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mardi 14 août 2012

L'Héritage, tome 3 : Brisingr de Christopher Paolini

Ce troisième tome commence fort avec la coopération d'Eragon et Roran pour délivrer une damoiselle en détresse. Mais l'ombre de Murtagh pèse sur Eragon. Brisingr est le troisième tome de la série. Je l'ai également bien aimé car l'auteur y développe autant son histoire que ses personnages, permettant au lecteur de suivre l'évolution de chacun.


Détails du livre
  • Titre VO : Inheritance, book 3 : Brisingr
  • Traduction : Danièle Laruelle
  • Broché: 826 pages
  • Editeur : Bayard jeunesse (12 mars 2009)
  • Collection : LITTERATURE DIV
  • ISBN-13: 978-2747014564
Quatrième de couverture

Eragon a une double promesse à tenir : aider Roran à délivrer sa fiancée, Kathrina – prisonnière des Ra’zacs –, et venger la mort de son oncle Garrow. Saphira emmène les deux cousins jusqu’à Helgrind, les Portes de la Mort, repaire des monstres.
Or, depuis que Murtagh lui a repris Zar’oc, l’épée que Brom lui avait donnée, Eragon n’est plus armé que du bâton du vieux conteur. Tandis qu’il veille au pied de la sinistre citadelle, Eragon s’interroge : viendra-t-il à bout des Ra’zacs ?
Il est vrai que, depuis la cérémonie du Sang, à Ellesméra – la cité elfique –, le jeune Dragonnier continue de se transformer, acquérant peu à peu les traits et les fabuleuses capacités d’un elfe. Et Roran mérite plus que jamais son surnom de Puissant Marteau. Quant à Saphira, elle est une combattante redoutable…
Ainsi commence cette troisième partie de l’Héritage, où l’on verra l’intrépide et altière Nasuada, chef des Vardens, subir avec bravoure l’épreuve des Longs Couteaux ; les Vardens affronter les soldats démoniaques de Galbatorix, qui ne ressentent pas la douleur ; Arya et Eragon rivaliser de délicates inventions magiques ; Murtagh chevauchant Thorn, son dragon rouge, batailler dans le ciel contre Eragon et Saphira. On s’enfoncera avec angoisse dans les obscures galeries souterraines des nains ; on se laissera séduire par Nar Garzhvog, le formidable Urgal, et par l’énigmatique Lupusänghren, l’elfe au pelage de loup ; on retrouvera avec bonheur Oromis et Glaedr, le dragon d’or ; on constatera avec jubilation que Saphira montre toujours un goût certain pour l’hydromel… Et on comprendra enfin pourquoi le roman porte ce titre énigmatique : Brisingr, Feu en ancien langage…

Un extrait

« Oui. Il est temps de partir. »
S’écartant de Saphira, Eragon recula en direction du tunnel le plus proche.
- Viens ! lui cria Roran. Vite !
« Eragon ! » s’exclama Saphira.
Il secoua la tête :
- Non. Je reste.
- Tu…, commença Roran.
Un rugissement féroce l’interrompit. Saphira donna un violent coup de queue contre la paroi de la caverne et gratta le sol dans sa rage. Les griffes raclant la pierre produisaient un grincement strident, insupportable.
- Écoute ! hurla Eragon par-dessus le vacarme. L’un des Ra’zacs est toujours en vie. Et va savoir ce qui se cache encore à Helgrind : des potions, des parchemins, des renseignements sur les activités de l’Empire, toutes choses qui nous seraient utiles ! Les Ra’zacs ont peut-être même laissé des œufs, ici. En ce cas, je dois les détruire avant que Galbatorix s’en empare.
Pour Saphira, il ajouta mentalement :
« Je ne peux pas tuer Sloan, il ne faut pas que Roran et Katrina le voient ; je ne tiens pas non plus à ce qu’il meure de faim dans son cachot, ou à ce qu’il soit repris par les sbires de Galbatorix. Je suis désolé, c’est à moi de veiller sur son sort. »
- Comment comptes-tu quitter l’Empire, cousin ? s’inquiéta Roran.
- En courant. Souviens-toi que je suis aussi rapide que les elfes.
Le bout de la queue de Saphira remua. Sans plus d’avertissement, elle bondit vers Eragon, qui battit en retraite dans le tunnel alors même qu’elle tendait une patte scintillante pour l’agripper.
La dragonne pila devant l’entrée trop étroite pour elle et gronda de frustration. Sa masse bloquait toute lumière ; les parois vibraient tandis qu’elle tentait d’agrandir l’ouverture, brisant la pierre de ses griffes, de ses crocs. Ses grognements sauvages, la vue de sa gueule béante aux dents longues comme un avant-bras emplirent Eragon de terreur. Il comprit alors ce qu’éprouvait le lapin au fond de son terrier quand le prédateur qui l’y avait acculé se mettait à creuser.
- Gánga ! s’écria-t-il.
« Non ! »
Posant la tête sur le sol, Saphira leva vers lui un regard pitoyable, puis émit une plainte déchirante.
- Gánga ! Je t’aime, Saphira, mais il faut que tu t’en ailles.
Elle s’éloigna du tunnel, reniflant et miaulant comme un chat.
« Petit homme… »
Il regrettait de lui faire de la peine et n’avait aucune envie de l’obliger à partir. Cette séparation lui fendait le cœur. La douleur de Saphira déferlait sur lui par le lien qui les unissait et s’ajoutait à son angoisse. Presque tétanisé, il rassembla tout son courage pour lui dire :
- Gánga ! Et ne reviens pas me chercher, n’envoie personne d’autre. Je m’en tirerai seul. Gánga ! Gánga !
Avec un feulement exaspéré, elle finit par céder et gagner l’entrée de la grotte.
- Eragon, viens ! lança Roran du haut de la selle. Ne fais pas l’imbécile ! Tu es trop précieux pour risq…
Un tourbillon de bruit et de mouvement emporta le reste de la phrase : Saphira prenait son essor. Dans le ciel limpide, ses écailles scintillaient comme des milliers de diamants bleus. « Elle est superbe, songea Eragon. Fière, noble, plus belle que toute autre créature vivante. Aucun cerf, aucun lion n’égale la majesté d’un dragon en vol. »
« Je te donne une semaine, Eragon. Une semaine, pas plus. Et je reviendrai te chercher, dussé-je me battre contre Thorn, Shruikan et mille magiciens pour te rejoindre. »
Il la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse, jusqu’à perdre tout contact mental avec elle. Puis, le cœur lourd, il redressa les épaules, tourna le dos au soleil, à la lumière et à la vie pour s’enfoncer une fois de plus dans les ténèbres des tunnels.

Mon avis

Il faut tout d'abord rappeler que cette série est une série de fantasy destinée à la jeunesse. Cependant, les lecteurs adultes peuvent y trouver leur compte si tant est qu'ils n'oublient pas ce détail. J'ai pour ma part pris du plaisir en lisant cette série pendant mes vacances car elle se lit très vite et n'est pas bien compliquée. 

Le style de l'auteur est toujours fluide et facile, même si j'ai trouvé que ce troisième tome était peut-être plus finement écrit. Cependant, je viens de voir que la traductrice avait changé entre le tome 2 et le tome 3, alors peut-être est-ce un apport de la traduction. J'ai beaucoup aimé lire la partie concertant la formation de Brisingr !

L'histoire progresse, même si parfois on a l'impression que l'armée fait du sur place. D'un autre côté, une grande armée ne se déplace pas si facilement, sans oublier qu'il arrive toujours quelque chose à nos héros :)
L'action est très présente, justement pour cette raison. Les réponses à certains de nos questions commencent à arriver. Il est cependant dommage que certaines choses n'aient été que survolées alors que d'autres sont plus que largement traitées.

Les personnages évoluent, ainsi que les relations entre ces personnages. L'auteur entre plus dans les détails et également en profondeur. J'ai encore une fois aimé les passages où Roran est en action, même si je trouve sa chance insultante, on ne peut pas lui enlever la puissance de son esprit, sans oublier celle de son marteau ;)
J'ai également beaucoup aimé l'apport des Urgals au récit. La tolérance est un grand thème abordé dans ce livre

En bref, un troisième tome intéressant, riche en action, qui se lit très vite !

samedi 11 août 2012

L'Héritage, tome 2 : L'Aîné de Christopher Paolini

Avec énormément de chroniques en retard, je profite d'un petit temps mort pour m'avancer un peu. Je vais vous parler aujourd'hui du deuxième tome d'Eragon (j'ai terminé cette nuit le 4ème et dernier tome) afin d'essayer de ne pas tout mélanger.
Dans le premier tome, nous avions découvert le monde inventé par ce jeune (très jeune auteur) Christopher Paolini. Tout comme premier tome qui est de la fantasy légère et facile, parfaite pour des vacances, j'ai apprécié le deuxième tome.


