dimanche 27 novembre 2011

Via Temporis, tome 1 : Opération Marie-Antoinette de Joslan F. Keller

Lorsque j'ai été choisie pour un partenariat pour le tome 2 de cette série, je me suis dit qu'il serait sympa de lire le tome 1 avant. Je me suis donc procuré Opération Marie-Antoinette et aussitôt dans ma BAL, aussitôt entamé. Via Temporis est, comme le souligne Scrinéo-jeunesse, une aventure éditoriale à plusieurs mains ainsi qu'une opportunité donnée aux jeunes auteurs. Ce premier tome est écrit par Joslan F. Keller.


Détails du livre
  • Broché: 343 pages
  • Editeur : Scrineo Jeunesse; Édition : 1re (17 mars 2011)
  • Collection : Via temporis
  • ISBN-13: 978-2953495461
Quatrième de couverture

Paris, 14 décembre 2012. Mathias Brume et son amie Charlotte Champlain sont deux étudiants comme il en existe des milliers : ils étudient et ils s’aiment ! En répondant à l’invitation d’Aimery de Chalus, un vieux professeur de la Sorbonne inconnu, ils sont loin de se douter de l’incroyable découverte qui les attend. Sous prétexte de déchiffrer une énigme particulièrement retorse, nos deux héros vont d’abord apprendre l’un des secrets les plus gardés de tous les temps. Mais surtout, la menace tangible d’une prophétie oubliée, de nature à balayer l’humanité, va les emporter dans une série d’aventures déconcertantes qui leur fera découvrir les moments clés de la Révolution française. Mathias et Charlotte découvriront-ils qui se cache derrière cette terrible intimidation ? Comment échapperont-ils aux pièges du passé ? Et, au terme de cette aventure extraordinaire, sauveront-ils le monde de sa fin annoncée ?

Un extrait

Le professeur s'empara d'une feuille et la leur tendit. Mathias s'en saisit et Charlotte se pelotonna contre lui pour pouvoir la lire avec lui.
Au milieu de la page, dont les pourtours étaient griffonnés d'annotations illisibles, un texte de cinq lignes seulement :

On le baptisa du nom du fils d'Ulysse
La Révolution le fît entrer en scène
Mais la rivière se perdit dans le fleuve
Ou bien est-ce l'inverse ?
Tu donneras la clé du mystère.

Charlotte releva la tête la première et expliqua son sentiment à sa manière :
- Hé, c'est plus compliqué que les devinettes Carambar !
Aimery la fixa un instant, dérouté, puis tourna son regard vers Mathias, espérant une réaction plus mesurée. Le garçon se gratta le nez et le menton, signe chez lui d'une véritable perplexité.
- Effectivement, c'est très déconcertant. Mais cela vaut le coup de se plonger plus profondément dans le texte. Je peux garder cette feuille ? J'aurais quelques recherches à faire.
- Prenez ce texte, mais restez discrets. Si vous trouvez un début de piste, contactez-moi au plus vite. Mais surtout, je vous en conjure, pas d'informations précises. Voici mon numéro de portable mais ne m'appelez pas, ne m'envoyez pas d'e-mail, d'accord ? Juste un texto pour me dire que vous avez trouvé quelque chose. Et je vous fixerai un rendez-vous. Bonne chance, jeunes gens !

Mon avis

Tout d'abord, je me suis demandée pourquoi les deux livres qui composaient la série n'avaient pas le même auteur et en visitant le site de l'éditeur, puis wikipédia, voici ce que j'ai trouvé :
Via Temporis est une série de romans jeunesse mêlant histoire et science-fiction qui a pour thème le voyage dans le temps. Le principe de la série est né d'un jeu de piste par SMS, une enquête historique au cœur de Paris, créé en 2005 par Jean-Paul Arif, fondateur de Scrinéo Jeunesse. Très bien accueilli par la presse et le public, le jeu faisait voyager dans le temps deux jeunes gens, encadrés par le plus vieux professeur de la Sorbonne, Aimery de Châlus, afin qu'ils résolvent une grande énigme du passé. Quelques années plus tard, les éléments fondateurs du jeu (les personnages principaux, la machine à remonter le temps, des grandes énigmes historiques) sont repris dans une série de romans, abordables à partir de 9 ans, qui sont écrits par plusieurs auteurs.

