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dimanche 29 janvier 2012

La Belgariade, tome 4 : La Tour des maléfices de David Eddings

Venant de finir le 5ème tome de la Belgariade (et ayant quelques chroniques de retard et/ou à préparer), je vous fais juste une courte chronique pour le 4ème tome. Vous pouvez retrouver mon avis pour les autres tomes de la série ici. Comme d'habitude, j'ai pris beaucoup de plaisir dans cette relecture.


Détails du livre
  • Titre VO : The Belgariad, book 4: Castle of Wizardry
  • Traduction : Dominique Haas
  • Poche: 438 pages
  • Editeur : Presses Pocket (17 novembre 1999)
  • Collection : Presses Pocket
  • ISBN-13: 978-2266041546
Quatrième de couverture

Garion monta sur le trône de basalte et plaça l'Orbe sur le pommeau de l'énorme épée. Il y eut un déclic ; la force vive de la pierre fusa dans la garde. La lame se mit à luire et se détacha du mur. Il la rattrapa des deux mains. La foule dans la salle réprima un halètement. Garion sidéré vit l'Orbe jeter une formidable langue de feu bleu. Sans trop savoir pourquoi, il souleva le glaive. "Ô joie, le roi est revenu, la prophétie s'accomplit! clama Belgarath. Inclinons-nous devant Belgarion, roi de Riva, suzerain du Ponant!"
Et la prophétie suivit son cours. Au coeur du tumulte, on entendit un bruit métallique, comme si une tombe scellée par la rouille venait de s'ouvrir. Garion en fut glacé jusqu'aux moelles. Arraché à des siècles de sommeil, un cri de rage surgit des ténèbres et réclama du sang. Mais ce n'était pas le pire. Cette voix macabre, elle avait peur. Torak était de retour, et il tremblait, le dieu défiguré!

Un extrait

Elle avait aussi eu tout le temps de méditer le problème de Garion. Ses longues semaines d’absence lui avaient paru d’une rigueur particulière, inexplicable. C’était comme si elle avait perdu quelque chose de très précieux, et cette perte lui laissait un douloureux sentiment de vide. D’ordinaire, ses sentiments étaient si confus et changeaient à une telle rapidité qu’elle n’avait pas le temps de se pencher dessus pour les étudier. Mais cette impression de manque persistait depuis si longtemps qu’elle était bien obligée de voir les choses en face.
Ça ne pouvait pas être de l’amour. Il était hors de question qu’elle tombe amoureuse d’un marmiton de campagne, aussi mignon soit-il. Elle était princesse impériale et son devoir était d’une clarté limpide : si elle avait la moindre raison de soupçonner que ses sentiments avaient franchi la barrière de la simple amitié, elle avait l’obligation absolue d’y mettre aussitôt fin. Or Ce’Nedra n’avait vraiment pas envie d’envoyer promener Garion et de ne plus jamais le revoir. Cette seule idée faisait trembler son petit menton. Ainsi, de toute évidence, ce qu’elle éprouvait n’était pas  – ne pouvait pas être  – de l’amour. Elle se sentit bien mieux après avoir tiré cela au clair. Cette éventualité l’avait troublée, mais la logique prouvait sans doute possible qu’elle n’avait rien à craindre de ce côté-là. C’était tout de même bien réconfortant d’avoir la logique pour soi.

Mon avis

Dans ce tome, rien n'a changé niveau qualité. Le style est toujours aussi bien, l'humour toujours aussi présent. L'action est légèrement moins présente dans ce tome, ce qui laisse la part belle aux événements et aux surprises de taille pour nos chers Garion et Ce'Nedra. En effet, c'est l'heure du retour et la quête est finie ou presque, du moins c'est ce que pense Garion ! L'auteur (ou plutôt les auteurs, car mme Eddings est maintenant reconnue comme co-auteure de son mari) doit être un sacré farceur pour avoir imaginé tout ceci, et pour notre plus grand plaisir.

J'ai particulièrement aimé l'arrivée de notre petit groupe en Algarie, pourchassés par les Murgos, ainsi que la colère de tante Pol qui bizarrement est reprise par Ce'Nedra dès qu'elle comprend le pourquoi du comment. Bien sûr, rien ne vaut le retour à Riva et tout ce qui s'ensuit. Bref comme à chaque lecture j'aime beaucoup ce qui se passe dans ces livres !