Détails du livre
  •  Titre VO : Inheritance, book 2 : Eldest
  • Traduction : Marie-Hélène Delval
  • Broché: 804 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (23 février 2006)
  • Collection : LITTERATURE DIV
  • ISBN-13: 978-2747014557
Quatrième de couverture

Eragon et sa dragonne, Saphira, sortent à peine de la victoire de Farthen Dûr contre les Urgals, qu’une nouvelle horde de monstres fait son apparition… Ajihad, le chef des Vardens, est tué. Nommée par le Conseil des Anciens, sa fille, Nasuada, prend la tête des rebelles. Eragon et Saphira lui prêtent allégeance avant d’entreprendre un long et périlleux voyage vers le royaume des elfes, à Ellesméra, où le garçon poursuit sa formation de dragonnier.
Là, il découvre avec stupeur qu’Arya est la fille de la reine Islanzadì. Cette dernière leur présente en secret un dragon d’or, Glaedr, chevauché par un Dragonnier, Oromis, qui n’est autre que le Sageen- Deuil, l’Estropié-qui-est-Tout, le personnage qui était apparu à Eragon lorsqu’il délirait, blessé par l’Ombre. Oromis va devenir son maître. La formation du jeune Dragonnier se révèle éprouvante. Pendant ce temps, à Carvahall, Roran, son cousin, a engagé le combat contre les Ra’zacs. Ceux-ci, persuadés qu’il détient l’oeuf de dragon qu’Eragon avait trouvée sur la Crête, kidnappent sa fiancée. Prêt à tout pour la sauver, Roran comprend cependant qu’il n’est pas de taille à les affronter. Il convainc les villageois de traverser la Crête pour rejoindre les rebelles au Surda, en guerre contre le roi de l’Empire, le cruel Galbatorix. Or,Nasuada, de son côté, emmène au Surda le peuple des Vardens...
Un extrait
 
Eragon patienta avec les autres, répondant à ceux qui lui adressaient la parole, mais préférant converser avec Saphira dans le secret de son esprit. Le silence qui régnait sur Farthen Dûr lui convenait.
Une demi-heure passa avant qu’un mouvement s’esquisse du côté du tunnel. Une dizaine d’hommes s’en extirpèrent, puis aidèrent des nains à sortir. L’un des hommes – Ajihad, probablement – leva la main, et les guerriers se rangèrent en double ligne derrière lui. Au signal de leur chef, ils avancèrent d’un pas fier vers Tronjheim.
La troupe avait parcouru quelques mètres quand une curieuse agitation se produisit à l’entrée de la galerie : d’autres silhouettes en jaillissaient, comme des abeilles surgissant d’une ruche. Eragon plissa les yeux pour mieux voir, mais c’était trop loin. Il sentit alors le corps de Saphira vibrer comme la corde d’un arc trop tendue :
« Ce sont des Urgals. »
Eragon ne posa pas de question. Il cria :
— Des Urgals !
Et il sauta sur le dos de la dragonne, se maudissant d’avoir laissé son épée dans sa chambre. Personne n’avait envisagé la possibilité d’une nouvelle attaque après que l’armée des monstres eut été mise en fuite.

Mon avis

Le style de l'auteur est toujours fluide et simple. L'action est toujours très présente et le livre se lit très. 
L'histoire n'est pas vraiment originale quoi que j'ai été agréablement surprise par la partie de l'histoire qui concerne Roran, quand bien même celle-ci semble être favorisée largement par la chance. Une autre surprise est l'apparition d'un autre dragon ainsi que son dragonnier, même que l'auteur nous fait deux fois la surprise !

J'ai également beaucoup apprécié la formation du couple dragon/dragonnier, même si, elle semble vraiment rapide pour quelqu'un qui doit sauver le monde.
Je trouve dommage que certaines pistes n'aient pas été exploitées alors que d'autres apparaissent presque par magie. Par exemple, la confrontation qui aurait pu naître de la succession entre Nasuada et les anciens des Vardens, mais la disparition "par magie" des douleurs d'Éragon.

Les personnages sont toujours attachants, quoique Arya, perde beaucoup de son charme, mais j'ai trouvé de nouveaux chouchous en les personnes de Roran et Kathrina. Je n'ai pas du tout apprécié le roi Orrin, d'autant qu'il n'a aucune utilité à l'histoire. On se demande parfois si l'auteur ne voulait pas lui faire jouer un rôle plus important mais y a renoncé. 

En conclusion, un deuxième tome facile et plaisant à lire qui recèle plusieurs surprises, même si l'histoire suit toujours plus ou moins des pistes dites "faciles".


mercredi 18 juillet 2012

L'Héritage, tome 1 : Eragon de Christopher Paolini


J'attends de lire cette série depuis la sortie du premier tome. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous savez à quel point j'aime les séries et Oh combien j'en ai en cours... Étant de temps en temps (oh, rarement) raisonnable, j'ai décidé de me procurer cette série seulement quand le 4ème et dernier tome serait sorti.
J'ai donc entamé cette série, décidée à la terminer avant la fin de l'été et ce premier tome m'a beaucoup plu, quand bien même cela reste de la fantasy « jeunesse ».


Détails du livre 
  • Titre VO : Inheritance, book 1 : Eragon
  • Traducteur : Marie-Hélène Delval
  • Broché: 698 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse; Édition : édition 2010 (4 mars 2010)
  • Collection : ROMAN JE BOUQUI
  • ISBN-13: 978-2747033343
Quatrième de couverture

Un garçon...
Un dragon...
Une épopée...

Voilà bien longtemps que le mal règne dans l'Empire de l'Alagaësia... Et puis, un jour, le jeune Eragon découvre au cœur de la forêt une magnifique pierre bleue, étrangement lisse. Fasciné et effrayé, il l'emporte à Carvahall, le village où il vit très simplement avec son oncle et son cousin. Il n'imagine pas alors qu'il s'agit d'une œuf, et qu'un dragon, porteur d'un héritage ancestral, aussi vieux que l'Empire lui-même, va en éclore... Très vite, la vie d'Eragon est bouleversée. Contraint de quitter les siens, il s'engage dans une quête qui le mènera aux confins de l'Alagaësia. Armé de son épée et guidé par les conseils de Brom, le vieux conteur, Eragon va devoir affronter, avec son jeune dragon, les terribles ennemis envoyés par le roi dont la malveillance démoniaque ne connaît aucune limite.
Eragon n'a que quinze ans, mais le destin de l'Empire est désormais entre ses mains !

