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samedi 25 juin 2011

Les Lames du Cardinal, tome 3 : Le Dragon des arcanes de Pierre Pevel

Voici ma chronique sur le dernier tome de la trilogie Les lames du cardinal de Pierre Pevel lu dans le cadre d'une lecture commune. Vous pouvez retrouvez ici et mes avis sur les deux premiers tomes ainsi que les avis de mes co-lecteurs. Cette trilogie a été pour moi l'occasion de découvrir cet auteur que je ne connaissais pas. Cela a aussi été l'occasion de renouer avec l'époque de Richelieu et des mousquetaires, ma lecture du livre d’Alexandre Dumas datant d'une vingtaine d'années.
J'ai un avis mitigé sur ce dernier tome qui mêle, à mes yeux, déception, émotions et palpitations :)


Détails du livre
  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Bragelonne (17 septembre 2010)
  • Collection : Fantasy
  • ISBN-13: 978-2352944027
Quatrième de couverture

Paris brûle-t-il ? On pourrait le croire, si l'avenir funeste dont Sœur Béatrice a eu un aperçu prophétique se réalise.
Déjà un dragon a survolé Paris et est passé à l'attaque. Face à lui, un homme a péri dans un dernier acte de bravoure et de sacrifice : Almadès, le maître d'armes espagnol des Lames du Cardinal. La bande de Lafargue est en deuil et la colère appelle la vengeance.
L'action reprend très vite ses droits. Agnès et Ballardieu veulent en savoir plus sur la vision de Béatrice et la menace qui pèse sur la capitale.
Direction : le Mont Saint-Michel, repaire des Châtelaines, où Béatrice est cloîtrée...

Un extrait

La créature dévala la pente de la colline en prenant au plus court, puis suivit la route aux trousses des cavaliers. Elle ne courait pas. Elle progressait par bonds en s’aidant des bras comme des jambes, son corps se ramassant au contact du sol et s’étirant en l’air à chaque impulsion vers l’avant. Sa vitesse était extraordinaire et les Lames au grand galop perdirent bientôt du terrain.
Agnès et Ballardieu fermaient la marche.
Sans ralentir l’allure, le vieux soldat fit glisser sa besace en bandoulière contre son ventre. Il y puisa une grenade dont il alluma la mèche dans le fourneau de sa pipe, avant de la laisser tomber derrière lui. Il répéta l’opération deux fois, mais les grenades rebondissaient au petit bonheur. Seule la troisième resta sur la route, pour exploser bien avant que le dragon arrive sur elle.
Ballardieu comprit alors qu’il n’arriverait à rien de la sorte.
Il comprit également qu’ils étaient perdus si lui ne faisait rien.
—CONTINUEZ !
Tirant sur les rênes, Ballardieu obligea sa monture à se cabrer et à pivoter sur ses postérieurs. Et avant qu’Agnès ait pu réagir, il repartait en sens inverse. Sans réfléchir, elle rebroussa chemin à son tour.
Ballardieu galopa à bride abattue vers le dragon qui, les yeux étincelant d’une rage sauvage, redoubla d’ardeur. Ils se rencontrèrent peu après un pont enjambant le lit d’une rivière à sec. Le vieux soldat alluma une dernière mèche. La créature bondit. Elle renversa le cavalier et sa monture. Le cheval poussa un hennissement douloureux tandis que les deux adversaires roulaient dans la poussière et disparaissaient à la vue d’Agnès en dégringolant dans le cours asséché. Le monstre fut le premier à se relever. Écumant, il chercha autour de lui et vit Ballardieu qui s’enfuyait en trébuchant maladroitement. Puis le dragon s’aperçut qu’une sangle lui serrait le cou et qu’un poids pendait entre ses omoplates.
Le sac à malices de Ballardieu explosa et décapita le dragon sous les yeux d’Agnès qui avait sauté de selle et accourait, l’épée à la main. Elle se protégea instinctivement du coude et ne put contenir une grimace de dégoût en découvrant ce qui restait de la créature écailleuse.
Puis elle se tourna vers Ballardieu qui se tenait debout mais chancelait, comme ivre, le front en sang et une épaule démise. Elle se dit alors qu’ils n’avaient pas fini d’entendre parler du jour où Ballardieu avait tué un dragon. Elle esquissa un sourire…
… qui s’effaça aussitôt.