Les personnages sont vraiment très fouillés, encore plus en ce qui concerne les personnages féminins je trouve. Je pense qu'ils donnent encore plus de profondeur au récit. Je suis une fan inconditionnelle de Silk, Polgara mais dans ce tome, je pense que Ce'Nedra est vraiment mise en valeur, et j'adÖre !!!

En conclusion, une petite chronique pour (re)dire combien j'aime ce cycle et combien je prends beaucoup de plaisir à le relire (encore une fois).

jeudi 19 janvier 2012

La Belgariade, tome 3 : Le Gambit du magicien de David Eddings

J'avais commencé une énième relecture de cette saga l'année dernière et la faute aux trop nombreux livres à lire ou à relire, je m'étais arrêtée après le deuxième tome de la série et c'est maintenant que j'ai repris ma lecture que je me rends compte à quel point tous les personnages de cette pentalogie m'ont manqué. Je compte bien maintenant poursuivre jusqu’au dénouement de la Belgariade !


Détails du livre
  • Titre VO : The Belgariad, book 3: Magician's Gambit
  • Traduction : dominique Haas
  • Poche: 357 pages
  • Editeur : Pocket (15 septembre 2000)
  • Collection : Pocket
  • ISBN-13: 978-2266107495
Quatrième de couverture

Puis le soleil sombra dans les bancs de nuages, le long de l'horizon déchiqueté, et baigna d'une lueur malsaine la sinistre forteresse. Ce fut comme si les murs saignaient, comme si tout le sang versé sur les autels de Torak depuis le commencement des âges éclaboussait d'un coup la cité de la peur. Tous les océans du monde n'auraient pas suffi à la laver. Un cri d'agonie emplit l'espace. Garion épouvanté leva la tête. "C'est la saison de la blessure, dit Belgarath. La saison où jadis l'Orbe a brûlé Torak. Le moment propice aux sacrifices humains."
L'orbe... L'orbe était là, aux mains du voleur. Garion regarda ses compagnon. Il fallait récupérer la pierre où palpitait la vie. Le sort des royaumes du Ponant en dépendait. Mais le lendemain matin, verraient-ils le soleil se lever?

Un extrait

Son pouvoir était associé à une sensation précise, il s’en souvenait maintenant : une lourdeur derrière la tête, une sorte de pression sur le front. Il ferma les yeux et il lui sembla que ça allait un peu mieux. Ça venait. Pas fort, mais ça venait ; c’était comme si une vague montait en lui. Il se rappela quelque chose et glissa une main sous sa tunique pour poser la marque de sa paume sur son amulette. Amplifiée par ce contact, son énergie mentale devint un puissant rugissement qui allait crescendo. Il se releva sans ouvrir les yeux, puis les ouvrit et braqua un regard implacable sur la roche récalcitrante.
- Tu vas bouger ! marmonna-t-il.
Sans lâcher son amulette, il tendit la main gauche, la paume vers le haut.
- Maintenant ! déclara-t-il d’un ton farouche, en levant lentement la main.
La force qui était en lui se mit à monter en puissance, et le rugissement qui lui emplissait la tête devint assourdissant.
Tout doucement, le bord de la roche sortit de l’herbe. Des vers, des larves qui vivaient tranquillement terrés dans le noir prirent la fuite, paniqués par la lumière du soleil. La roche s’éleva de toute sa masse, obéissant à la main inexorablement levée de Garion. Elle hésita une seconde à l’angle de sa partie aplatie et bascula lentement sur le côté.
Il s’était senti vidé après avoir tenté de soulever la roche avec ses muscles, mais ce n’était rien par rapport à la lassitude mortelle qui l’emplit jusqu’au tréfonds des moelles au moment où il relâcha sa volonté. Il replia ses bras sur l’herbe et posa sa tête dessus.
Au bout d’un instant, ce fait commença à lui paraître étrange. Il était toujours debout, et pourtant, ses bras étaient confortablement croisés devant lui, sur l’herbe. Il releva précipitamment la tête et regarda autour de lui avec confusion. Il avait bel et bien déplacé la roche. Cela au moins était évident : la pierre était maintenant posée sur son sommet arrondi, le dessous humide tourné vers le haut. Seulement il s’était passé autre chose. Il ne l’avait pas touchée, mais elle reposait malgré tout sur lui de tout son poids lorsqu’elle s’était élevée au-dessus du sol, et la force qu’il avait dirigée vers elle ne s’y était pas engagée en entier.
Garion se rendit compte avec désespoir qu’il était enfoui jusqu’aux aisselles dans la terre de la prairie.
- Comment je vais me tirer de là, moi ? s’interrogea-il t-il, atterré.