Un extrait

- Les sables du temps, nul ne peut les arrêter. Les grains s’écoulent, les années passent, que nous le voulions ou non… et pourtant, les souvenirs restent. Ce que nous avons perdu se perpétue dans nos mémoires. Ce que vous allez entendre est imparfait et incomplet. Néanmoins, écoutez cette histoire, chérissez-la, car, sans vous, elle ne serait pas. Je vais exhumer pour vous ce trésor longtemps égaré, oublié, caché dans les brumes mystérieuses du passé…
Les yeux vifs du récitant scrutèrent les visages captivés des spectateurs et s’arrêtèrent sur celui d’Eragon.
- Avant la naissance des pères de vos arrière-grands-pères, reprit Brom, la Confrérie des Dragonniers existait déjà. Protéger et surveiller nos terres grâce aux dragons et aux pouvoirs que ceux-ci leur conféraient, telle était la mission de ses membres. Durant des milliers d’années, ils s’en acquittèrent avec honneur. Leurs prouesses dans les batailles étaient sans équivalent, car chaque Dragonnier avait la force de dix soldats. Ils étaient immortels, ou presque : seul l’acier pouvait les transpercer ; seul le poison pouvait les terrasser. Ils se servaient de leur puissance pour accomplir le bien – et seulement le bien ; aussi, sous leur tutelle, des villes prospères s’érigèrent-elles. Tant que les Dragonniers assurèrent la paix, l’Alagaësia fut florissante. C’était un âge d’or. Les elfes étaient nos alliés, et les nains nos amis ; la richesse et la joie de vivre irradiaient des cités. Hélas, cela ne pouvait durer…
Brom baissa les yeux et se tut. Puis il reprit avec dans la voix une tristesse infinie :
Nul ennemi ne pouvait détruire la Confrérie, mais personne ne pouvait protéger les Dragonniers contre eux-mêmes. Or, lorsque la Confrérie était au faîte de sa puissance, il advint qu’un garçon, du nom de Galbatorix, naquit dans la province d’Inzilbêth, aujourd’hui disparue. À dix ans, on l’évalua, ainsi que le voulait la coutume, et on décela en lui un potentiel exceptionnel. Les Dragonniers l’acceptèrent comme l’un des leurs. Galbatorix subit leur entraînement, et montra des dons remarquables. Doué d’un esprit hors du commun et d’un corps d’une force extraordinaire, il quitta rapidement les rangs des apprentis pour rejoindre ceux des Confrères. Certains jugèrent que cette promotion brutale était risquée ; las, le pouvoir avait érodé la modestie des Dragonniers ; ils étaient devenus trop arrogants pour prendre en compte les mises en garde. C’est ainsi qu’ils signèrent leur arrêt de mort…
Brom reprit son souffle avant de continuer :
- Donc, peu après que son entraînement fut terminé, Galbatorix partit pour un périple fort aventureux en compagnie de deux amis, à dos de dragon. Loin dans les terres septentrionales, ils s’aventurèrent, volant jour et nuit. Ils se hasardèrent profondément dans les territoires des Urgals, car, présomptueux, ils pensaient que leurs pouvoirs suffiraient à les protéger. Là-bas, alors qu’ils se reposaient enfin sur une épaisse couche de glace qui ne fond jamais, même en été, ils furent pris dans une embuscade tendue par les Urgals. Les deux compagnons de Galbatorix et leurs dragons furent massacrés. Cependant, malgré de graves blessures, Galbatorix réussit à mettre les monstres en déroute. Le malheur voulut qu’une flèche ennemie vînt se ficher dans le cœur de sa dragonne. Incapable de la guérir, Galbatorix la vit mourir dans ses bras. Ainsi furent plantées les graines de sa folie…
Le conteur joignit les mains et tourna lentement la tête pour observer l’assistance. Les ombres projetées par les flambeaux dansaient sur son visage fatigué. Les mots qu’il prononça ensuite furent graves et profonds, tel un glas.
- Seul, privé d’une grande partie de sa force, rendu presque fou de douleur par la perte de sa monture, Galbatorix erra comme une âme en peine dans un territoire désolé, appelant la mort. Mais la mort ne voulut pas de lui. Il eut beau se jeter sans crainte au-devant des monstres les plus redoutables, la mort ne voulut pas de lui. Les Urgals eux-mêmes s’enfuyaient à l’approche de cette manière de fantôme. C’est alors qu’il vint à l’esprit de Galbatorix que, peut-être, la Confrérie lui offrirait un autre dragon. Poussé par cette idée, il entreprit un voyage épuisant, à pied, à travers la Crête, qu’il avait survolée en un clin d’œil sur le dos de sa dragonne. Il lui fallut plusieurs mois pour la parcourir dans l’autre sens. Il pouvait chasser grâce à la magie, mais, maintes fois, il emprunta des chemins où même les animaux n’osaient pas se risquer. Tant et si bien que, lorsqu’il eut enfin franchi les montagnes, il était plus mort que vif. Un fermier, le trouvant évanoui dans la boue, prévint les Dragonniers. Ceux-ci emmenèrent leur confrère inconscient dans leur retraite. Là, Galbatorix dormit quatre jours, et son corps guérit : lorsqu’il se réveilla, il dissimula la fièvre qui faisait bouillir son esprit. Devant le conseil chargé de le juger, Galbatorix réclama un autre dragon. La véhémence de sa requête révéla sa démence. Le conseil découvrit son vrai visage et repoussa sa demande. Galbatorix était désespéré. Berné par son délire, il parvint à se persuader que sa dragonne était morte par la faute des Dragonniers. Nuit après nuit, il se convainquit de la véracité de son mensonge, et il mit au point une terrible vengeance…
La voix de Brom n’était plus qu’un souffle hypnotisant :
- Il trouva un Dragonnier compréhensif et, piquant sa sympathie, il inocula au malheureux le poison de sa folie. Il multiplia les démonstrations faussées ; il recourut aux secrets de magie noire qu’un Ombre lui avait enseignés au cours de ses errances ; à force, il sut enflammer l’esprit du Dragonnier contre les Anciens. Ensemble, ils attirèrent traîtreusement l’un d’eux dans un piège pour le tuer. Le crime accompli, Galbatorix se retourna contre son complice et l’abattit. Les Dragonniers le surprirent à ce moment-là, les mains pleines de sang. Un cri de rage tordit les lèvres de Galbatorix, qui s’enfuit dans la nuit. Sa folie le rendait si rusé qu’on ne le retrouva point. Pendant des années, Galbatorix se cacha dans les Terres désertiques, tel un animal traqué. Nul n’oubliait ses atrocités, mais, le temps passant, on finit par abandonner les poursuites. Cependant, la mauvaise fortune frappa de nouveau : Galbatorix rencontra Morzan, un jeune Dragonnier de constitution solide, mais d’esprit fragile. Galbatorix le persuada de laisser une porte ouverte dans la citadelle d’Ilirea – qu’on appelle Urû’baen de nos jours. Galbatorix s’y faufila et vola un œuf de dragon. Son disciple et lui se cachèrent dans un endroit où les Dragonniers ne s’aventuraient jamais. Là, Morzan commença son initiation aux forces maléfiques. Galbatorix lui enseigna des secrets interdits qui n’auraient jamais dû être dévoilés. Là naquit et grandit le dragon noir de Galbatorix, nommé Shruikan. Lorsque Shruikan eut atteint sa taille d’adulte, et que Morzan eut terminé son apprentissage, Galbatorix se révéla au monde, Morzan à ses côtés. Ensemble, ils combattirent tous les Dragonniers qu’ils croisèrent. À chaque fois qu’ils en tuaient un, leurs forces grandissaient. Douze Confrères se rallièrent à Galbatorix, mus par le goût du pouvoir et le ressentiment. Avec Morzan, ils devinrent les Treize Parjures. Les Dragonniers survivants, déconcertés par cette alliance, succombèrent à l’assaut des traîtres. Les elfes, à leur tour, livrèrent un combat acharné à Galbatorix ; mais, dépassés, ils furent contraints de se replier sur leurs terres secrètes, d’où ils ne ressortirent plus jamais. Seul Vrael, le chef des Dragonniers, sut résister à Galbatorix et aux Parjures. Homme d’expérience, âgé et sage, il lutta pour sauver ce qui pouvait encore l’être, et empêcha ses ennemis de mettre la main sur les derniers dragons. Au cours de l’ultime bataille, devant les portes de Dorú Areaba, Vrael vainquit Galbatorix, mais il répugna à l’achever. Mal lui en prit : Galbatorix profita de son hésitation pour lui porter un coup violent sur le côté. Grièvement blessé, Vrael se réfugia dans la montagne d’Utgard, où il espérait reprendre des forces. Il n’en eut pas le loisir. Galbatorix le retrouva, le défia et le blessa à l’entrejambe. Grâce à cette fourberie, il put dominer Vrael et le décapita d’un coup d’épée. Alors, un flot nouveau de puissance coula dans les veines de Galbatorix, qui se proclama maître et seigneur de toute l’Alagaësia. Son règne avait commencé ; il dure encore.

Mon avis


L'extrait ci-dessus présente l'histoire des Dragonniers et donne un constat de la situation générale de l’Alagaësia, pays où se déroule la plupart de l'action de cette tétralogie. On apprend très vite quels sont les différents peuples qui habitent dans la région, ceux qui sont rangés du côté de la force et les autres qui, forcément, sont du côté obscur de la force :)
Ce premier tome commence sur les chapeaux de roues et l'action restera présente au fil des pages.

Le style de l'auteur est simple, fluide, l'humour ponctue régulièrement l'histoire et les chapitres sont assez courts et bien rythmés laissant toujours légèrement le lecteur sur sa faim à la fin des chapitres.

Les personnages sont attachants. Chaque personnage est bien décrit et possède son petit caractère.
J'ai vraiment apprécié de découvrir les relations entre un dragon et son dragonnier, ainsi que l’entraînement de celui-ci à qui tout ne réussit pas toujours du premier coup.

Le secret est au cœur de ce livre : presque tout le monde a ses secrets et bien peu sont révélés dans ce premier tome. Ce qui laisse beaucoup de marge pour les tomes suivants !!!

Toutefois, il y a très peu de surprise dans ce livre. Toutes les ficelles de la fantasy standard sont tirées : souvent on repense en lisant à d'autres livres du même genre où il se passe des événements similaires. Par exemple, le jeune héros qui se forme tout en fuyant son lieu de naissance en bougonnant : mais pourquoi moi ?

En conclusion, de la bonne fantasy dite jeunesse qui peut aussi satisfaire les plus grands. Une histoire pas vraiment originale mais avec laquelle j'ai toutefois pris beaucoup de plaisir.Un premier tome qui ne peut que donner envie de lire la suit.

mardi 24 avril 2012

Indiana Teller, tome 2 : Lune d'été de Sophie Audouin-Mamikonian

Le premier tome d'Indiana Teller a été un très gros coup de cœur l'année dernière et ce deuxième opus en est indubitablement un pour cette année. Car aussitôt sorti en librairie que je me suis jetée dessus. J'ai tout de même pris le temps plaisir de relire le premier tome, augmentant ainsi encore l'effet "j'adÖre" sur la série. 
J'ai retrouvé avec plaisir le style de l'auteure, mais surtout les personnages qui sont toujours criants de vérité... Comment ça les loups-garous n'existent pas ???


Détails du livre
  • Broché: 368 pages
  • Éditeur : MICHEL LAFON (29 mars 2012)
  • Collection : Indiana Teller
  • ISBN-13: 978-2749916057
Quatrième de couverture

Dans les interminables plaines du Montana s'étend le Lykos Ranch. Alentour, les voisins sont loin de se douter que ses occupants sont les membres de l'un des clans de loups-garous les plus puissants d'Amérique du Nord. Parmi eux, un seul humain a sa place : Indiana Teller.

Alors qu'Indiana se remet à peine de l'enlèvement de sa mère, le père de sa petite amie Katerina est sauvagement agressé, laissé à moitié mort. Une seule certitude : cette attaque n'est pas d'origine humaine. Le jeune homme est prêt à tout pour découvrir l'auteur de cet ignoble crime. À moins qu'il ne s'agisse d'un complot visant à l'éloigner des siens... et à détruire ce qui l'unit à celle qu'il aime ?
Entre une nouvelle menace vampire et les haines qui déchirent les clans, Indiana a plus que jamais besoin de ses dons de rebrousse-temps pour élucider ces mystères. Saura-t-il maîtriser ce pouvoir capricieux? Et comment protéger Katerina de ces sombres machinations ? Car la nuit, tous les loups sont gris, et un traître pourrait bien se cacher parmi eux...