Mon avis

Je n'arrive pas à me décider sur comment j'ai apprécié ce livre. Car même si j'ai été prise très rapidement dans l'action de ce 3ème tome, il me laisse un léger arrière goût de trop peu, trop vite, trop simple.  J'ai , à la limite, préféré le 2ème tome à celui-ci. Essayons de comprendre pourquoi.

Tout d'abord, j'ai été assez surprise par la conséquence d'un événement qui commence à la fin du 2ème tome, au point de me demander si j'avais oublié de lire une partie de celui-ci. Finalement, tout est expliqué mais cela a suffi pour me troubler à l'entrée de ce dernier tome. D'autant que l'auteur choisit de re-raconter, en détails cette fois, un autre épisode qui avait servi d'épilogue au 2ème tome. Ces deux événements se passant quasiment au même moment. Alors pourquoi nous en raconter un et pas l'autre ?
Ensuite, j'ai été légèrement déçue par la gestion du groupe formé par les Lames. Même si cela ajoute une dimension à l'intrigue, qui pour ce tome est, à mes yeux, assez mince. Enfin, je suis restée sur ma faim au sujet de la griffe noire. Finalement, on n'aura pas appris grand chose sur ce groupe. Non plus sur certains autres points comme la trahison de Marciac narrée dans le premier tome...

Cependant, j'ai passé un très agréable moment. J'ai été prise par l'histoire, l'action et aussi par les sentiments qui existent entre les personnages. L'extrait choisi et un de mes passages préférés qui pour moi montre tout le talent de l'auteur. Car le style est toujours aussi agréable à lire, les descriptions toujours aussi réalistes et l'action toujours aussi présente, voire plus.
Les personnages sont de plus en plus torturés par leurs devoirs et leurs envies. Ils sont d'autant plus attachants à mes yeux. Les émotions sont fortes dans ce dernier tome : quelques larmes ont été versées à certains moments clés. Ce tome a clairement un ton dramatique que l'on ne retrouvait pas dans les 2 premiers. Le rythme de ce dernier opus est haletant, laissant souvent le lecteur sans voix mais aussi sans souffle.

Pour conclure, je suis partagée entre quelques déceptions et le plaisir que m'a apporté cette trilogie. Pour ma part, j'ai préféré le 2ème tome, même si j'ai adoré le rythme haletant et la note émotionnelle de ce dernier tome. Je lirai avec beaucoup de plaisir d'autres livres de cet auteur.

N'hésitez pas à aller lire les avis de mes co-lecteurs : Reveline,  Delcyfaro

vendredi 27 mai 2011

Les Lames du Cardinal, tome 2 : L'alchimiste des ombres de Pierre Pevel

Après avoir aimé le premier tome de la trilogie, j'ai poursuivi la route des lames du cardinal pour la lecture commune du deuxième tome. Et encore une fois, Pierre Pevel a su m'emmener au siècle de Richelieu afin de revivre cette époque sous un jour nouveau : celui des dragons. Je vous donne d'ores et déjà rendez-vous le 25 juin pour clôturer cette lecture commune avec le 3ème et dernier tome.


Détails du livre
  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Bragelonne (18 juin 2009)
  • Collection : Fantasy
  • ISBN-13: 978-2352942535
Quatrième de couverture

Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.
Surgis de la nuit des temps, ils sont avides de pouvoir et décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire déjà dans les plus grandes cours d'Europe.
Pour déjouer leurs sinistres complots, Richelieu a reformé son unité d'élite, une compagnie clandestine d'aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d'élégance et d'astuce. Six hommes et une femme aux talents exceptionnels prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal.
Mais alors qu'ils ont rendez-vous, par une nuit d'orage, avec une espionne italienne aussi belle que dangereuse qui prétend détenir les clés d'un complot à venir, ils sont loin d'imaginer l'ampleur de la tragédie qui va s'abattre sur la France et les obliger à affronter leur plus terrible adversaire : l'Alchimiste des ombres...