Une fois ma curiosité assouvie, j'ai pu me concentrer sur l'ouvrage en lui-même. J'ai beaucoup apprécié le principe de cette série : les énigmes, voyager dans le tempsdécouvrir une période de l'histoire. C'est très bien pensé. Je suis sûre que cela peut être un sacré plus pour faire découvrir l'Histoire aux enfants, même les plus récalcitrants. J'ai ainsi pris beaucoup de plaisir en me retrouvant à la période de la Révolution française, surtout qu'il me semble que l'auteur s'est vraiment bien documenté. La géographie, les bâtiments, l'ambiance, les personnages historiques sont plus que vrai-semblants. On pourrait croire que l'auteur lui-même à utilisé le tempoflux (appareil à remonter le temps de la série).

J'ai dévoré le livre vite fait bien fait ! Les énigmes, l'action, la prophétie ont su maintenir un suspens qui fait qu'il m'a été impossible de ne pas poursuivre ma lecture. J'ai vraiment été séduite par les énigmes qui fait la part belle au lecteur qui veut se trouver par lui-même la solution avant de poursuivre sa lecture.

Voyons maintenant, les points qui m'ont un peu déçus. Je pense qu'ils sont tous liés au fait qu'il s'agit d'un roman destiné à la jeune jeunesse et que du haut de ma pas encore quarantaine, je suis un peu trop "vieille" et "expérimentée". Je n'oublie tout de même pas de répéter que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre.
Le style de l'auteur m'a quelque peu désappointée. Il est pompeux et parfois un peu pompant (désolée pour le jeu de mots ^^). Il répète à l'excès des tics qu'ont nos jeunes héros les stéréotypant de ce fait. Le vocabulaire employé est parfois un peu trop compliqué, des mots simples auraient, à mon sens été mieux ajustés.
Les personnages, bien que très attachants sont un peu fades : Charlotte s'étire et fait des mouvements de gymnastique dès qu'elle a un moment.
Le tempoflux m'a semblé être une solution très facile au voyage dans le temps, mais je reviens sur cette petite déception, car dans le deuxième tome, on trouve de curieux indices qui font que cette "solution facile" pourrait être un fil conducteur de la série Via Temporis.

J'ai d'ores et déjà terminé le deuxième tome dont je ferai la chronique très prochainement. Cette série n'a pas  été sans me rappeler une autre série que j'ai lue il y a un moment : le Livre du temps de Guillaume Prévost.

jeudi 24 novembre 2011

LefsÖ Creative Solutions: Tipinini est sortie !

LefsÖ Creative Solutions: Tipinini est sortie !: Juste à temps pour Thanksgiving , Tipinini est disponible sur l' appstore . La chasse au dindon est ouverte ! Tipinini est une app pour i-...

mardi 22 novembre 2011

L'Assassin Royal, tome 02 : L'Assassin du Roi de Robin Hobb

Après avoir goûté au premier tome de l'assassin royal, il ne m'en fallait pas plus pour avoir envie de lire la suite. C'est chose faite avec ce 2ème tome  qui m'a, certes, un tout petit peu moins plu que le précédent mais qui reste tout de même très bon. Je me lance dans le 3ème dès que j'en ai l'occasion !


Détails du livre
  • Titre VO : The Farseer Trilogy, book 2 : Royal Assassin
  • Traduction : A. Mousnier-Lompré
  • Poche: 414 pages
  • Editeur : J'ai lu (30 septembre 2001)
  • Collection : J'ai lu
  • ISBN-13: 978-2290313237
Quatrième de couverture

Au château de Castelcerf le roi Subtil Loinvoyant règne sur les Six Duchés ; il est aidé dans sa lourde tâche par son fils Chevalerie qui comme son père et tous les nobles du royaume porte le nom de la qualité que ses parents espéraient le voir développer. Ainsi le frère du Roi-servant s'appelle-t-il Vérité et leur demi-frère, né d'un second lit, Royal.
Suite à une aventure restée inconnue de tous, Chevalerie donne à la lignée un nouveau descendant : un bâtard, dont la simple existence va bouleverser le fragile équilibre qu'avait établi le roi pour contrôler ses turbulents fils. Ce héros malgré lui, nommé Fitz, voit son avenir s'assombrir au fil du temps. Alors que les autres enfants ont déjà leur place à la cour et dans ses intrigues, lui devra la mériter et servir la couronne en devenant ce que personne ne voulait être : l'Assassin royal. Au service de son roi il apprendra les poisons, le meurtre et la trahison..