Un extrait

Toutes ces pensées me traversèrent l'esprit en quelques secondes avant que l'une des vampires, celle qui arborait un insigne de chasseur, ne s'approche de moi.
Une... une jeune fille. Pas plus âgée que Katarina, apparemment. Bon, pour ce que j'en savais... Elle avait peut-être mille ans, mais elle paraissait fraîche. Et ravissante. Sacrément ravissante. De longs cheveux aussi noirs que ceux de ma Katarina, mais moins bouclés, un visage pâle de magnifiques yeux d'un bleu presque violet. Rien que de se plonger dans ces yeux-là, on avait envie de s'y noyer.
Sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, elle était chaude. Parce que les vampires, habituellement, sont plutôt froids. Le sang qu'ils absorbent ne leur permet pas d'atteindre la même température que celle des humains. Mais cette fille-là semblait rayonner par rapport aux quatre autres, et sa peau fumait légèrement dans le froid glacial. C'était très étrange. Et son pouvoir de séduction avait l'air infiniment plus puissant que celui des autres vampires.
Je clignais des yeux. Les loups-garous, normalement, ne sont pas sensibles au Charisme des vampires. Sauf que moi, même si j'avais quelques caractéristiques bizarres du type un bon odorat, des oreilles sensibles et une excellente vue, je n'étais pas un loup-garou.
La vampire eut juste à sourire et j'eus les genoux en marmelade. Même si elle dévoila ses longues canines, cela ne me refroidit pas. Chuck accentua son grognement et le sourire de la vampire se fana légèrement.
- Retiens ton toutou, me fit-elle d'une voix sucrée. Nous ne sommes pas ici pour te faire du mal.
Elle me dévisagea et ajouta avec délice :
- Du moins, pas encore.

Mon avis

N'ayant jamais lu Tara Duncan (quelle honte ! - surtout qu'ils sont tous dans la chambre de ma fille), je ne suis pas coutumière du style de Sophie Audouin-Mamikonian et c'est avec énormément de plaisir que je l'ai redécouvert dans ce deuxième tome. Il est rapide, fluide et plein de clins d’œil à la vie réelle comme des séries télé ou encore des livres. J'ai éclaté de rire de très nombreuses fois : l'humour est omniprésent. Les pages se tournent malheureusement toutes seules et on arrive à la fin du livre la mort dans l'âme car la suite est loin d'être parue.

L'action n'est pas en reste, loin de là car de bout en bout du livre, le lecteur ne peut que trembler, fulminer ou encore se réjouir des aventures d'Indiana et de sa meute. L'histoire reprend peu de temps après la fin du premier tome. La relation entre Indiana et Katarina s'est, pendant ce court laps de temps approfondie. La meute, a défaut d'avoir accepté leur relation a accepté Seamus et sa fille comme membres d'honneur.
On en apprend plus sur le passé lointain d'Indiana : sur ses parents et sur la folie de sa mère qui semble légèrement moins grave que prévue.
L'histoire s'enrichit très vite grâce à l'apparition de "quelques" vampires dont l'auteur n'avait fait que parler dans le premier tome. Elle en profite pour expliquer sa propre vision de la mythologie vampire, ainsi qu'elle l'avait fait pour la mythologie lupine.

Les personnages sont vraiment géniaux, l'auteure sait faire évoluer chacun de ses personnages avec son propre style. On retrouve avec plaisir ses personnages préférés : Alex et Indiana pour moi, mais encore en découvrir de nouveaux comme ces vampires qui arrivent mettre leur grain de sel. J'ai également beaucoup apprécié l’approfondissement des personnages de la Grand-mère d'Indiana et de Nanny.
Les relations entre les différents personnages sont vraiment bien écrites, même si Indiana et Axel ont tendance a perdre un peu trop leurs cerveaux quand leurs chéries sont dans le coin, une attitude un peu plus mâture aurait été, à mon goût, mieux perçue par les lecteurs plus âgés qu'adolescents.
C'est un très léger bémol que j'ai trouvé, mais qui n'est absolument rien du tout par rapport à la terrifiante idée qu'on va devoir encore attendre très longtemps pour lire la suite, surtout après la fin de ce deuxième tome qui ne peut que nous mettre l'écume à la gueule...

En conclusion, un deuxième tome qui a du loup... garou (s'il vous plaît) et qui n'appelle qu’à une seule chose : lire la suite, ou le début, si ce n'est pas encore fait !!!

mardi 20 mars 2012

Le Livre de Saskia, tome 2 : L'Epreuve de Marie Pavlenko

J'avais été choisi l'année dernière pour le partenariat du tome 1 du livre de Saskia et je n'ai su résister à l'appel du partenariat entre les Éditions Scrineo Jeunesse et Livraddict pour le 2ème tome. 
Je les remercie car j'ai passé un très bon moment : tout comme l'avait été le premier tome, c'est un coup de cœur. À quand la suite et fin ?


Détails du livre
  • Broché: 480 pages
  • Éditeur : SCRINEO EDITIONS (15 mars 2012)
  • Collection : SCRINEO JEUNESSE
  • ISBN-13: 978-2919755110
Quatrième de couverture

Saskia plonge dans un monde mystérieux, celui des Enkidars, créatures ailées millénaires, dont elle se met en devoir d'apprendre la culture, la langue, les codes. Dans ce monde inédit, il lui faut trouver sa place. Or cette place a tout l'air d'être exceptionnelle : Saskia serait en effet le Troisième Enkidar annoncé par une prophétie très ancienne. Si c'est le cas, elle est appelée à réconcilier Gardiens et Faucheurs, deux peuples ennemis depuis la nuit des temps. Saskia devra pénétrer cet univers enchanté, se faire accepter, déjouer les pièges que lui tendent ses ennemis, et rencontrer ses vrais parents. Soutenue par Tod, son amour, par des amis précieux, aidée de son Kartan, pierre magique unique, elle affrontera machinations et dangers pour accomplir sa destinée.

Un extrait

Maintenant  j'étais là, à me relever péniblement, et mon Sauvetage sentait le roussi. Car il s'agissait d'un Sauvetage !
- Saskia... Concentre-toi, me secoua Tod. Qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce que tu dois faire ?
Sa voix était calme, posée. Elle ne réussit pourtant pas à estomper mon appréhension grandissante. J'étais novice et j’avais à mes côtés un Faucheur. Pour sauver quelqu'un. La poisse.
- J'ai mal...ânnonnai-je, foudroyée.
- Saskia, répéta Tod, la douleur disparaîtra quand tu l'auras Sauvé, ça, j'ai compris. Alors dis-moi comment je peux t'aider !
- J'ai vu ... des trucs.
- Quel genre de trucs ? me pressa-t-il.
- Un vieux monsieur, dans une clairière.
- Celle vers laquelle on se dirigeait ?
Je hochai la tête. Je n'étais plus que deux reins embrasés.
- Je suppose que tu ne peux pas voler... lança Tod. OK, ça ne doit plus être très loin, reprit-il, encourageant. Viens, je vais te porter.
Il me saisit par la taille, ses mèches brunes venant chatouiller mon front, me souleva, et avança d'une démarche ferme. Ses ailes aussi avaient disparu. Son scramasaxe, toujours accroché contre son dos, butait contre mon bras à chacun de ses pas. Mes pieds touchaient à peine le sol tendre jonché de feuilles.

Mon avis

Le premier tome était un tome d'introduction, même si on ne s'était pas ennuyé une seconde. Dans ce deuxième volet, l'histoire se poursuit, la trame se complexifie et l'action, qu'elle soit physique ou spirituelle est encore plus au rendez-vous. Le tout est généreusement servie par un style incroyablement fluide qui ne laisse aucune pause au lecteur, si tant est qu'il en aurait eu envie. Tout comme avec le premier tome, l'auteur nous livre une suite d'une incroyable richesse.

L'histoire, maintenant que nous avons les bases, reprend au même endroit où nous l'avions quittée et va prendre un tournant décisif. Saskia doit rencontrer son peuple, les Faucheurs car sa sécurité n'est plus assurée dans le monde des Humains. Elle va rencontrer sa belle famille ainsi que son père biologique. Et comme si cela ne suffisait pas, elle doit en outre résoudre un problème de taille : Tod la croit au centre d'une prophétie !

Le style de l'auteur nous enchante de bout en bout. Elle nous fait passer, grâce à sa plume, par tout un tas d'émotions. Saskia nous enchante, puis subitement nous énerve, pour ensuite nous choquer et enfin nous enchanter de nouveau etc.
Son style arrive également à nous faire croire en plein milieu d'un roman policier, où on ne sait plus à qui se vouer : traîtrise, espionnage et défiance sont les maîtres mots de ce volet. D'autant qu'une fois chez les faucheurs, Tod laisse Saskia pour s'occuper de politique, par égard pour son père, chef de clan.

