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mardi 31 mai 2011

La Roue du Temps, tome 03 : Le cor de Valère de Robert Jordan

Après deux mois, j'ai enfin trouvé un peu de temps pour poursuivre le cycle de la roue du temps (tomes 1 et 2 chroniqués ici et ). Je me suis donc lancée dans la lecture du 3ème tome où nos héros ont poursuivi leurs aventures. Comme toujours, je me suis laissée transporter par cette fresque et je suis impatiente de la poursuivre dès que j'aurai un moment surtout que les tomes 21 et 22 attendent dans ma PAL pour être lus ;)


Détails du livre 
  • Titre VO : The Great Hunt
  • Traduction : Arlette Rosenblum
  • Poche: 477 pages
  • Editeur : Pocket (11 avril 2005)
  • Collection : Pocket Fantasy
  • ISBN-13: 978-2266154505
Quatrième de couverture

Le Seigneur de l'Ombre a jadis voulu conquérir la Terre, mais les Aes Sedai, maîtresses du Pouvoir Unique, l'ont repoussé. Pour se venger, il a inspiré aux vainqueurs une folle meurtrière. Quant au Dragon qui guidait les Aes Sedai, on dit qu'un jour il renaîtra pour délivrer l'univers. En attendant, les serviteurs du Ténébreux abattent leurs cartes : un peu partout éclatent les rixes et les incendies. Sur les conseils de Moiraine, une Aes Sedai, Rand et ses compagnons, traqués par un cavalier sans visage, se mettent en route vers l'Œil du Monde, dont la surface limpide est source de " saidin ". Ils y trouvent la Bannière du Dragon et le Cor de Valère, dont le son - dit la légende - fera surgir de la tombe les héros du passé. Mais Rand osera-t-il souffler dans l'instrument magique ? Selon qu'il penchera - bon gré mal gré - vers la Lumière ou les Ténèbres, c'est une légion de héros... ou une armée de démons qu'il fera sortir des entrailles de la terre. Il se sait investi d'un pouvoir capable de tout anéantir et songe à fuir loin de ceux qu'il aime.

Un extrait

En un instant, tout disparu, rose et lumière. Moiraine avait averti aussi que ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait obtenir par la force. Elle poussa un soupir et ouvrit les yeux. Nynaeve arborait une expression morose de mauvais augure. Vérine était toujours calme.
" Vous ne pouvez l'obliger à se manifester, disait l'Aes Sedai. Vous devez le laisser agir de lui-même. Il faut d'abord vous abandonner au Pouvoir Unique avant d'être en mesure de le maîtriser.
- C'est complètement ridicule, marmotta Nynaeve. Je ne me sens pas une fleur. Au mieux, un buisson d'épines noires. À la réflexion, je crois que je vais attendre près du feu.
- Comme il vous plaira, acquiesça Vérine. Ai-je mentionné que les novices accomplissent des corvées ? Elles lavent la vaisselle, frottent les planchers, lessivent le linge, servent à table, y compris d'autres taches diverses. Pour ma part, je pense que les servantes s'en acquittent infiniment mieux, mais en général on estime que ce genre de travaux forme le caractère. Oh vous restez ? Bien. Ma foi, mon enfant, rappelez-vous que même un buisson de prunellier a parfois des fleurs, d'une magnifique blancheur au milieu des épines noires. Nous allons recommencer étape après étape. Voyons, depuis le début, Egwene. Fermez les yeux."

Mon avis 

Cette relecture a été pour moi l'occasion de me rappeler certains événements dont on reparlera au fil du cycle que j'avais oublié.

J'aime toujours autant le style de Robert Jordan qui nous emmène tout au long de son aventure. J'ai vraiment l'impression de faire partie de cette histoire. Les descriptions sont précises sans être trop longues et chaque personnage possède un caractère fort bien décrit.

Dans ce tome, les personnages sont confrontés à leur nature et leurs devoirs, Rand et sa déconcertante découverte, les filles et leurs futures carrières d'Aes Sedai, Perrin et son affinité avec les loups, sans oublier Matt avec sa dépendance au poignard de Shadar Logoth, ou Lan avec ses sentiments Cette confrontation aboutira à des choix qui, peut-être, seront décisif pour la suite. Le groupe se dissocie pour le besoin de l'histoire et on recommence à suivre les différentes petits groupes dans leurs périples. Personnellement, je ne peux pas m'empêcher de m'attacher à chacun des personnages et j'ai, encore une fois je le répète, vraiment l'impression de vivre l'aventure à leurs côtés.