Mon avis

J'ai eu grand plaisir à retrouver la plume de ces deux auteurs. Le style de David Eddings et de sa femme est toujours aussi fluide et plein d'humour, les dialogues sont toujours aussi savoureux. Les pages semblent défiler plus vite que l'on ne les lit. D'ailleurs j'ai eu beaucoup de mal à me retenir et je suis, en fait, déjà arrivée au cinquième tome au moment où je vous écris, repoussant encore et encore le temps d'écrire cette chronique (ainsi que celle du tome 4 !). J'ai beaucoup aimé le passage que je vous ai mis en extrait, mais certaines réparties de Silk m'ont fait me bidonner toute seule, surtout celle où il s'agit de vol et de rebond !

L'histoire est à mon goût toujours aussi prenante, d'autant que nos héros arrivent en territoire ennemi. Ce tome marque bien le milieu du cycle et annonce le changement de cap de l'aventure. L'action est bien entendu au rendez-vous : on s'accoquine de certaines bestioles pas très charmantes, avec des méchants vraiment pas charmants ou encore avec des monarques vraiment pas drôles.

Les personnages sont toujours autant soignés, le lecteur apprend à mieux les connaître et s'y attache, si ce n'est pas déjà fait. Ils ont tous un petit moment de gloire qui permet au lecteur de les apprécier tous. On en découvre d'ailleurs encore de nouveaux. Mes préférés sont toujours Ce´Nedra et Polgara qui ont toujours été un modèle pour moi (pauvre de mon Homme), sans oublier notre très savoureux Silk qui a la part belle avec sa part de dialogue. Garion devient moins pénible maintenant qu'il a plus ou moins accepté d'être ce qu'il est ... Cependant il est loin de se douter de ce qui l'attend...

Bref, un troisième tome toujours aussi bien avec de l'action, des dialogues exquis et des personnages soignés qui se développent au fil des pages. D'ailleurs, je vous laisse, il faut que j'y retourne ^^

dimanche 1 mai 2011

La Belgariade, tome 2 : La reine des sortilèges de David Eddings

Venant de lire le premier tome, je n'ai pas pu m'arrêter en si bon chemin. J'ai donc poursuivi le voyage avec Sire Loup, tante Pol, Garion, Durnik, Barak et bien sûr Silk vers la suite de leurs aventures. Ce 2ème tome est marqué, entre autres, par l'apparition de nouveaux personnages. Sans surprise, je l'ai dévoré... Ce n'est pas comme si c'était, au moins, la 5ème fois que je le lisais ^^ (d'ailleurs, il va falloir que je renouvelle mon tome car il se décompose :S) et je vais vite lire le 3ème tome.


Détails du livre
  • Titre VO : The Belgariad, book 2: Queen of Sorcery (1982)
  • Traduction : Dominique Haas 
  • Poche: 415 pages
  • Editeur : Presses Pocket (1 décembre 1990)
  • Collection : Presses Pocket
  • ISBN-13: 978-2266033749
Quelques mots sur l'auteur (en l’occurrence les auteurs)


David Eddings (7 juillet 1931 - 2 juin 2009) est un écrivain américain dans l'État de Washington. Il a écrit de nombreux romans célèbres de Fantasy, dans le sous-genre de la High fantasy. Sa femme Leigh Eddings décédée en 2007 à 69 ans, est considérée comme la co-auteure non créditée de nombre de ses romans, et est reconnue comme telle dans ses œuvres les plus récentes.
Je n'ai pas trouvé de photo de madame :(


Quatrième de couverture

Horreur! Le dieu pervers, Torak, va s'éveiller! Les temps sont venus, l'univers vacille et Belgarath se hâte : il n'est que temps de retrouver l'Orbe d'Aldur, le joyau du destin, qui peut sauver les hommes de la colère des dieux. De la brumeuse Arendie à la putride Nyissie, patrie des Hommes-Serpents, Belgarath entraîne Garion sur une route semée d'embûches. Garion, le petit paysan qui n'a jamais cru aux sorts, ne sent pas la haine qui le menace, ne comprend pas ces femmes qui se pressent autour de lui : une pour l'instruire, une pour le séduire, une pour le réconcilier avec les pouvoirs dont il ne veut pas...
Est-ce lui, l'Enfant de Lumière, le descendant des rois de Riva, l'enfant marqué par les présages, de toute éternité, pour affronter Torak?