Un extrait

Il roule sur le flanc et, appuyé sur un coude, tend la main vers un coffret dissimulé, près de ses bottes, sous un vieux linge. Il ouvre le coffret, dans lequel se trouvent quatre grosses flasques en verre et métal tenues par des lanières de cuir. La première est vide. Les trois autres – dont l’une est à peine entamée – contiennent la précieuse liqueur de jusquiame, un liquide épais ressemblant à de l’or liquide.
Comme toujours, la première gorgée est un délice.
L’Alchimiste se laisse retomber sur le dos, un petit sourire aux lèvres. Les yeux clos, il apprécie ce moment autant que possible. Un bien-être doux et tiède l’envahit, apaise ses douleurs, berce son âme…
Mais des cris viennent rompre l’enchantement. Des sentinelles donnent l’alerte et c’est aussitôt le branle-bas. L’Alchimiste se lève et va voir à sa fenêtre, qui n’est qu’une ouverture béante d’où l’on domine la cour du manoir et la campagne environnante.
Des cavaliers arrivent au galop par la route.
Des cavaliers en armes, et menés par une silhouette blanche.
L’Alchimiste comprend aussitôt à qui il a affaire. Il comprend également qu’il est pris au piège dans ce manoir qui ne résistera pas longtemps à un assaut.
Il tourne subitement la tête vers le coffret resté près de la paillasse.
Trois flasques de jusquiame dorée.
De quoi tuer un homme.
Et réveiller un dragon

Mon avis

Le style de l'auteur est toujours aussi plaisant : les chapitres sont courts et très rythmés : ils peuvent ménager le suspens en abandonnant les personnages dans certaines situations critiques. Le langage est clair et simple et les descriptions très visuelles. On a l'impression de visiter Paris aux côtés des agents du Cardinal, tellement certaines descriptions sont précises. Les dialogues sont nombreux et donnent encore plus de rythme à l'histoire. 
Je peux tout de même regretter plusieurs répétitions au cours du livre qui auraient pu être évitées : elles ont à chaque fois coupé mon rythme de lecture, impatiente que j'étais de connaître la suite du livre.

L'action est plus présente que dans le premier tome. Le livre s'ouvre d'ailleurs sur une grande bataille qui ne peut que mettre le lecteur en jambe pour ce deuxième tome. On retrouve bien-sûr de nombreux duels et combats typique des livres de cap et d'épée
Comme pour le premier tome, l'action s'accélère au fil du livre, si bien qu'à un certain moment on peine à lâcher l'histoire, quand bien même ce serait pour faire à manger aux enfants, mais rassurez-vous, ils ne sont pas encore morts de faim ^^

L'intrigue est bien ficelée et les indices disséminés au fil des pages. On craint pour la vie de nos héros qui doivent affronter des dragons sous différentes formes et espèces. La magie qui n'était que peu présente dans le premier tome revient en force avec la présence d'un Sorcier Drac. Le lecteur suit diverses pistes au travers de petits groupes de personnages pour finalement arriver à la conclusion de ce livre. Le complot sera-t-il déjoué ? Ou bien n’était-ce qu'un prélude à plus gros encore ? 

Les personnages sont fidèles à eux-même : ils sont attachants et plein de caractère. On en apprend un peu plus sur leurs passés individuel et commun, sans toutefois en dire trop. Je pense que certaines révélations sont gardées pour le dernier tome. 
Ma préférence pour ce tome va à Saint-Luc et Leprat. L'auteur introduit dans ce tome plusieurs personnages dont nous n'avions qu'entendu parler dans le premier tome, ainsi que d'autres tout nouveaux. Le groupe des Lames parait toujours aussi soudé et l'on ne peut que rêver de faire partie de cette "police secrète" du Cardinal pour partager leurs aventures.

J'ai enfin souri à l'évocation de certains mousquetaires célèbres qui ont peuplés notre enfance et adolescence. Ils donnent encore plus de poids à la version de ce Paris historique menacé par les dragons. 

Retrouvez les avis de mes co-lecteurs en cliquant sur leurs pseudos : Minidou, Reveline, Delcyfaro

lundi 23 mai 2011

Trolls et légendes de Mons

En vacances dans le nord de la France, nous avons eu la possibilité de découvrir le festival Trolls et Légendes de Mons. Nous sommes donc partis vers la Belgique pour traverser la frontière entre réel et imaginaire.


Ouvrant nos yeux tout ébahis, nous avons côtoyés quelques peuplades diverses et variées dont voilà quelques exemples dont je vous laisse deviner les origines...





Pour en voir encore plus, dirigez-vous par ici

Mais c'est lorsque nous sommes arrivés à la zone "Édition" que nous avons été le plus surpris. Un bon nombre d'auteurs de notre imaginaire étaient là pour présenter leurs œuvres. L'invitée d'honneur étant Robin Hobb dont je n'ai pas pu m'approcher : des trolls, des lutins et des ogres en nombre attendaient déjà pour la rencontrer.