L'histoire s'enchaîne un mois après la fin du deuxième tome. Des voiles sont levés sur l'implication de nos héros dans les projets de certaines Aes Sedai. Cependant, celles-ci ne sont pas toujours franches quant à ce qu'elles attendent au final, même si elles ne peuvent mentir. D'autant qu'il existerait une Ajah secrête dont personne ne saurait rien. Celle qui servirait les ténèbres.

Ce tome est très axé sur la question du choix. Faut-il choisir à l'inverse de ce qu'il nous est imposé de faire ? Faut-il se laisser porter par nos intuitions ? Et que ce passerait-il si les ténèbres gagnaient ? à cause d'un mauvais choix ? Pourquoi ne choisirait-on pas d'aimer plutôt que de se battre ? Et la question la plus importante : dès qu'on parle de prophétie, nous reste-t-il seulement un choix ?

samedi 12 mars 2011

La Roue du Temps, tome 02 : L'oeil du monde de Robert Jordan

Pour poursuivre ma grosse folie de cette année, j'ai relu le 2ème tome de la roue du temps, saga qui en comprendra, dans la version française, trente, d'où ma folie. Le premier tome m'avait laissée sur ma faim (les tomes américains sont coupés en deux en France sans s'occuper du pourquoi du comment) et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé Rand et ses amis comme si je retrouvais de très vieux copains (ça me fait pareil avec Garion, Polgara, Belgarath et toute la clique ^^)


Détails du livre
  •  Titre VO : The Eye of the world
  •  Traduction : Arlette Rosenblum
  • Broché: 662 pages
  • Editeur : Éd. France loisirs (2006)
  • ISBN-13: 978-2744192487
Quatrième de couverture

La roue du temps entrelace les fils des destinées et poursuit sa révolution.
Le Mal - secondé par ses séides, fidèles du Shai'tan, Myddraals, Trollocs, Draghkars, et par ses espions - ne cesse d'étendre ses pièges mortels.
Pour vaincre les ténèbres, les Enfants de la Lumière devront à tout prix attendre l'œil du Monde. Cet Œil qui recèle le plus terrible des secrets...

Un extrait

Une gorge s'éclaircit derrière lui et il s'avisa soudain qu'il n'était pas seul. Prêt à s'excuser de son impolitesse, il se retourna. Il avait l'habitude d'être plus grand que tous les gens qu'il rencontrait mais, cette fois-ci, ses yeux montèrent, montèrent, montèrent et sa bouche s'ouvrit de stupeur. Alors il en arriva à la tête qui effleurait quasiment le plafond haut de trois mètres. Un nez aussi large que la figure, si vaste que c'était plutôt un mufle qu'un nez. Des sourcils qui pendaient comme des queues, encadrant des yeux clairs aussi larges que des soucoupes. Des oreilles qui s'amincissait en fer de lance et pointaient à la façon d'une huppe à travers une crinière noire ébouriffée. Trolloc ! Un cri strident lui échappa et il essaya de reculer en dégainant son épée. Ses pieds s'emmêlèrent et, en fait, il se retrouva donc assis rudement sur son séant.
"J'aimerai assez que vous autres humains ne réagissiez pas de cette façon", prononça une voix de basse avec des résonances de grosse caisse. Les oreilles huppées s'agitèrent violemment et la voix devint triste. "Combien peu vous êtes à vous souvenir de nous. C'est notre faute, je suppose. Les nôtres ne sont pas allés en foule parmi les hommes depuis que l'Ombre est tombée sur les Voies. Il y a bien ... oh, six générations maintenant. Juste après les Guerres trolloques, c'était." La tête hirsute se secoua et lâcha un soupir qui aurait fait honneur à un taureau. "Trop long, trop long, et un nombre si restreint pour voyager et voir, autant dire personne."
Rand resta assis une minute, bouche bée, à contempler l'apparition en bottes montant au genou, larges du bout, portant une tunique bleu foncé boutonnée du cou à la taille, d'où elle s'évasait jusqu'au sommet de ces bottes comme un kilt, par dessus un pantalon bouffant. Dans une main était un livre, minuscule par comparaison, avec un doigt trois fois plus gros qu'un doigt ordinaire marquant la page.
"Je croyait que vous étiez...", commença-t-il, puis il se reprit. "Qu'est-ce que..." Cela ne valait pas mieux. Il se leva et tendit une main pas rassurée. "Mon nom est Rand al'Thor."
Sa main disparut dans une main de la taille d'un jambon ; ce qui fut accompagné d'une révérence  cérémonieuse. "Loial, fils d'Arent fils de Halan. Votre nom chante dans mes oreilles, Rand al'Thor".
Rand eut l'impression que c'était une salutation rituelle. Il s'inclina à ton tour dans une révérence. "Votre nom chante dans mes oreilles, Loial, fils d'Arent... euh... fils de Halan."
Tout cela était un peu irréel. Il ne savait toujours pas ce qu'était Loial. L'étreinte des énormes doigts fut d'une surprenante douceur, mais il éprouva néanmoins du soulagement quand il récupéra sa main intacte.
 
