire la suite, surtout après la fin de ce deuxième tome qui ne peut que nous mettre l'écume à la gueule...

En conclusion, un deuxième tome qui a du loup... garou (s'il vous plaît) et qui n'appelle qu’à une seule chose : lire la suite, ou le début, si ce n'est pas encore fait !!!

mercredi 4 avril 2012

Sombre éclat de Simon Tolkien

Je voudrais tout d'abord remercier les Éditions Michel Lafon et Livraddict qui m'ont permis de découvrir ce livre. J'ai tout de suite été intriguée par le nom de l'auteur qui se révèle être le petit fils du grand J.R.R. Tolkien. Pas de fantasy ici, mais un thriller bien ficelé qui nous emmène dans le Londres de 1960.
J'ai beaucoup aimé le livre, même si certaines ficelles ont trop vite été tirées à mon goût.


Détails du livre
  • Titre VO : The King Of Diamonds
  • Traduction : Jean-Noël Chatain
  • Broché: 393 pages
  • Editeur : Michel Lafon (2 février 2012)
  • ISBN-13: 978-2749915722
Quatrième de couverture

Londres, 1958. Le jeune David Swain est condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de l’amant de sa petite amie, Katya. Sa culpabilité ne fait aucun doute… sauf pour l’inspecteur Trave, qui ne peut cependant rien prouver.
Oxford, 1960. Le prisonnier s’évade. La même nuit, on retrouve le corps de Katya, sauvagement assassinée. Une chasse à l’homme est lancée contre Swain. Pourtant, les soupçons de Trave se dirigent dans une tout autre direction : l’oncle de Katya, Titus Osman, un riche diamantaire, et son mystérieux beau-frère, Franz Claes, qui semble prêt à tout pour cacher ses anciennes amitiés nazies.
Mais les motivations du policier sont suspectes : la jalousie de voir sa femme lui préférer Titus l’aveuglerait-il ? Ou a-t-il compris, au contraire, que ces meurtres passionnels n’étaient que les dommages collatéraux d’une machination d’une tout autre ampleur ?

Un extrait

Katya ouvrit la bouche, mais les mots parurent ne pas vouloir s'échapper de sa gorge. Elle se sentait faible, gagnée par la nausée, et la pièce s'était mise à tourner. Deux grosses larmes coulèrent lentement sur ses joues creusées, témoins silencieux du désarroi qui l'animait.
Surmontant son choc initial, Vanessa la rejoignit et la prit par les épaules.
- Qu'est-ce qui vous arrive ? demanda-t-elle. Je peux vous apporter quelque chose ? 
- De l'eau, murmura Katya. De l'eau.
Vanessa s'approcha des boissons, mais à peine avait-elle tourné les talons que Katya s'écroulait à terre, entraînant un petit guéridon dans sa chute. Ne trouvant pas d'eau plate, Vanessa s'empara naturellement d'un siphon, puis revint vers elle et abaissa le levier en nacre pour diriger le jet d'eau de Seltz vers la bouche de Katya. Quelques instants plus tard, la jeune fille toussa et ouvrit les yeux, mais parut à peine savoir ou elle se trouvait. Vanessa s'agenouilla auprès d'elle et lui soutint la tête avec les mains.
- Qu'est-ce qui vous arrive ? répéta-t-elle.
Katya entendait certes la voix de Vanessa, mais elle lui semblait très lointaine.
Elle sombrait peu à peu dans des eaux profondes et ténébreuses, et savait que parler serait bientôt au dessus de ses forces. Aussi, au prix d'un ultime effort surhumain, elle émergea de l'épaisse noirceur pour revenir dans la lumière du salon de son oncle. Elle ne pouvait renoncer si près du but.
- Ils essaient...
- Oui ? dit Vanessa, en approchant son oreille de la bouche de Katya, si bien que sa joue effleura le visage encore humide de la jeune fille.
- Ils essaient de me tuer ! articula Katya d'un trait. 
Mais c'en était trop. Le sédatif que Jana Claes lui avait donné à moitié injecté dans les veines finit par agir, et Katya s'effondra, inconsciente, dans les bras de Vanessa.

Mon avis 

Le style très plaisant de l'auteur reflète bien l'époque dans laquelle se joue cette histoire. On a vraiment l'impression d'y être, même si parfois cela donne un style un peu ampoulé avec quelques longueurs, ou des descriptions un peu trop détaillées (mais pour cela, il a de qui tenir ^^).

J’ai trouvé l'histoire originale, dans le sens où un premier crime est commis, puis deux ans après, l'accusé s'échappe de prison pour aller tout de suite aller en commettre un deuxième... À moins que...
Le suspens est très présent, les tenants et aboutissants très crédibles, ce qui donne un très bon thriller. Les vrais coupables sont peu être trop vite désignés (déjà dans le 4ème de couverture) mais l'histoire ne fonctionnerait certainement pas sans cela. Les informations sont données au compte goutte et le lecteur ne peut que continuer de lire.

Les personnages sont le point fort de ce livre, car ils sont tout en contraste et profondeur. L'inspecteur Trave est à lui tout seul une énigme : persécute-t-il ce riche diamantaire car il le pense coupable ou parce que sa femme qu'il aime toujours envisage de refaire sa vie avec celui-ci ? Cette même femme Vanessa, qui a quitté son mari pour se sentir à nouveau vivante après le drame qui a frappé son couple. Et cette Katya, fiancé de la première victime et seconde victime, se sentait-elle en danger ou bien était-elle folle ou toxico ?
Et le coupable, ce David Swain qui fait trembler le jury avec ses lettres de menace est-il vraiment dangereux ? Son évasion est-elle un aveu de sa culpabilité ?
Ne parlons pas des méchants de l'histoire dont le passé trouble ne pourra que refaire surface, ou peut-être pas après tout, s'ils sont assez vigilants.

L'ensemble donne un très bon thriller, bien ficelé dont l'ambiance feutrée donne le ton au lecteur qui ne peut que se laisser emporter par l'histoire.