Il y avait aussi Sire Cédric dont je n'ai pas encore eu l'occasion de re testé l'écriture (malgré tout le bien que j'en lis)


 J'ai pu discuter avec Gilles Francescano abordant entre autres un sujet qui nous est cher : Pierre Bottero. C'est lui qui a dessiné les magnifiques illustrations du chant du Troll dont vous pourrez retrouver ma chronique ici


Enfin, je me suis laissée tentée et je suis allée rendre visite à Pierre Pevel dont je venais de lire le premier tome de la trilogie des lames du cardinal. Je suis repartie avec l'intégrale de la trilogie de Wielstadt dédicacée. 


Nous sommes repartis de là les yeux plein de rêves, le sac plein de livres (la trilogie de Wielstadt pour moi, les deux premiers tomes de Dragor de Kathya Cautillo qui avaient tapé dans l’œil de mon fils, un livre pour enfant : Dana reine des dragons de Xavier Bascor entre autres ...) et les bras chargés d'armes : hache à double tranchant pour moi, arbalète pour mon homme, arc et flèches pour mes deux plus grands et épees et boucliers pour mes deux plus petits !!!

En bref : une journée comme on les aime !

lundi 25 avril 2011

Les Lames du Cardinal, tome 1 : Les lames du Cardinal de Pierre Pevel

Suite à la venue de Pierre Pevel sur Livraddict, je me suis procuré cette trilogie dans le but de la lire très vite ... C'était le 30 septembre de l'année passée ^^. Voyant donc le temps qui passait, les ouvrages qui défilaient, j'ai décidé d'organiser cette lecture commune afin d'enfin découvrir cet auteur. La lecture des 2 autres tomes est prévue pour les 25 mai et 25 juin de cette année !
De plus, par le plus grand des hasards, j'ai pu rencontrer Pierre Pevel au festival trolls et légendes de Mons ! Je m'y suis procuré l'intégrale de la trilogie de Wielstadt, que je lirai très vite... du moins, c'est prévu !


Détails du livre
  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Bragelonne (1 janvier 2008)
  • Collection : Fantasy
  • ISBN-13: 978-2352941613
Quatrième de couverture

Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne. Le Cardinal, l'une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse regarder des ennemis de la Couronne. L'espionnage, l'assassinat, la guerre, tout est bon tour parvenir à leurs fins... et même la sorcellerie, qui est l'œuvre des plus fourbes adversaires du royaume: les dragons ! Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps ont en effet survécu et se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la cour d'Espagne est tombée entre leurs griffes... Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n'ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l'heure est venue de reformer l'élite secrète qu'il commandait jadis, une compagnie d'aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d'élégance, de courage et d'astuce, ne redoutant nul danger: les Lames du Cardinal!