Un extrait

Le lendemain matin, Silk sortit de la tour revêtu d’un magnifique pourpoint marron, un bonnet pareil à un sac de velours noir incliné d’un air insolent sur une oreille. 
— Qu’est-ce que c’est que cet accoutrement ? remarqua tante Pol. 
— Je suis tombé sur un vieil ami en fouillant dans mes balluchons, raconta Silk, d’un petit air dégagé. Un dénommé Radek de Boktor. 
— Serait-il arrivé quelque chose à Ambar de Kotu ? 
— Ambar est un brave garçon, expliqua Silk d’un ton quelque peu dépréciatif, mais un Murgo du nom d’Asharak a déjà entendu parler de lui et a pu prononcer son nom dans certains milieux. A quoi bon chercher les ennuis quand on n’y est pas obligé ? 
— Ce n’est pas une mauvaise idée, approuva sire Loup. Un marchand drasnien de plus ou de moins n’attirera pas l’attention sur la Grand-Route de l’Ouest,quel que soit son nom. 
— Je vous en prie, objecta Silk, en prenant des airs de grand blessé. Le nom joue un rôle capital. C’est sur lui que repose toute l’identité d’emprunt. 
— Je ne vois pas la différence, laissa tomber Barak, avec sa délicatesse coutumière. 
— Ça fait toute la différence du monde. Enfin, tu vois tout de même bien qu’Ambar est un nomade qui n’attache guère de considération à l’éthique, alors que Radek est un homme intègre, dont la parole est respectée dans tous les comptoirs du Ponant. D’autant que Radek ne se déplacerait jamais sans sa suite. 
— Sa suite ? L’un des sourcils de tante Pol fit un bond vers le haut.
— N’y voyez pas autre chose surtout que le légitime souci de parfaire le déguisement, ajouta Silk, avec empressement. Je stipule qu’en ce qui vous concerne, Dame Polgara, il ne me viendrait même pas à l’idée d’essayer de vous faire passer pour une servante. 
— Grand merci.
— Oui, oh ! c’est plutôt que personne ne voudrait jamais y croire. Vous serez ma sœur, venue avec moi pour voir les splendeurs de Tol Honeth. 
— Votre sœur ? 
— A moins que vous ne préfériez être ma mère, suggéra Silk, toujours conciliant. Vous auriez pu entreprendre un pèlerinage à Mar Terrin dans l’espoir d’obtenir le rachat d’un passé tempétueux. 
Tante Pol braqua un moment son regard inflexible sur le petit homme qui lui souriait sans vergogne. 
— Un jour, votre sens de l’humour pourrait vous valoir de gros, gros ennuis, prince Kheldar. 
— Je passe mon temps à avoir de gros, gros ennuis, Dame Polgara. Je ne saurais pas quoi faire si je n’en avais pas. 
— Vous en avez encore pour longtemps, tous les deux ? coupa sire Loup. 
— Encore un petit détail, ajouta Silk. Au cas où nous serions amenés à fournir des explications à quelqu’un, vous, Lelldorin et Garion, vous êtes les serviteurs de Polgara. Hettar, Barak et Durnik, vous êtes les miens.

Mon avis

Ce deuxième tome reprend l'histoire là où nous l'avions laissée. Elle démarre donc en Arendie où la guerre civile menace depuis quelques siècles entre les provinces d'Asturie et de Mimbre. On profite de ce nouveau départ pour découvrir un peu du passé de Polgara.

L'action, même si elle ne m'a pas manquée dans le premier tome, est plus présente. Le groupe doit gérer plusieurs attaques, plusieurs filatures, ou encore plusieurs complots. Le style est toujours aussi fluide, les dialogues savoureux très nombreux accentuant encore cette impression. J'ai vraiment eu l'impression de vivre cette aventure aux côtés de nos héros. On rit, on pleure à leurs côtés sans se rendre compte que les pages défilent. D'ailleurs j'ai été surprise de tourner la dernière page.

L'histoire, même si elle est très manichéenne, nous réserve quelques surprises et on oublie très vite ce côté gentils contre méchants. De même que Garion, nous découvrons les pays qui composent son monde, ainsi que ses habitants et leurs us et coutumes. On en apprend également un peu plus les pouvoirs magiques mis en jeu dans cette fresque.