Deux extraits

 Oh, d’aucuns s’en vont chasser le sanglier
Ou tendent l’arc pour le daim.
Ma mie accompagnait la reine Renarde
Pour apaiser nos chagrins.

Elle ne rêvait pas de gloire
Ni ne craignait la douleur
Elle allait guérir le cœur de son peuple
Et ma mie l’accompagnait.

La chasse de la reine Renarde. 

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 « Quand j’ai été... assez grand, je leur ai dit au revoir. Je suis parti chercher ma place dans l’histoire et décider où la contrarier. L’endroit que j’ai choisi, c’est ce château ; le moment, c’est l’heure de ma naissance qui l’a déterminé. Je suis arrivé et je me suis donné à Subtil. J’ai réuni dans ma main tous les brins que les Fileuses y ont placés et j’ai entrepris de les tordre et de les teindre comme je le pouvais, dans l’espoir d’affecter ce qui se tisse après moi. »
Mon avis

Tout d'abord, disons que j'ai été légèrement perturbée par le commencement de ce livre qui reprend la fin du tome précédent, presque comme si elle n'avait pas existé. Du coup, je me suis demandée si mes souvenirs, pourtant pas si vieux (2 semaines), étaient encore intacts dans ma mémoire. Je suis retournée lire la fin du premier tome et ai été rassuré quant à l'état de mes méninges. Je pense que l'auteur a voulu reprendre son histoire un tout petit peu avant la fin du tome précédent pour apporter des précisions et également pour en profiter pour entamer le 2ème tome.

Une fois cette surprise passée, je me suis rendue compte que j'étais déjà à la moitié du livre. Les pages se tournent toutes seules. Le style de l'auteur est toujours aussi palpitant, même si l'action est peu présente dans ce livre. L'auteur, en effet, a privilégié l'approfondissement des personnages et il y a fort à faire pour Fitz qui se voit passer de l'état d'adolescent à presque l'état d'homme. Cependant, l'auteur n'oublie pas d'approfondir les autres personnages et chacun reçoit une belle couche de détails sur sa vie, son passé ou encore ses motivations. Personne n'est oublié ! On ne peut que s'attacher à ces personnages qui gravitent autour de Fitz, que ce soit Burrich, Patience, Brodette ou encore Vérité, et forcément j'en passe, c'est fait exprès !

On en apprend également plus sur l'histoire de Castelcerf, sa famille royale et sur toutes les intrigues en cours. Certaines se terminent, d'autres débutent, mais toutes s'entremêlent pour donner à cette série l'épaisseur et la qualité d'une véritable fresque. Le lecteur n'a qu'une seule envie : poursuivre l'aventure pour savoir sur quelle voie FitzChevalerie Loinvoyant va s'engager

Ce livre compte pour mon big-challenge livraddict, ce qui m'amène à 22/40.

dimanche 20 novembre 2011

Des souris et des hommes de John Steinbeck

Des souris et des hommes, voici un livre dont tout le monde a du entendre parler un jour, mais dont personne ne connaît le thème. Moi même, je me le suis procuré pour avancer dans mon baby-challenge classique, mais je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Et oui, je boude toujours les 4èmes de couverture ;)
J'ai passé un très bon moment avec ce livre qui n'appartient pourtant pas à mes catégories préférées du moment. J'en ai profité pour visionner le film de 1992 tiré du livre de et avec Gary Sinise et avec John Malkovich.


Détails du livre
  • Titre VO : Of Mice and Men
  • Traduction : Maurice-Edgar Coindreau
  • Poche: 189 pages
  • Editeur : Gallimard (4 novembre 1998)
  • Collection : Folio
  • ISBN-13: 978-2070360376
Synopsis

L'histoire de Lennie, colosse innocent, et de George, deux ouvriers migrants liés par une solide amitié, sillonnant les routes de Californie des années trente à la recherche d'un travail..

Un extrait (ici le quatrième de couverture)

Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux.
- Lâche-moi, cria-t-elle. Mais lâche-moi donc.
Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l'autre main, il lui couvrit la bouche et le nez.
- Non, j'vous en prie, supplia-t-il. Oh, j'vous en prie, ne faites pas ça. George se fâcherait.
Elle se débattait vigoureusement sous ses mains...
- Oh, je vous en prie, ne faites pas ça, supplia-t-il. George va dire que j'ai encore fait quelque chose de mal.
Il m'laissera pas soigner les lapins

Mon avis

Ce livre est très court, mais il est touchant, montrant encore une fois que la qualité est plus importante que la quantité. Ces 175 pages sont faites d'amitié, d'espoir, de rêves mais aussi de réalité et de choix.
Dans ce livre, l'auteur nous dépeint la vie dans les ranches de Californie lors des années 30, les relations entre les "blancs" et les "noirs", ainsi qu'un mode de vie pour certains ouvriers nomades tels George et Lennie.