On rencontre bien sûr de nouveaux personnages qui sont très agréables ou bien très antipathiques. Le problème étant, comme je le disais plus haut, qu'on ne sait pas à qui se fier. On découvre dans ce tome le mode de vie des Faucheurs. Ils sont francs et ne s'encombrent pas de la politesse.
Les personnages du premier tome sont toujours aussi attachants, qu'ils soient Faucheurs, Gardiens ou Humains ^^

J'ai beaucoup apprécié qu'au début du livre l'auteur nous remémore le premier tome en quelques pages, mais je regrette de n'avoir pas pris le temps de le relire avant d'entamer celui-ci car il y a une multitude de détails dont je ne me souvenais plus.
Enfin, je dois dire que je n'ai pas lâché le livre jusqu'à l'avoir  fini. Et là ... malheureuse, pauvre de moi ! L'auteure veut sans doute la mort du lecteur par apoplexie car elle nous livre un "petit" cliffanger qui j'en suis sûre séduira certains et fera bondir les autres (dont je fais partie) :)

En conclusion, un deuxième tome qui est dans la totale continuité du premier. Une seule chose à dire : lisez cette série française qui vaut vraiment le détour ! Pour ma part, les deux tomes  sont deux très gros coups de cœur.

samedi 18 février 2012

Simple de Marie-Aude Murail

J'ai rencontré cette auteure au travers de Miss Charity, un de mes plus gros coups de cœur de l'année 2010. Depuis tout ce temps, ce petit livre s’ennuie dans ma PAL et malgré les très belles chroniques que j'ai pu lire dessus, je n'ai jamais eu l’occasion de l'en sortir. C'est chose faite : monsieur Pinpin est sorti de sa boîte et j'ai pu enfin faire la connaissance de Simple.
Ce livre, tout en douceur et en tendresse, n'est pas sans me rappeler une autre très belle découverte : Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris. Entre rires et larmes, Simple est un livre qui m'a énormément touchée. C'est mon deuxième coup de cœur de l'année 2012 !


Détails du livre
  • Broché: 206 pages
  • Editeur : École des loisirs; Édition : L'ECOLE DES LOISIRS (20 août 2004)
  • Collection : Médium
  • ISBN-13: 978-2211074698
Quatrième de couverture

Simple dit " oh, oh, vilain mot " quand Kléber, son frère, jure et peste.
Il dit " j'aime personne, ici " quand il n'aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud'hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d'âge civil. Trois d'âge mental. Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s'occuper de Simple.
Simple a un autre ami que son frère. C'est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie à la mort. Il va tuer Malicroix, l'institution pour débiles où le père de Simple a voulu l'enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule. Rien n'est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber. Mais le jour où Kléber a l'idée d'habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué.

Un extrait

Après avoir avalé un kilo de nouilles à eux deux, ils se retrouvèrent dans la minuscule chambre que la grand-tante avait mise à leur disposition. Kléber sortit son téléphone portable. Simple l'épiait toujours.
- T'as un téphélone, toi, dit-il d'un ton d'envie. Pourquoi j'ai pas un téphélone ?
- Parce que tu es trop petit, répondit distraitement Kléber. Alors, 01... 48...
- 12, 3, B, 1000, 100.
Kléber se passa la main sur le front. son frère l'avait encore embrouillé. De toute façon, à quoi bon appeler leur père ? Monsieur Maluri ne connaissait qu'une solution : l'institution. Il lui dirait de remettre Simple à Malicroix.
- Coucou ! fit une voix malicieuse.
Simple, assis en tailleur sur le lit, cachait quelque chose derrière lui. Il répéta "coucou" sur un ton prometteur. deux oreilles de tissus flasque et grisâtre dépassèrent de son dos. Il les agita.
- Manquait plus que lui, marmonna Kléber.
- C'est qui ?
- Je ne sais pas.
Il fallait faire durer le plaisir.
- C'est avec "in" dedans, dit Simple.
- C'est un lutin ?
- Non !
- C'est un requin ?
Simple s'étouffait de rire.
- C'est monsieur Pinpin ?
- Ouiiii ! hurla Simple en brandissant un vieux lapin en peluche dont les oreilles avaient la tremblote.

Mon avis

Il est, à mon sens très difficile de ne pas aimer ce livre car il est difficile de ne pas se prendre d'affection pour ces deux frères que tout oppose mais qui ne sont rien l'un sans l'autre. Les personnages sont en effet, les pions majeurs de ce livre, bien que j'aime également beaucoup le style fluide et dynamique de Marie-Aude Murail.

L'histoire est simple : ce sont deux frères qui réclament le droit de vivre ensemble. Alors que le plus vieux a 21 ans et est handicapé mental, le plus jeune est au lycée et souhaite devenir le pivot de famille, mais c'est loin d'être facile. Saura-t-il jouer ce rôle, quitte à perdre sa liberté ou son indépendance ? Quel est le regard des gens et les réactions autour de Simple ? Autant de questions dont on trouve quelques pistes de réponse à travers ce petit livre. 

La relation entre les deux frères est vraiment le cœur de cet ouvrage. On peut deviner toutes les émotions par lesquelles passe chacun des deux frères, que ce soit les bonnes comme les mauvaises car on a beau vouloir faire le bien, il n'est jamais facile d'abandonner ses envies, ses plaisirs voire même sa vie pour aider autrui, quand bien même il serait votre frère.
On voit donc Kléber (le jeune frère) se débattre avec l'équilibre qu'il essaie de mettre en place, on voit Simple qui vit sa vie sans se poser de question, qui suit les conseils souvent mal avisés de son conseiller le plus précieux monsieur Pinpin ou encore qui par moment est extrêmement touchant d'intelligence !
Les personnages secondaires sont également remarquables, chacun avec son histoire, chacun avec ses doutes et ses espoirs. J'ai beaucoup aimé Enzo qui sans l'air de rien mène son petit bout  de chemin au contact de Simple, de même que monsieur Villedieu.

Les thèmes qu'on trouve dans ce livre jeunesse sont la tolérance, le handicap, le regard des autres, autant de thèmes difficiles et importants qui peuvent et/ou doivent être abordés lors de cette période de la vie.

Un très beau coup de cœur qui entre rires et larmes met du baume sur notre cœur contre les intempéries de l'hiver mais aussi de la vie ! 

Ce livre compte pour le big challenge livraddict 2012 (3/15) et le baby-challenge jeunesse 2012 (7/20)

lundi 16 janvier 2012

A comme Association, tome 6 : Ce qui dort dans la nuit de Erik L'Homme

Ce 6ème tome est un tome de transition. Il fait le bilan des événements du 5ème et fait entrer des éléments nouveaux qui vont permettre de développer l'histoire vers les derniers tomes. D'ailleurs, je suis restée sur ma faim à l'issu de ce livre car il n'y a pas réellement de fin. L'aventure se poursuivra ainsi dans le 7ème, puis certainement dans le 8ème et dernier tome.


Détails du livre
  • Broché: 208 pages
  • Editeur : Gallimard jeunesse (13 octobre 2011)
  • Collection : ROMANS ADO
  • ISBN-13: 978-2070642076
Quatrième de couverture

Lorsque Jasper se décide enfin à revenir à l'Association, il trouve porte close. Entre de faux Agents qui traquent un sorcier joueur de tambour dans le métro et de vrais vampires qui organisent une fête sanglante dans un manoir de banlieue, il n'a pas le temps de s'étonner. Accompagné de son fidèle sortilège Fafnir et d'Ombe qui lui prodigue toutes sortes de conseils bizarres, Jasper mène l'enquête… …Ignorant que Walter a disparu et que Mademoiselle Rose passe son temps à discuter avec un miroir, accroché dans sa cuisine ! Jasper sauve la vie de l'Agent stagiaire Nina et remonte avec elle la piste de l'étrange sorcier. Une piste semée de cadavres. Mais qui, du sorcier qui a pris Walter en chasse ou de la troublante Nina, risque le plus de causer sa perte ? 

Un extrait : Prise de tête

Je me pose quelques questions.
Pour être franc, tout est prétexte à me vautrer dans le spa bouillonnant de ma cervelle. Tout est sujet à me perdre dans mille interrogations épuisantes.
En ce moment, je commence sérieusement à ... m'étonner ? m'inquiéter ? douter ?
De quoi ? De l'Association.
Oh, rien à voir avec les petites déceptions éprouvées au fil des événements (l'arnaque du soi-disant spécialiste des trolls, les facéties du Sphinx confondant potion et lotion, la répugnance de mademoiselle Rose et de Walter à me féliciter quand je le mérite...) ou avec mes propres hésitations (à parler de la magie  qui grandit en moi, ou encore de mon amitié avec Erglug).
Rien à voir non plus avec l'impuissance de l'Association à nous protéger Ombe et moi.
Tout simplement, je ne comprends pas où sont passés les Agents.
Pourquoi avoir envoyé des mercenaires, dans le métro ?
Des humains normaux, contre des Anormaux. Grotesque !
Et les autres stagiaires ?
Depuis le séminaire sur les trolls, je n'en ai plus croisé.
À part Jules, une fois et Nina...
Mademoiselle Rose, voyant la situation empirer, a-t-elle renvoyé tout ce petit monde chez soi ? Pour des raisons de sécurité ?
Bon sang ! Mais qu'est-ce qui se passe dans l'Association, bordel ?!