Les personnages s'approfondissent, les petits nouveaux s'intègrent au groupe avec ou sans heurts, selon. J'aime beaucoup quand Sire Loup en a plein les bottes d'une certaine jeune fille ! Garion est toujours aussi boudeur mais il a trouvé quelqu'un pour lui donner la réplique et lui rabattre son caquet, alors ... Comme pour le premier tome, je trouve que certains des personnages sont plus mis en valeur que d'autres.

Un dernier mot à propos de l'humour dont je n'ai pas encore parlé. Il est une grande composante de cette série. Personnellement, il m'est arrivé de rigoler toute seule, m'attirant de drôles de regards ou des interrogations de mes louloux.

samedi 30 avril 2011

La Belgariade, chant 1 : Le Pion blanc des présages de David Eddings

Il faut vous dire que j'ai été très longue à me mettre dans ce livre, cette série, cet auteur .. Plus mon homme me parlait de David Eddings, moins j'avais envie de le lire ... Têtue pourriez-vous dire ! Et vous auriez complètement raison ! Finalement, en manque de livres, je m'étais lancée dans cette série il y a plus de 10 ans ... Pour mon plus grand bonheur !!! Je me suis enfilée les 5 tomes de la Belgariade, les 5 tomes de la Mallorée et les 4 tomes des pré-quelles ^^ Ma mauvaise foi est alors ressortie pour demander : Mais pourquoi tu ne m'as rien dit plus tôt !!!
Depuis, j'ai déjà relu toutes ces séries au moins 5 fois. Et j'ai prolongé ma culture du couple Eddings en lisant les trilogies des joyaux et celle des périls, puis la tétralogie des rêveurs, que j'avais trouvée beaucoup plus simpliste. J'ai depuis peu commencé le codex de Riva (qui est plus une étude préliminaire sur les mondes de la Belgariade et la Mallorée) et il me restera à lire la rédemption d'Althalus (2 tomes).
Alors, quand j'ai vu que Plumeline organisait la LC sur le premier tome de la Belgariade, j'aurai pu passer mon tour, mais la tentation a, une fois encore, été trop grande !!!


Détails du livre
  •  Titre VO : The Belgariad, book 1: Pawn of Prophecy (1982)
  • Traduction : Dominique Haas
  • Poche: 348 pages
  • Editeur : Pocket (1 janvier 1990)
  • Collection : Science-fiction
  • ISBN-13: 978-2266033756
Quatrième de couverture

Et les Dieux créèrent l'homme, et chaque dieu choisit son peuple. Ah! Que le monde était jeune, que les mystères étaient limpides! Mais Torak, le dieu jaloux, vola l'Orbe d'Aldur, le joyau vivant façonné par l'aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié ; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours, d'un long sommeil hanté par la souffrance.
Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages ne parlent plus qu'aux initiés, mais ils sont formels : Torak va s'éveiller. Et justement l'Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses.
Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort? Dans cette partie d'échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l'Orbe, désigné par les présages, mais qui n'est encore qu'un petit garçon jeté sur les routes par une venteuse nuit d'automne. Un simple pion, et si vulnérable...

Un extrait

Garion se blottit près du feu, dans la chambre qu’il partageait avec tante Pol, dans l’espoir de réchauffer ses pieds gelés. Tante Pol était restée elle aussi près de la cheminée, à repriser l’une des tuniques de Garion, son aiguille étincelante voltigeant au-dessus du tissu.
— Qui était le roi de Riva, tante Pol ? lui demanda-t-il.
Elle s’interrompit, l’aiguille en l’air.
— Pourquoi me demandes-tu ça ? dit-elle.
— Silk m’a parlé des Nyissiens, expliqua-t-il. Il m’a raconté que leur reine avait fait tuer le roi de Riva. Pourquoi a-t-elle fait ça ?
— Tu poses beaucoup de questions, aujourd’hui, on dirait ? remarqua-t-elle, en recommençant à manier l’aiguille.
— On parle de tout un tas de choses, en route, Silk et moi, fit Garion en rapprochant encore un peu ses pieds du feu.
— Fais attention, tu vas mettre le feu à tes chaussures, l’avertit-elle.
— Silk dit que je ne suis pas sendarien, continua Garion. Il dit qu’il n’a pas encore réussi à voir d’où je venais, mais que je n’étais pas sendarien.
— Silk parle beaucoup trop, observa tante Pol.
— Tu ne me dis jamais rien, tante Pol, reprit-il, avec agacement.
— Je te dis tout ce qu’il faut que tu saches, répliqua-t-elle imperturbablement. Tu n’as pas besoin d’en savoir davantage pour l’instant sur les rois de Riva ou les reines de Nyissie.
— Tout ce que tu veux, c’est que je reste ignare, éclata Garion. Je suis presque un homme, et je ne sais même pas ce que je suis — ni qui je suis.
— Je le sais, moi, qui tu es, dit-elle sans lever les yeux.
— Alors, qui suis-je ?
— Tu es un jeune homme qui va mettre le feu à ses chaussures.
Il recula précipitamment les pieds.
— Tu n’as pas répondu à ma question, accusa-t-il.
— Non, fit-elle de la même voix calme et impassible qui l’exaspérait tant.
— Et pourquoi ne veux-tu pas me répondre ?
— Parce que tu n’as pas encore besoin de connaître la réponse pour l’instant. Je te le dirai le moment venu, pas avant.
— Ce n’est pas juste, protesta-t-il.
— Il n’y a pas de justice. Cela dit, puisque tu es un homme, maintenant, pourquoi n’irais-tu pas chercher un peu de bois ? Ça te fournirait un bon sujet d’occupation.
Il lui jeta un regard noir et sortit de la pièce en tapant des pieds.
— Garion, reprit-elle.
— Oui ?
— N’essaie même pas de claquer la porte.