Mon avis

Comme la première fois, j'ai beaucoup aimé ce livre, encore plus du fait que c'est une relecture et donc je parviens à discerner les indices que l'auteur sème sur son passage pour faire progresser l'histoire.

Les personnages sont toujours attachants, sauf peut-être Mat qui ne se montre franchement pas sous son meilleur jour. Rand se montre toujours aussi bêta avec les filles, Perrin se découvre un don caché qui me séduit beaucoup. On en apprend un peu plus sur Moiraine et Lan. Je trouve que chaque personnage est vraiment soigné, que ce soit au niveau caractère, manie ou physique. De nouveaux personnages font leur apparition et je pense déjà commencer à faire une espèce de graphique, histoire de ne pas oublier qui est qui et qui fait quoi. (et oui, je suis une cervelle de iop, comprendra qui pourra)

Quant à l'histoire, je la trouve toujours aussi prenante. Le groupe initial se retrouve séparé et on suit chacun des groupes au fil de ses aventures. J'ai beaucoup aimé la rencontre de Rand et Élayne, mais aussi celle de Perrin et Elyas. L'action est très présente même si j'aime aussi les périodes de calme ou je prends mon temps avec Robert Jordan pour découvrir son monde et ses personnages. Je suis une adepte du style de cet auteur, même si je trouve que l'édition française aurait pu être meilleure, que ce soit au niveau de la traduction, du découpage ou des coquilles qui parsèment ce livre. Je suis heureuse que les éditions Bragelonne ressortent à partir de 2012 cette série avec une toute nouvelle traduction et aussi en respectant le découpage original.

J'espère lire le 3ème tome dans le courant de ce mois de mars ou au plus tard au mois d'avril.

Lecture à suivre
La porte aux oiseaux de Katie Hickman (partenariat)

dimanche 30 janvier 2011

La Roue du Temps, tome 01 de Robert Jordan

Comme tous les ans, j'ai commandé et reçu les deux nouveaux tomes de la roue du temps traduits en français. Comme tous les ans, j'ai commencé par vouloir relire ceux qui étaient paru l'année dernière afin de me remémorer l'histoire mais après quelques pages, j'ai cédé à la tentation ... 
Malgré une PAL monstrueuse, malgré les baby-challenges qui attendent, malgré le big challenge qui vient juste de commencer et malgré la lecture commune de tous les tomes de Harry Potter prévue au cours de l'année prochaine, l'envie a été la plus forte et j'ai repris le tout premier tome de la série avec la bonne intention de tous les relire avant d'entamer les nouveaux. J'en ai profité, l'envie pouvant être communicatrice, pour organiser une lecture commune de ce premier tome. Vous pouvez retrouver ici les chroniques de mes co-lecteurs:  Taliesin, Karline, Lisalor Blackwolf, Melisende.



Détails sur le livre

  • Titre VO : The Eye of the World
  • Traducteur : Arlette Rosenblum
  • Poche: 701 pages
  • Editeur : éditions France Loisirs
  • Collection : Fantasy
  • ISBN-13: 2-7441-9193-0
Quatrième de couverture

Jadis, le Seigneur de l'Ombre a voulu conquérir la terre, mais les Aes Sedai, maîtresses du Pouvoir Unique, l'ont repoussé. Des millénaires se sont écoulés et le Seigneur va enfin sortir de sa geôle et, avec lui, le mal, la guerre, la désolation,...
Seul le Dragon qui guidait les Aes Sedai peut l'anéantir. On dit, qu'un jour, il renaîtra pour délivrer l'univers. Mais quand ? Avant la grande catastrophe finale ?