Ce n'est pas qu'il se passe grand chose dans ce livre, car l'action se résume à quelques pages, mais l'ensemble du livre, des thèmes abordés fait que le tout est poignant, marquant...

Le style de l'auteur est simple et efficace, tels ses personnages dont la vie se résume presque exclusivement par le travail. Les personnages sont attachants : bien sûr on pense à Lennie et George dont l'amitié est pleine et entière, mais je pense aussi au vieux Candy.

Ce qui m'a plus touchée dans ce livre c'est la vie dont rêvent ces hommes : une vie faite de travail, de bonheur et de plaisirs simples. D'ailleurs, cette vie est presque à leur portée... On arriverait presque à toucher la fourrure des lapins dont Lennie rêve. Et c'est peut-être pour cela que j'ai été plus que surprise par le dénouement de l'histoire.

Le film

Le film est une très fidèle adaptation du livre. Les acteurs sont brillants, spécialement John Malkovich qui semble exceptionnel dans le rôle de Lennie. Le film transmet la même émotion que le livre, même si j'ai préféré la vivre par le livre. Le film est également un parfait reflet de l'époque : les décors semblent très justes, l'ambiance également, on a l'impression de se retrouver au milieu des États-Unis en pleine grande dépression !

Ce livre m'amène à 12/20 dans mon baby-challenge Livraddict et 8/7 à mon challenge Regarde ce que tu lis.

jeudi 17 novembre 2011

Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman

Voici encore un roman dont je n'avait jamais entendu parler avant de m'inscrire aux baby-challenge livraddict. Il est dans la catégorie jeunesse, bien qu'il ne convienne pas aux plus jeunes à mon avis. Je pense qu'il est plus adapté aux élèves de 4ème ou 3ème, voire plus. Ce livre raconte l'amour impossible entre le noir qui signifie dans cette société pouvoir et richesse et le blanc, qui au contraire représente la pauvreté et crime. Que se passe-t-il lorsque le noir aime le blanc ? Lorsque le blanc rêve de noir ? Lorsque noir et blanc se rencontrent ?
Moi qui ai épousé mon amour de jeunesse, ai été encore plus marquée par ce livre qui brille de par sa différence, mais aussi de par sa similitude avec notre passé, notre présent et qui sait notre futur !


Détails du livre
  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Editions Milan (2 septembre 2005)
  • Collection : Macadam
  • ISBN-13: 978-2745918499
 Quatrième de couverture

Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin.

Un extrait

Je ne sais pas combien de temps je suis resté sur la plage. J’ai vu le soleil  disparaître  derrière  la  ligne  d’horizon.  La  nuit  est  tombée. Pourquoi  ma  vie  était-elle  soudain  devenue  si  compliquée ?  L’an dernier, je ne rêvais que d’une chose : être admis au collège de Sephy. J’ai passé du temps à réviser, à travailler. Et je n’ai pas pensé à ce qui se passerait une fois que j’y serais. Je n’avais pas réalisé que je serais aussi … indésirable. Et à quoi ça servirait, de toute façon ? Suivre ces cours ne m’ouvrait aucune possibilité d’obtenir un travail intéressant. Les  Primas  ne  m’emploieraient  que  pour  des  fonctions  subalternes. Alors pourquoi est-ce que je me donnais tant de mal ? 
 J’avais  envie  d’apprendre.  Un  gouffre  au  fond  de  moi  demandait  à être  nourri  de  savoir,  de  mots,  d’idées …  comment  pourrais-je  être heureux  à  présent  si  je  n’ai  plus  accès  à  toute  cette  masse  de connaissances ? 
J’essayais  de  toutes  mes  forces  de  comprendre  pourquoi  le  monde fonctionnait  de  cette  manière.  On  prétendait  que  les  Primas  étaient plus  proches  de  Dieu.  C’est  ce  qu’affirmait  le  livre  sacré.  Le  fils  de Dieu  avait  la  peau  noire  comme  eux.  Les  mêmes  yeux  qu’eux,  les mêmes  cheveux  qu’eux.  C’est  ce  qu’affirmait  le  livre  sacré.  Le  livre sacré  affirmait  tant  de  choses.  Il  demandait  aux  êtres  humains  d’ « aimer leur prochain » et de « ne pas faire aux autres ce que l’on ne voulait pas qu’ils nous fassent ». Est-ce que le message le plus important du livre sacré n’était pas « vivre et laisser vivre » ? Alors comment les Primas  pouvaient-ils se prétendre élus  de Dieu  et nous  traiter de cette façon ? C’est vrai, l’esclavage n’existait plus, mais Papa disait que seul  le  mot  avait  disparu.  Papa  ne  croyait  pas  aux  paroles  du  livre sacré.  Maman  non  plus.  Ils  disaient  que  ce  livre  avait  été  écrit  et traduit par des Primas et qu’ils l’avaient modifié à leur avantage. Mais comment modifier la vérité ?
Nihil. Même le mot était négatif. Nihil. Néant. Négation. Néant. Ce n’est  pas  nous  qui  nous  étions  choisi  ce  nom.  Pourquoi  nous  l’avoir octroyé ?
– Je ne comprends pas …
Les mots sont sortis de ma bouche et se sont envolés vers le ciel.