Un extrait

Un carrosse richement décoré arrivait. Tiré par un splendide attelage, il s’arrêta sur la route poudreuse et un homme en descendit. Son pourpoint était entièrement déboutonné et sa chemise sortait à demi de ses chausses. Le chapeau dans la main droite et la gauche reposant sur le pommeau de son épée, il garda une semelle sur le marchepied pour embrasser une jolie jeune femme blonde penchée par la portière ouverte. Ce spectacle n’étonnait pas d’Orvand, qui leva cependant les yeux au ciel en voyant qu’un second baiser d’adieu était échangé avec une autre beauté, brune celle-là.
Marciac, murmura le vicomte pour lui-même. Tu ne changeras donc jamais !
Le gentilhomme chargé de transmettre les récriminations du marquis de Brévaux retrouva ses amis tandis que le luxueux carrosse doré faisait demi-tour en direction de Paris et que Nicolas Marciac rejoignait d’Orvand. Il était bel homme, séduisant malgré le négligé de sa tenue et peut-être un peu grâce à cela, aurait eu besoin d’un coup de rasoir et souriait de toutes ses dents. Il trébuchait à peine et était l’image même du noceur ravi de sa nuit et insoucieux du lendemain.
— Mais tu as bu, Nicolas ! s’inquiéta d’Orvand en flairant son haleine.
— Non ! s’insurgea un Marciac très choqué… Enfin… à peine.
— Avant un duel ! C’est folie !
— Ne t’alarme pas. Ai-je déjà perdu un duel ?
— Non, mais…
— Tout ira bien.
Près de l’autre carrosse, le marquis de Brévaux était déjà en chemise et esquissait quelques fentes.
— Bon, finissons-en, décréta Marciac.
Il ôta son pourpoint, le jeta dans le carrosse du vicomte, dit bonjour au cocher, s’inquiéta de sa santé, fut ravi d’apprendre qu’elle était excellente, surprit le regard de d’Orvand, ajusta sa chemise dans ses chausses, dégaina son épée et alla vers Brévaux qui marchait déjà à sa rencontre.
Puis, après quelques pas, il se ravisa, tourna les talons sans se soucier d’exaspérer plus encore le marquis, et glissa à l’oreille de son ami :
— Dis-moi juste une chose…
— Oui ? soupira d’Orvand.
— Promets-moi d’abord de ne pas te fâcher.
— Soit.
— Alors voilà, j’ai deviné que je me bats contre celui qui est en chemise et me regarde d’un mauvais air. Mais pourrais-tu m’indiquer pourquoi ?
— Hein ? s’exclama le vicomte plus fort qu’il ne l’aurait voulu.
— Si je le tue, je lui dois bien de connaître le motif de notre querelle, ne crois-tu pas ?
Les mots manquèrent d’abord à d’Orvand, qui se ressaisit et annonça :
— Une dette de jeu.
— Quoi ? Je lui dois de l’argent ? À lui aussi ?
— Mais non ! Lui ! … C’est lui qui… Bon, en voilà assez. Je vais annuler cette folie. Je dirai que tu es souffrant. Ou que tu…
— Combien ?
— Hein ?
— Combien me doit-il ?
— Quinze cents livres.
— Diable ! Et moi qui allais le tuer ! …
Joyeux, Marciac s’en retourna devant le marquis qui fulminait. Il prit la pose d’une garde incertaine et lâcha :
— À votre disposition, monsieur le marquis.

Mon avis

J'ai découvert ce premier tome sans rien en avoir lu, pas même le résumé, ou alors les quelques premiers mots. J'ai donc, comme prévu rencontré le cardinal de Richelieu, des mousquetaires etc. Mais j'ai été très surprise de trouver à leurs côtés des dragons, des sangs mêlés et des dragonnets.  
Ce premier tome constitue ma première découverte avec ce genre qu'est l'uchronie de fantasy. En effet, on y parcourt un univers fortement inspiré d'une époque historique précise (ici l'époque de Richelieu et des mousquetaires) et bien documentée, mais qui diffère du monde réel par la présence d'éléments merveilleux (ici : sorcellerie, dragons), riches de conséquences sur le déroulement de l'histoire.

Une fois donc la surprise passée, j'ai découvert nos personnages principaux. L'auteur nous les dévoile, petit à petit, à travers de courts chapitres qui s'entremêlent joyeusement. À ce moment là j'ai eu un petit souci avec tous les noms et aussi à me rappeler qui faisait partie des gentils, ou qui faisait partie des méchants, puis, très vite, tout est rentré dans l'ordre. Les personnages sont donc nombreux et très variés, peut-être pas assez approfondis ... Mais n'oublions pas que ce n'est que le premier tome.

Une fois cette présentation faite, l'histoire prend forme et s'accélère. On regrette parfois de ne pas suivre les mousquetaires du Roi, plutôt que les lames du Cardinal, mais une fois nos a-priori lié à Alexandre Dumas envolés, on se prend d'affection pour ce groupe d'individus qui sert le Cardinal et donc la France.
Dans ce premier tome, l'action est peu présente, sans toutefois laisser le lecteur sur sa faim. Les amateurs de cap et d'épée seront enchantés d'autant plus s'ils aiment la fantasy : on retrouve des duels, des courses poursuites à cheval, et des sauvetages de damoiselles en détresse, le tout sur un fond de politique étrangère dirigée par Richelieu lui-même. Les intrigues se mêlent et se démêlent au fil des pages et le lecteur se retrouve emporté par les aventures des lames du Cardinal. D'autant plus que le style de l'auteur est clair et limpide. Il nous transporte dans le Paris du XVIIème siècle de part ses descriptions ou encore de part ses intrigues politiques.

J'ai bien aimé ce premier tome qui est toutefois long à démarrer. Les jalons sont maintenant posés pour poursuivre cette histoire, d'autant que l'auteur nous réserve pour les dernières lignes une surprise de taille qui relance, s'il en est besoin, notre intérêt pour la suite.

Vous pourrez retrouver les chroniques de mes co-lecteurs en cliquant sur leurs noms :
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