Mon avis

Après cet excellentissime 5ème tome, rempli d'émotions, il était difficile d'être comblé par ce 6ème tome. Cependant, j'ai tout de même pris beaucoup de plaisir à le lire.

Le style de l'auteur est fluide, simple, toujours plein d’humour. Le texte est truffé de jeux de mots (plus ou moins bien trouvés - Jasper s'en excuse souvent), de références cinématographiques, littéraires et autres... Je pense qu'en écrivant cette série, l'auteur s'amuse beaucoup avec ses mots et ses idées.

L'action est au rendez-vous avec des démons, des vampires, des sorciers et certainement quelques petites autres créatures que j'ai du oublier. Jasper est toujours sur le coup et toujours prêt à sauver les demoiselles en détresse. Maintenant que Jasper fait "cavalier seul", il est moins seul que jamais et l'histoire qui s’emmêle autour de Walter semble finalement dégénérer. On apprend de nouvelles données qui à défaut de clarifier le mystère le rende encore plus épais et si comme je l'ai souvent lu à propos de séries télévisées "tout était lié" ?
Tout à tour, on va suivre l'histoire par les yeux de Jasper, ou les yeux de Rose. L'histoire elle même est entrecoupée de rêves, de passages du livre des ombres de Jasper ou encore de lettres, qui viennent ajouter de la saveur, mais aussi du mystère au livre. J'ai trouvé tout de même dommage qu'il n'y ait pas de véritable fin à ce livre.

On en apprend plus sur le personnage de Mademoiselle Rose : on découvre par exemple qu'elle possède un miroir "magique", qui s'il ne lui dit pas  qu'elle est la plus belle, reste tout de même un sacré bavard. On rencontre Nina, une agent stagiaire de l'Association qui semble tout à fait charmante, mais un peu cruche sur les bords (et oui, je serais toujours une inconditionnelle d'Ombe), mais aussi Jules dont on ne sait pas grand chose.
Jasper, comme toujours, se met dans des situations impossibles et il lui faut beaucoup de chance, d'humour (?) et de magie pour pouvoir s'en sortir, à moins que ce soit également autre chose ...
Ses échanges intérieurs sont toujours aussi savoureux et moi qui était moins fan de Jasper au début de la série commence à ne plus pouvoir m'en passer.

Comme d'habitude avec cette série, j'ai passé un très bon moment à lire ce livre, même s'il peut pâtir d'une issu sans véritable fin.

jeudi 12 janvier 2012

A comme Association, tome 5 : Là où les mots n'existent pas de Erik L'Homme

J'ai voulu attendre que le 6ème soit sorti pour lire le 5ème, pensant que rien ne paraîtrait de la mort de Pierre Bottero dans cette série écrite (au moins commencée) à 4 mains et que les deux personnages principaux Jasper et Ombe allaient continuer leurs aventures par livres interposés. Mais je me leurrais, rien ne sera plus comme avant. Erik l'Homme a donc du trouver une solution pour écrire seul, une solution au demeurant très belle, très juste, pleine d'émotion, mais une solution très dure aussi, nous rappelant combien est dure la perte d'un ami. Cela donne un livre superbe, un coup de cœur pour moi (le premier de l'année 2012) ! Bravo et merci à l'auteur pour ce si bel hommage à l'amitié !


Détails du livre
  • Broché: 200 pages
  • Editeur : GALLIMARD (2 juin 2011)
  • Collection : HORS SER LITTER
  • ISBN-13: 978-2070638468
Quatrième de couverture 
(attention spoilers sur les tomes précédents)

Alors qu'ils profitent tous les deux du soir de Noël, Ombe et Jasper sont les victimes d'une attaque violente.
C'est un choc terrible pour Jasper, qui se retrouve seul et affaibli.
Déterminé à découvrir l'identité de leurs mystérieux agresseurs, obnubilé par l'idée de se venger, Jasper se lance dans une folle poursuite.
Mais comment atteindre son but quand l'Association vous lâche, et qu'on ne peut compter pour survivre que sur un vampire peureux, une harpie revêche et les livres de sorciers disparus depuis longtemps ?
Il faudra à Jasper beaucoup de courage pour surmonter les obstacles qui se dressent devant lui, à commencer par sa propre colère et son immense chagrin.

Un extrait

Ombe ne mentait pas. On vole littéralement.
Plus de feux, plus de panneaux, juste les lumières de la ville qui se confondent dans une grande traînée lumineuse.
Et le rugissement du moteur.
Je me cramponne, les deux bras autour de sa taille.
Je ne peux m'empêcher de respirer son odeur, près de son cou. Ce n'est pas du parfum mais une fragrance naturelle. Un mélange de mousse et d'herbe brûlée, de pierre chauffée au soleil et d'eau de rivière.
C'est délicieux.
Mon coeur s'affole tandis que je me contrains au calme.
Le mot "sœur" m'est venu naturellement, tout à l'heure. Il s'est imposé à moi comme une évidence. Il me paraissait le plus adapté, le plus juste pour décrire ce que je ressens au fond de moi depuis ce soir - depuis toujours ?
- C'est le plus beau cadeau de Noël de ma vie ! je hurle contre son casque.
- Hein ? Je n'entends pas ! répond-elle en penchant la tête.
- Non, rien !
Et pour moi, seulement pour moi je chante à tue-tête les paroles des Doors qui disparaissent dans la nuit, emportées par le vent de la course :
" Take a long holiday
Let your children play
If ya give this man a ride
Sweet memory will die
Killer on the road, yeah..."
The Doors, "Riders on the storm"

Mon avis

La série A comme association est née de la rencontre entre deux écrivains Pierre Bottero et Erik L'Homme, ainsi que de leurs maisons d'éditions respectives. Chaque écrivain racontait l'histoire d'un membre de l'association : Erik L'Homme celle de Jasper, apprenti magicien et Pierre Bottero, celle d'Ombe une jeune fille incassable, leurs histoires se mêlant et se démêlant. À la mort de Pierre, les deux premières aventures d'Ombe sont écrites mais non relues. Un livre de chaque auteur sort en octobre 2010 , puis quelques mois après un deuxième livre. Avec la mort de Pierre Bottero, Erik L'Homme doit improviser. La solution est toute trouvée et on peut presque dire que c'est son ami Pierre qui lui a soufflée : il continue la série en écrivant les aventures de Jasper. La série comptera 8 ouvrages au lieu des 13 prévus.

J'ai découvert cette série l'été dernier et je me languissais de pouvoir lire les deux tomes suivants. C'est chose faite et je peux vous dire une chose : le 5ème tome est un livre exceptionnel. C'est comme si Erik L'Homme prenait la place de Jasper et Pierre Botero celle d'Ombe ! Il est plein d'émotions, plein de regrets, plein de "et si ..."

L'histoire continue donc (the show must go on) et Jasper est mis à l'écart par l'association pour plusieurs raisons : il doit se reposer après son accident, se cacher de ceux qui en veulent à sa peau, et l'association doit éclaircir un mystère qui se profile à l'horizon... Seulement Jasper ne serait pas Jasper s'il obéissait :). Le voilà donc à la recherche de ceux qui le traque ! Il réclame vengeance !

L'histoire est passionnante, l'action au rendez-vous, l'émotion dans nos cœurs ! Jasper rencontre de vieux amis, s'en fait de nouveaux. Il semble transformé ! J'aime beaucoup ses dialogues intérieurs ! J'ai pleuré plus d'une fois en lisant ce livre qui se termine malheureusement trop vite. J'ai vraiment beaucoup beaucoup beaucoup aimé le style de Erik L'Homme. Il a su rendre ici toutes les émotions qui passent dans la tête de son héros ! Et il en passe dans la tête de Jasper des émotions, c'est peu de le dire ! D'ailleurs le personnage s'étoffe, s'enrichit, il remplit presque à lui tout seul le livre. S'il était un rockeur, on pourrait dire qu'il met le feu au livre, mais d'ailleurs, c'en est un ^^

Ce livre est mon premier coup de cœur de l'année. Il est exceptionnel. Pour moi, le meilleur de la série. Je l'ai compris comme un superbe hommage à un ami, une ode à l'amitié, à la vie...

Avec ce livre, je marque mon premier point pour le big challenge livraddict 2012 !

jeudi 29 décembre 2011

Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les Reliques de la Mort de J.K. Rowling

Si vous avez suivi ce blog cette année, vous savez que dans le cadre d'une lecture commune j'ai décidé de relire les 7 tomes de notre sorcier préféré. Voici venir donc, avec cette fin d'année, le dernier opus de la saga de Harry Potter que j'affectionne tant. C'est encore une fois en larmes, que j'ai terminé ce livre car, il faut bien le dire, ce dernier tome signe majestueusement la fin de cette série.
J'ai également pu apprécier les deux derniers films qui clôturent la série et ce ne sont pas les moins bons ^^.