Mon avis

Ce premier tome de cette série met en place un monde différent de celui dont on peut avoir l'habitude. En effet, ici, le pouvoir, la richesse sont réservés aux noirs. Les blancs, autrefois esclaves sont libres mais demeurent pauvres, démunis et opprimés. C'est un peu comme si le monde tournait à l'envers. Les différences entre noirs et blancs sont vraiment marquées, les écoles supérieures sont réservées aux noirs, les policiers sont noirs, les politiciens sont noirs mais les délinquants sont blancs !

Maintenant que le décor est planté, faisons la connaissance de Callum et Sephy : Elle est noire, fille d'un grand diplomate. Il est blanc et il est brillant : il vient de réussir le concours d'entrée de l'école prestigieuse qui est normalement destinée aux noirs. Callum est Sephy sont des amis d'enfance, et leur amitié perdure malgré les interdictions de leurs familles.
Leurs 2 familles sont brisées. Elles ont beau être l'une noire et l'autre blanche, elles sont brisées, toutes les deux. Ces deux familles que tout oppose vont œuvrer chacune de leur côté pour amener ce livre vers sa conclusion. Callum et Sephy sont tels deux bouées abandonnées au milieu d'un océan déchaîné. Seront-ils le trait d'union qui manque à ce monde, ou bien l’allumette qui le consumera ? 

Le livre est constitué d'une alternance des deux points de vue principaux : celui de Callum et celui de Sephy. C'est comme si l'auteure avait voulu que le monde soit ou tout blanc, ou tout noir, mais que malgré tout, les deux couleurs ne peuvent exister l'une sans l'autre, ne peuvent cesser de se mélanger. 

Le thème du racisme est omniprésent dans ce livre et on voit combien l'intolérance peut entraîner des conséquences catastrophiques. Quand cette intolérance est mêlée de terrorisme, cela va encore plus loin... 

J'ai vraiment adoré ce livre qui présente, sous un angle vraiment original, les concepts difficiles de racisme, de terrorisme, de la différence.

Ce livre compte pour mon big-challenge livraddict et mon baby-challenge jeunesse m'amenant respectivement à 21/40 et 16/20.

lundi 14 novembre 2011

Robe de marié de Pierre Lemaitre

Toujours pour avancer dans mes challenges de cette année (un jour, j'arriverai à m'y prendre un peu plus à l'avance), je me suis lancée dans ce thriller de cet auteur que je ne connaissais pas. Je l'ai emmené avec moi dans la baignoire, et là ... impossible de m'en sortir. Je me suis carrément prise dedans. Je pense lire d'autres livres de cet auteur. J'ai d’ailleurs déjà "travail soigné" dans ma PAL.