 Mon avis

Ce livre n'est plus une surprise pour moi, mais j'ai retrouvé avec grand plaisir la plume de l'auteur (même si on sait maintenant que sa femme l'a beaucoup aidé, ne serait-ce que pour les personnages féminins). J'ai beaucoup aimé re-fréquenter Sire loup et Tante Pol, ou encore Le bon Durnik ou le malicieux Silk ... Cela me donnerai presque l’impression de retrouver de bons amis autour d'un bon repas !

Les auteurs ont créés un monde complètement neuf, avec une cosmogonie propre et des races propres à l'histoire, chaque peuplade ayant un dieu et une mentalité qui lui sont propres. Dans ce monde original, part une équipée, qui d'abord toute petite, va grossir pour devenir une bon petit groupe afin de sauver le monde !
Toute l'histoire est vue de l’œil de Garion, un brave garçon, élevé comme garçon de ferme, qui a forcément un œil neuf sur beaucoup de choses. 

Dans ce premier tome, on découvre donc Garion petit, puis un peu plus grand. On suit son petit bout de chemin jusqu'à ses 15 ans. À ce moment là commence l'aventure ! Étant orphelin, il se soucie beaucoup de ses origines, sauf que personne ne veut rien lui dire... Il espère bien qu'au fil de l'aventure, quelqu'un finira par lâcher quelque chose. Surtout qu'il semble lui-même lié à celle-ci de plusieurs des façons. Il paraît parfois un peu bébête, ce qui est entre-autre typique des adolescents en crise. Il voudrait qu'on le traite autrement qu'un gamin mais personne ne tient compte de lui, surtout que son monde vient de s'effondrer et qu'il va devoir composer avec des vérités qui ne lui sont pas expliquées, ou très peu.

Comme tous les premiers tomes, l'action a un peu de mal à se mettre en place. Il faut planter les décors, les personnages... Cependant, il ne me semble pas que le lecteur soit en reste. Personnellement, je ne me suis pas ennuyée.

Les personnages sont vraiment très bien décrits. Chacun est représentatif de son pays, tout en ayant chacun des traits et des caractères propres. Ce sont les fleurons de leurs pays : princes, cousin de rois etc, ce qui précipite notre pauvre Garion au milieu des têtes couronnées, d'autant que ceux-ci ont un drôle de comportement devant sa tante Pol et son vieil ami sire Loup. J'aime, en particulier tante Pol et Silk., peut-être  parce qu'ils sont plus favorisés par l'auteur, au moins pour les répliques cinglantes.
Pour moi, la plume de l'auteur est un enchantement. Beaucoup au second degré, il joue avec l'ironie comme Silk jouerait avec ses dés. Alors, certes oui, il s'agit encore d'une quête, oui il s'agit encore de sauver le monde, oui les prophéties vont jouer encore un rôle pour ce-faire, mais non ! Cette histoire est bien différente des autres, de part son monde, ses personnages attachants et son vouloir et son verbe ! D'ailleurs, elle se lit toute seule et trop vite : du coup j'ai du, à mon corps défendant,  entamer la suite !

Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune : vous pouvez lire les avis de mes co-lecteurs en cliquant sur leurs noms.
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