Un extrait

 Perrin s'arrêta soudain devant une porte ; en dépit de sa carrure, il paraissait curieusement intimidé. Il prit une profonde aspiration, regarda ses compagnons, aspira de nouveau, puis ouvrit lentement la porte et entra. Un par un, les autres suivirent. Rand était le dernier et il ferma la porte derrière lui avec la plus grande répugnance.
C'était la salle où ils avaient dîné la nuit d'avant. Un feu pétillait dans l'âtre et il y avait au milieu de la table un plateau d'argent luisant sur lequel était posés un pichet et des coupes en argent luisant aussi. Moiraine et Nynaeve étaient assises chacune à un bout de la table et ne se quittaient pas des yeux. Tous les autres sièges étaient vides. Moiraine avaient les mains posées sur la table, aussi immobiles que son visage. Nynaeve, la natte ramenée par-dessus son épaule, en serrait le bout dans son poing ; elle tirait constamment dessus à petits coups, comme quand elle se montrait plus obstinée que d'habitude à l'égard du Conseil du village. Perrin avait raison. Malgré le feu, on avait l'impression de geler, et ce froid venait des deux femmes assises à la table.
Lan, appuyé au manteau de la cheminée, fixait les flammes et se frottaient les mains pour les réchauffer. Egwene, plaquée le dos au mur, était emmitouflée dans sa cape, le capuchon sur la tête, Mat et Perrin s'arrêtèrent, incertains, une fois la porte franchie.
Rand se secoua avec malaise et marcha jusqu'à la table. Il faut quelquefois attraper le loup par les oreilles, se rappela t-il. Mais il se rappelait aussi un autre vieux dicton. Quand on tient un loup par les oreilles, c'est aussi difficile de le relâcher que de continuer à le tenir. Il sentit sur lui le regarde de Moiraine et celui de Nyvaeve, et son visage devint brûlant, mais il s'assit quand même, à mi-chemin entre les deux.
Pendant un instant, la salle resta aussi figée qu'une gravure, puis Egwene et Perrin, et finalement Mat, allèrent à regret vers la table et prirent place - au milieu, avec Rand. Egwene ramena encore plus en avant son capuchon, assez pour cacher la moitié de sa figure, et ils évitèrent tous de regarder quelqu'un.

 Mon avis

Un ami m'a vivement conseillé cette série. Je me suis procurée les premiers tomes et les ai lus les uns à la suite des autres sans presque reprendre mon souffle. Après avoir lu les 4 premiers, je me suis enfin demandé combien il y avait de tomes en tout ... Et là ... Malheureuse ... j'ai appris qu'il devait y en avoir 24, qu'il en restait une petite dizaine à écrire, encore plus à traduire et que l'auteur était atteint d'une grave maladie  qui ferait qu'il ne pourrait certainement pas aller jusqu'au bout de son histoire ...
Cependant, l'histoire m'avait complètement captivée et je n'ai pas pu faire autre chose que de poursuivre. C'était il y a 6 ans et depuis, je patiente pour lire les deux tomes qui sont traduits chaque année et publiés aux éditions fleuve noir (et c'est très difficile mais quand même moins que de lire les livres en anglais - j'ai essayé).
c'est donc avec beaucoup de plaisir que je reprends cette série au tout début sachant tout ce que je vais relire.
La première fois que j'ai lu ce livre, j'ai été déroutée par le prologue. Il me semblait n'avoir ni queue ni tête. Les personnages avaient plusieurs noms et les lieux m'étaient forcément inconnus. Ensuite est venue l'histoire et à partir de ce moment là j'ai été sous le charme de la roue du temps.
L'histoire commence dans un petit village perdu où jamais rien ne se passe. On découvre les trois jeunes hommes et les deux jeunes femmes qui vont être le fil conducteur de cette fresque. On fait la connaissance également de Moiraine et de Lan qui sont venus en repérage dans ce village. Finalement l'histoire s'accélère et nous voilà partis pour de nombreuses pages d'aventure qui feront notre plaisir.
J'ai tout de suite adhéré au style de Robert Jordan. Son écriture est un délice. Il y a des descriptions mais sans toutefois y avoir d'abus. L'action est présente, peut-être pas forcément au tout début, mais il faut se rappeler que c'est un tome d'introduction et que ce tome lui-même n'est que la moitié du tome d'introduction de la version d'origine (chaque livre américain est publié en français en 2 tomes distincts).
J'aime beaucoup l'antagonisme des Aes Sedai : les légendes les associent au désastre tandis que Moiraine prétend vouloir vaincre les ténèbres. Qui croire ? Il faudra lire la suite pour, peut-être, avoir un début de réponse ... ou non !