Détails du livre
  • Poche: 313 pages
  • Éditeur : Le Livre de Poche (20 janvier 2010)
  • Collection : Policier / Thriller
  • ISBN-13: 978-2253120605
Quatrième de couverture

Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape... Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

Un extrait

Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle. Le matin, si elle ne sentait pas ses joues noyées, elle pourrait même penser que ses nuits sont paisibles et son sommeil profond. Le matin, le visage baigné de larmes, la gorge serrée sont de simples informations. Depuis quand ? Depuis l'accident de Vincent ? Depuis sa mort ? Depuis la première mort, bien avant ?
Elle s'est redressée sur un coude. Elle s'essuie les yeux avec le drap en cherchant ses cigarettes à tâtons et ne les trouvant pas, elle réalise brusquement où elle est. Tout lui revient, les événements de la veille, la soirée... Elle se souviens instantanément qu'il faut partir, quitter cette maison. Se lever et partir, mais elle reste là, clouée au lit, incapable du moindre geste. Épuisée.

Mon avis

Ce livre est un de ces livres qui nous scotche au plancher. À peine peine entamé, ce thriller, tel la pensine de Dumbledore, m'a emmené dans la vie de Sophie. Aussitôt, je me suis identifiée à cette femme qui porte le même prénom que moi. Était-ce plus facile ainsi ou c'est juste la magie de l'écriture de l'auteur qui a opéré ? Aucune idée, en tous les cas, je me suis retrouvée en train de devenir folle. Littéralement ! J'ai complètement été happée par cette première partie du livre qui montre la folie insidieuse et destructrice.

Ce thriller est, à mon sens, différent des autres, de par sa construction. Il est en effet composé de 4 parties. Les deux premières racontant la même époque mais de deux points de vue différents, les deux dernières formant la conclusion de ce livre. Le style de l'auteur est tel un courant qui entraîne le lecteur vers la conclusion quelle qu'elle soit. Il est prenant, envoûtant, crispant, des fois dérangeant, d'autres fois étouffant qui fait que les pages défilent à un rythme soutenu.

Les personnages ne sont pas très nombreux mais l'auteur fouille et farfouille tellement dans le cerveau de nos personnages principaux que l'on a pas besoin de plus. On ne peut que s'attacher à Sophie qui semble si fragile mais d'autant plus dangereuse. Sa vie vole en éclats, et on la voit, on l'observe ramasser les miettes pour construire de plus gros dégâts encore. C'est à une descente aux enfers que le lecteur assiste, impuissant, et pourtant ... Et si une autre vérité était possible ?

En conclusion, ce thriller est un piège insidieux et efficace qui capture le lecteur jusqu'au bout des pages.
Ce livre compte pour mon baby-challenge thriller et j'accède grâce à lui à la médaille en chocolat (8/20)

samedi 12 novembre 2011

Macbeth de William Shakespeare

J'ai lu il y a presque un an ma première pièce Shakespearienne Roméo et Juliette qui m'a laissé un souvenir mitigé. Ma deuxième tentative le songe d'une nuit d'été ne m'avait pas beaucoup plu. Ma troisième tentative n'est guère plus fructueuse. Je commence à me demander si je ne suis pas hermétique à ce style. Il ne me restera plus qu'à le vérifier en lisant Hamlet qui traîne dans ma PAL.


Détails du livre
  • Traduction : Jean-Pierre Jouve
  • Poche: 191 pages
  • Editeur : Flammarion (2 mai 2010)
  • Collection : GF-Dossier
  • ISBN-13: 978-2081231566
Quatrième de couverture

Le général écossais Macbeth revient du combat où il a vaillamment défendu son seigneur Duncan quand, en pleine lande, trois sorcières apparaissent et lui annoncent qu'il deviendra roi. Lorsque Duncan lui rend visite pour le récompenser de sa bravoure, Macbeth, hanté par la prédiction des sorcières et poussé par sa femme, tue son hôte et s'empare du pouvoir. En proie au remords, le couple sombre peu à peu dans la folie... 

Un extrait

Troisième Sorcière – Le tambour ! le tambour ! Macbeth arrive.

Toutes trois ensemble –  Les  sœurs  du  Destin se tenant par la main, parcourant les terres et les mers, ainsi tournent, tournent, trois fois pour le tien, trois fois pour le mien, et trois fois encore pour faire neuf. Paix ! le charme est accompli.

 (Macbeth et Banquo paraissent, traversant cette plaine de bruyères ; ils sont suivis d'officiers et de soldats.) 

Macbeth –  Je  n'ai  jamais  vu  de  jour  si  sombre  et  si beau.