Détails du livre
  • Titre VO : Harry Potter, book 7 : Harry Potter and the Deathly Hallows
  • Traduction : Jean-François Ménard
  • Broché: 850 pages
  • Editeur : Gallimard jeunesse (26 octobre 2007)
  • Collection : HORS SER LITTER
  • ISBN-13: 978-2070615360
Quatrième de couverture

Cette année, Harry a dix-sept ans et ne retourne pas à Poudlard. Avec Ron et Hermione, il se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore. Mais le Seigneur des Ténèbres règne en maître. Traqués, les trois fidèles amis sont contraints et la clandestinité. D'épreuves en révélations, le courage les choix et les sacrifices de Harry seront déterminants dans la lutte contre les forces du Mal. Avec le dénouement de l'héroïque histoire de Harry Potter, J.K. Rowling signe un chef-d'œuvre d'une grande humanité et d'une maîtrise incomparable.

Un extrait

C’était Ginny. Ron s’immobilisa brusquement mais Hermione le prit par le bras et l’entraîna avec elle en haut des marches. Un peu inquiet, Harry suivit Ginny dans sa chambre.
Il n’y était encore jamais entré. Elle était petite mais lumineuse. Une grande affiche des Bizarr’ Sisters ornait l’un des murs et une image de Gwenog Jones, capitaine de l’équipe exclusivement féminine des Harpies de Holyhead, était accrochée au mur d’en face. Il y avait un bureau devant la fenêtre ouverte qui donnait sur le verger où, l’année précédente, Ginny et lui avaient joué au Quidditch en double, avec Ron et Hermione. L’endroit était maintenant occupé par un grand chapiteau d’un blanc nacré. L’étendard doré qui flottait à son sommet était au niveau de la fenêtre.
Ginny regarda Harry dans les yeux, prit une profonde inspiration et dit :
- Joyeux anniversaire.
- Ouais… merci.
Elle le fixait sans ciller. Lui, en revanche, avait du mal à soutenir son regard. C’était comme s’il avait une lueur éclatante devant les yeux.
- Jolie vue, dit-il d’une voix faible en montrant la fenêtre.
Elle ne prêta aucune attention à sa remarque et il ne pouvait lui en vouloir.
- Je ne savais pas quoi t’offrir, dit-elle.
- Tu n’es pas obligée de me faire de cadeau.
Cette fois encore, elle ignora sa réponse.
- Je ne savais pas ce qui te serait utile. Rien de trop grand parce que tu ne pourrais pas l’emporter avec toi.
Il se risqua à lui jeter un regard. Elle n’avait pas les larmes aux yeux. C’était l’une des nombreuses et merveilleuses qualités de Ginny, elle pleurait rarement. Souvent, il se disait que le fait d’avoir six frères avait dû l’endurcir.
Elle s’avança d’un pas vers lui.
- J’ai donc eu l’idée de t’offrir quelque chose pour que tu te souviennes de moi, au cas, par exemple, où tu rencontrerais une Vélane pendant que tu seras parti faire je ne sais quoi.
- Pour être franc, je ne crois pas que j’aurai beaucoup d’occasions d’inviter des filles à dîner, là où je serai.
- C’est l’espoir que j’avais, murmura-t-elle.
Elle l’embrassa alors comme jamais elle ne l’avait embrassé auparavant, et Harry lui rendit son baiser, se laissant envahir par une délicieuse sensation d’oubli que jamais le whisky Pur Feu n’aurait pu lui procurer. La seule réalité qui comptait au monde, c’était elle. Ginny. Il la sentait contre lui, une main au creux de son dos, l’autre caressant ses longs cheveux au parfum suave.
Derrière eux, la porte s’ouvrit soudain à la volée. Ils sursautèrent, s’écartant l’un de l’autre.
- Oh, dit Ron, fort à propos. Désolé.
- Ron !
Hermione était juste derrière lui, légèrement essoufflée. Il y eut un silence tendu puis, d’une petite voix, Ginny lança.
- En tout cas, joyeux anniversaire, Harry.

Mon avis

Depuis deux mois, depuis ma lecture du sixième tome, une chose me turlupinait. Je n'arrivait pas à retrouver le septième horcruxe. Je les énumérais, un par un les comptais, et toujours, un il me manquait. Maintenant j'ai compris pourquoi !!! La liste n'en compte que six !!! Je ne l'oublierai plus ... Jusqu'à ce que je l'oublie de nouveau, et là, il sera temps pour moi de relire toute la saga encore une fois (je ne les compte plus, contrairement aux horcruxes^^)

Bref, cela a été un réel plaisir de me replonger dans ce tome, a fortiori dans toute la série (merci encore une fois à Kayleigh pour avoir organiser la lecture commune des 7 tomes au fil de cette année 2011). De JK Rowling j'ai tout aimé : le style, l'imagination, les rebondissements. Je l'admire d'avoir réussi à maintenir le fil conducteur du premier au septième tome. Elle est cohérente de bout en bout et quand on pense que l'écriture s'est étalée sur plus de 10 ans, je lui tire mon choipeau ... Magique !

Cette fois, l'histoire ne se passe pas à Poudlard car Harry fait l'école buissonnière. Mais il a une bonne raison : il a une mission. Aidé de Ron et d'Hermione, il va traquer l'âme de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Voilà le fil conducteur de ce dernier tome. Cependant, comme à chaque fois, l'auteure va le mêler à d'autres fils accessoires mais tellement essentiels, donnant une fin en apothéose à cette saga. On va donc, pour ce faire en apprendre beaucoup plus qu'on ne voudrait sur la vie de Dumbledore, découvrir ce qui se cache derrière les reliques de la Mort, comprendre (enfin !) le détestable Rogue, visiter le ministère de la magie ou encore Gringotts de fond en comble ... Bref, pas de répit pour Harry, ni pour le pauvre lecteur qui trouvera enfin toutes les réponses à ses questions dans cet ultime opus !
Une fois sorti du 4 privet drive et jusqu'à la visite à Gringotts, la lecture est un peu longuette, malgré quelques épisodes mouvementés, mais cela permet également à l'auteur de peaufiner ses personnages, et aussi de faire durer le plaisir. D'ailleurs, il ne me semble pas avoir remarqué ces longueurs lors de mes précédentes lectures.

Ce tome est plein d'émotions. J'ai encore réussi à pleurer plusieurs fois à chaudes larmes alors que je l'avais déjà lu plusieurs fois. Cette lecture a fait remonter en moi des tas d'émotions liées à ma propre vie et c'est certainement la plus belle forme de magie de JK Rowling !

Les personnages prennent dans ce livre toute leur dimension, que ce soit Harry, Hermione ou Ron, mais encore d'autres personnages plus secondaires comme Lupin qui accepte sa paternité ou Fleur qui devient, malgré elle, un peu comme madame Weasley, je ne saurai les citer tous ...
Alors que je n'avais pas vraiment apprécié Ron dans les tomes précédants, je trouve qu'il est ici exceptionnel, jusqu'à cet éclair de génie à propos des elfes de maison qui lui vaudra sa plus belle récompense
On revient enfin sur les personnages de Dumbledore ou encore de Rogue et l'on comprend qu'une vie ne peut être faite uniquement de blanc ou de noir, mais qu'il s'agit plutôt d'un mélange dont la teinte ne dépend en fait que de notre libre arbitre.
Le final du livre est formidable. Impossible de lâcher le livre avant la fin. Aussitôt qu'on a mis les pieds à Poudlard, qu'on ne peut plus s'en dépêtrer. Il nous faut découvrir ce qui va arriver à la toute fin.

J'ai l'impression que cette chronique est toute biscornue, car une chose en amenant une autre, je n'arrive pas à réfréner l'ardeur de mes doigts qui sont sans doute sous le charme magique qui s'appelle Harry Potter. J'espère qu'elle vous plaira tout de même. Elle vient du cœur !

Les films

J'ai vraiment beaucoup apprécié les deux films. J'ai l'impression qu'ils sont plus complets que les précédents. Je pense que le fait d'avoir fait deux films au lieu d'un a permis de miser sur la qualité. Il y aurait trop eu à dire pour un seul film. J'ai eu des frissons tout du long. J'ai d'ailleurs très envie de les re-re-garder. Dommage tout de même que la trame sur Dumbledore ait été complètement absente des films. Cela aurait très certainement été un plus.


Cette lecture a été faite dans le cadre d'une lecture commune organisée par Kayleigh. Vous pouvez aller lire les billets de mes co-lecteurs en cliquant sur leurs noms : Kayleigh, Pommette, revelation, Harmony Petite Sorcière, ptitelfe, tidyup95, achille49, Vozrozhdenyie, Céline031, Avalon, cerisia, Odwy, Marmotte, sevmarguerite, furby71, Simi, Minidou, Writirl, Sandra, Can_diice, Ollie, Errol, Cathy.

Ce livre compte pour le challenge regardes ce que tu lis (10/7)

mardi 27 décembre 2011

Sacrées sorcières de Roald Dahl

J'ai lu ce livre pour mes challenges livraddict. J'avais lu Charlie et la chocolaterie du même auteur quand j’étais enfant et je pense que j'étais, à ce moment là, plus réceptive à la magie de cet auteur. À mon goût, ces livres (j'ai lu cette année la potion de Georges Bouillon et Le bon gros géant) sont vraiment trop "jeunesse" pour les adultes.Il faut dire qu'étant également en train de lire Harry Potter et les reliques de la mort, je ne puis pas être très objective ^^.