Banquo – Combien dit-on qu'il y a d'ici à Fores ? – Quelles  sont  ces  créatures  si  décharnées  et  vêtues  d'une  manière  si bizarre ? Elles ne ressemblent point aux habitants de la terre, et pourtant elles y sont. – Êtes-vous des êtres que l'homme puisse questionner ? Vous semblez me comprendre, puisque vous placez toutes trois à la fois votre  doigt décharné sur vos lèvres de parchemin.  Je  vous  prendrais  pour  des  femmes  si  votre  barbe ne me défendait de le supposer.

Macbeth – Parlez, si vous pouvez ; qui êtes-vous ?  

Première Sorcière –  Salut,  Macbeth !  salut  à  toi, thane de Glamis !  

Deuxième Sorcière –  Salut,  Macbeth !  salut  à  toi, thane de Cawdor !

Troisième Sorcière –  Salut,  Macbeth,  qui  seras  roi un jour !

Banquo – Mon bon seigneur, pourquoi tressaillez-vous, et semblez-vous craindre des choses dont le son vous doit être si doux ? – Au nom de la vérité, êtes-vous des fantômes, ou êtes-vous en effet ce que vous paraissez être ? Vous saluez mon noble compagnon d'un titre nouveau, de la haute prédiction d'une illustre  fortune  et  de  royales  espérances,  tellement  qu'il  en  est comme hors de lui-même ; et moi, vous ne me parlez pas : si vos regards peuvent pénétrer dans les germes du temps, et démêler les  semences  qui  doivent  pousser  et  celles  qui  avorteront,  parlez-moi donc à moi qui ne sollicite ni ne redoute vos faveurs ou votre haine.

Première Sorcière – Salut !

Deuxième Sorcière– Salut !

Troisième Sorcière – Salut !

Première Sorcière –  Moindre  que  Macbeth  et  plus grand.

Deuxième Sorcière –  Moins  heureux,  et  cependant beaucoup plus heureux.

Troisième Sorcière – Tu engendreras des rois, quoique tu ne le sois pas. Ainsi salut, Macbeth et Banquo !

Première Sorcière – Banquo et Macbeth, salut !

Macbeth  –  Demeurez ;  vous  dont  les  discours  demeurent  imparfaits,  dites-m'en  davantage.  Par  la  mort  de  Sinel,  je sais que je suis thane de Glamis ; mais comment le serais-je de Cawdor ? Le thane de Cawdor est vivant, est un seigneur prospère ;  et  devenir  roi  n'entre  pas  dans  la  perspective  de  ma croyance, pas plus que d'être thane de Cawdor. Parlez, d'où tenez-vous  ces  étranges  nouvelles,  et  pourquoi  arrêtez-vous  nos pas sur ces bruyères desséchées par vos prophétiques saluts ? – Je vous somme de parler.

 (Les sorcières disparaissent.)

Vous pourrez trouver la version complète et gratuite ici

Mon avis 

Comme je le disais en introduction, je suis restée assez hermétique par rapport à la pièce, et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord, j'ai eu du mal à entrer dans celle-ci, j'étais sans arrêt obligée de reprendre plus en avant car je ne comprenais pas la plupart des phrases. Le style est trop complexe pour moi. Ensuite, j'ai également eu du mal avec les personnages dont les noms, souvent, étaient trop similaires (je ne parle pas de mr Macbeth et de lady Macbeth ;)). Enfin, l'histoire ne m'a guère semblée attrayante. Je me suis souvent forcée à continuer.

Loin de moi l'idée de critiquer cet auteur anglais qui a plus que fait ses preuves. Je crois plutôt que cela vient de moi, ou encore de la traduction de mon ouvrage. J'ai déjà remarqué qu'au théâtre, qui est souvent traduit, re-traduit et re-re-traduit, certaines traductions sont meilleures que d'autres. J'ai d'ailleurs remarqué que la traduction de la version gratuite que vous pourrez télécharger plus haut et meilleure, de mon point de vue que celle de mon exemplaire papier. Enfin, il me semble de plus en plus vrai que les pièces de théâtre sont plus faites pour être vues sur scène, plutôt qu’être lues en salle d'attente d'un cabinet médical.

Je suis tout de même contente d'avoir lu cette pièce car elle fait partie des pièces de théâtre les plus connues. Et elle me permet aussi d'avancer dans mes challenges livraddict : + 1 pour le big-challenge, +1 pour le baby-challenge théâtre et +1 encore pour le baby-challenge classique, ce qui me permet d'arriver respectivement à 20/40, 13/20 et 11/20.