Détails du livre
  • Titre VO : The Witches
  • Traduction : Marie-Raymond Farré
  • Poche: 238 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (1997)
  • Collection : Folio junior
  • ISBN-13: 978-2070513383
Quatrième de couverture

Ah ! Si les sorcières portaient vraiment de grandes robes noires, des chapeaux pointus, une verrue sur le nez et qu'elles se promenaient sur des balais magiques, les choses seraient tellement plus simples ! La réalité est beaucoup moins folklorique et beaucoup plus inquiétante, Roald Dahl nous l'apprend : les sorcières sont pratiquement impossibles à identifier dans une foule. Seuls de petits signes peuvent les trahir et il vaut mieux les connaître, car les sorcières n'ont qu'un but : éliminer les enfants qu'elles détestent ! Lorsque notre jeune héros se retrouve bien malgré lui caché dans une pièce où les sorcières tiennent leur congrès annuel, les choses risquent de mal tourner...

Un extrait

Une vraie sorcière déteste les enfants d’une haine cuisante, brûlante, bouillonnante, qu’il est impossible d’imaginer. Elle passe son temps à comploter contre les enfants qui se trouvent sur son chemin. Elle les fait disparaître un par un, en jubilant. Elle ne pense qu’à ça, du matin jusqu’au soir. Qu’elle soit caissière dans un supermarché, secrétaire dans un bureau ou conductrice d’autobus.
Son esprit est toujours occupé à comploter et conspirer, mijoter et mitonner, finasser et fignoler des projets sanglants.
« Quel enfant, oui, quel enfant vais-je passer à la moulinette ? » pense-t-elle, à longueur de journée.
Une vraie sorcière éprouve le même plaisir à passer un enfant à la moulinette qu’on a du plaisir à manger des fraises à la crème. Elle estime qu’il faut faire disparaître un enfant par semaine ! Si elle ne tient pas ce rythme, elle est de méchante humeur. Un enfant par semaine, cela représente cinquante-deux enfants par an !
Un tour, deux tours de moulinette, et hop !… plus d’enfant !
Telle est la devise des sorcières.
Mais la victime est souvent choisie avec soin. Voilà pourquoi une sorcière traque un enfant comme un chasseur traque un petit oiseau dans la forêt. La sorcière marche à pas feutrés… elle bouge lentement, au ralenti… de plus en plus près… puis enfin, elle est prête et pfroutt !… elle fonce sur sa victime comme un faucon. Des étincelles crépitent, des flammes jaillissent, des rats rugissent, des lions fulminent… Et l’enfant disparaît !

Mon avis

Comme je le dis plus haut, je pense que ce livre, voire les livres de cet auteur sont vraiment très "jeunesse" et qu'il vaut mieux les lire étant enfant, voire adolescent. Je me suis assez ennuyée, l'histoire s’accélérant tout de même légèrement à la fin du livre.


Je n'ai pas aimé la présentation des sorcières (première partie du livre), que j'ai trouvé trop confus, trop lent. Le style de l'auteur est vraiment trop fouillis. On passe trop du coq à l'âne à mon goût. Je n'ai pas non plus aimé la deuxième partie que j'ai trouvé trop facile et trop mal agencée. Il y a de trop nombreuses répétitions et comme je n'ai pas réussi à accrocher à l'histoire, il m'a été difficile de "subir" cette deuxième partie. La troisième partie a été plus mouvementée et le héros de l'histoire enfin crédible. Mais, il était malheureusement trop tard pour m'investir dans ce livre.

J'ai d'ailleurs essayé de le lire à haute voix à mes enfants mais eux aussi ils n'ont pas accroché et ont préféré aller jouer dans leur salle de jeux, alors que normalement ils raffolent des histoires. Je pense que c'est un signe qui ne trompe pas. Autre signe qui ne trompe pas, il m'a fallu plus de deux semaines pour me mettre à écrire ma chronique !

Ce livre me rapporte tout de même un point pour mon  baby-challenge jeunesse (18/20) et également un point pour mon big challenge Livraddict (25/40)

samedi 10 décembre 2011

Fablehaven, tome 2 : La Menace de l'étoile du soir de Brandon Mull

Ayant rencontré Kendra et Seth dans leurs premières aventures, j'étais impatiente de les retrouver, d'autant que j'étais curieuse de voir comment serait mis en scène leur retour à Fablehaven. Je n'ai pas été déçue par ce deuxième tome qui est plein d'action et de menaces pour le domaine magique.


Détails du livre
  • Titre VO : Rise of the Evening Star
  • Traduction : Marie-José Lamorlette
  • Broché: 441 pages
  • Editeur : Fernand Nathan (29 janvier 2010)
  • ISBN-13: 978-2092525647
Quatrième de couverture

Dès la fin de l'année scolaire, Kendra et Seth sont de retour à Fablehaven, incroyable refuge pour créatures fantastiques, dont leurs grands-parents sont les gardiens.
Grand-père Sorenson y a invité trois experts : un maître en potions, un collectionneur d'objets magiques et une chasseuse de créatures étranges. Ils ont pour mission de protéger Fablehaven de la maléfique Société de l'Étoile du Soir, déterminée à mettre la main sur un artéfact d'une grande puissance dissimulé au cœur du sanctuaire.

Le temps est compté. Si l'Étoile du Soir parvient à ses fins, ce sera un désastre pour tous les sanctuaires du monde... et peut-être pour la Terre entière !

Un extrait

La cloche sonna. La plupart des élèves étaient déjà installés. Mrs Price entra alors dans la classe avec le garçon le plus laid que Kendra eût jamais vu. Il avait le crâne chauve et rugueux, le visage marqué de crevasse. Ses yeux étaient des fentes plissées, son nez, une cavité difforme, sa bouche sans lèvre était ourlée de gerçures. Il se gratta le bras de ses doigts crochus recouverts de verrues protubérantes.
En revanche, remarqua Kendra, s'il était hideux, il était plutôt bien habillé, avec une chemise noire et rouge, un jean et des tennis de marque. Il resta à côté de Mrs Price pendant qu'elle le présentait à la classe.
- Je voudrais vous présenter Casey Hancock. Sa famille vient de Californie. Cela ne doit pas être facile d'arriver dans une nouvelle école si tard dans l'année, aussi je vous prie de l'accueillir chaleureusement.
- Appelez-moi Case, suggéra le nouveau d'une voix râpeuse.
Il parlait comme s'il allait s'étrangler.
- Est-ce que tu vois ce que je vois ? murmura Alyssa.
- Tu veux rire ? répondit Kendra.
C'était tout juste si le pauvre garçon avait l'air humain.
Mrs Price lui désigna une chaise près du premier rang. Sur sa tête recouverte de croûtes, du pus s'échappait de multiples plaies.
- Je crois que je suis amoureuse, déclara Alyssa.
- Ne sois pas si méchante, marmonna Kendra.
- Quoi ? Je suis sérieuse. Tu ne les trouves pas canon ?
Alyssa jouait si bien la comédie que Kendra eut du mal à réprimer un sourire.
- C'est tout simplement cruel.
- Tu es aveugle ou quoi ? Il est hallucinant !
Alyssa semblait sincèrement offensée que Kendra ne partage pas son avis.
- Si tu le dis... accorda celle-ci d'un ton conciliant. Ce n'est pas mon genre, c'est tout.
Alyssa secoua la tête comme si Kendra était complètement folle.
- Tu dois être la fille la plus difficile de la planète !

Mon avis 

Tout comme celle du premier tome, la couverture est superbe. Elle est toute en relief, faite d'ombres et de lumières, elle est parfaite pour représenter le domaine de Fablehaven ! 

Le style de l'auteur est toujours aussi fluide. Les phrases sont rythmées entraînant le lecture toujours plus loin dans sa lecture. C'est un livre typiquement jeunesse où le lecteur adulte pourra prendre également beaucoup de plaisir. Ce deuxième tome est plus rapide a démarrer que le premier. On connaît les personnages, la vérité sur Fablehaven, sur le monde magique qui nous entoure... On entre très vite dans le vif du sujet : le collège de Kendra et Seth est menacé ! 

La transition vers Fablehaven est limpide, nécessaire : les deux jeunes adolescents doivent y retourner, c'est une question de vie ou de mort ! La menace de la société de l’Étoile du soir se fait de plus en plus précise. L'histoire est pleine d'action et de menaces entremêlées. On découvre au fil des pages de nouveaux personnages venus aider les gardiens de Fablehaven. Ce sont des experts en potions, en artefacts ou encore en créatures magiques : ils doivent également en profiter pour transmettre un peu de leur savoir à Kendra et Seth, parce que dorénavant, l'ignorance n'est plus une protection. On découvre également de nouveaux territoires de cette réserve magique comme les cachots, le cours de tennis ou encore le cottage de Warren.

Dans ce deuxième tome, on revient également sur les événements survenus dans le premier livre et on découvre par exemple, pourquoi Boucle d'or est une poule ou pourquoi Kendra n'a dorénavant plus besoin de boire du lait ! Enfin, on entraperçoit de quoi sera fait le troisième tome, à travers un message laissé à l'attention de Kendra ! 

En conclusion, un très palpitant deuxième tome qui  conduit le lecteur directement vers le troisième : impossible d'y échapper ! 

Ce livre compte pour mon big challenge Livraddict (24/40)